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Pas d’entente en vue après un mois de grève à la fonderie de Belledune

Trois hommes portant des pancartes et un drapeau syndical devant l'usine.
Le nombre maximal de travailleurs au piquet de grève devant les entrées de l'usine est limité à six en vertu d'une injonction de la cour. Photo: CBC/Terry Roberts
Radio-Canada

Le syndicat des travailleurs et les propriétaires de la fonderie de Belledune, au Nouveau-Brunswick, disent tous deux attendre que l'autre partie s'avance pour négocier, un mois après le déclenchement de la grève.

Les employés de la fonderie de l’entreprise Glencore Canada ont été envoyés chez eux le 24 avril, quelques heures avant le déclenchement prévu de leur grève. Parce qu’ils étaient payés quand même ce jour-là, les deux parties s'entendent sur le fait qu’il s’agit d’une grève et non d’un lock-out.

L’employeur n’a donné aucun signe au syndicat, selon le président de la section locale des Métallos, Bart Dempsey. Le syndicat est disposé à négocier si l’employeur renonce à ses demandes de concessions que les travailleurs jugent inutiles, ajoute-t-il.

Les principaux points en litige, selon M. Dempsey, sont la volonté de l’employeur de réduire la représentation syndicale des employés, leur représentation en matière de santé et sécurité au travail, et d’abolir le régime de retraite anticipée.

L’employeur veut fermer le bureau de la santé et sécurité au travail et le bureau du président syndical pour forcer ce dernier à effectuer ses tâches syndicales en dehors des heures de travail, dit-il.

Portrait de Bart Dempsey.Les travailleurs tiennent à ce que leur président et leur représentant syndical en matière de santé et sécurité effectuent leurs tâches syndicales à temps plein, explique Bart Dempsey, président de la section locale du Syndicat des métallos. Photo : CBC/Tori Weldon

Bart Dempsey estime qu’il travaille à titre de président syndical 60 heures par semaine et qu’il ne voit pas comment il pourrait réaliser cela en plus d’un quart de travail régulier dans l’usine.

Les syndiqués estiment que le coprésident du comité de santé et sécurité au travail doit aussi être disponible à temps plein, ajoute-t-il.

Pour illustrer l’importance de la prudence au travail, Bart Dempsey souligne qu’un superviseur a subi un accident dans l’usine le 17 mars. L’employé a été happé par un convoyeur, s'est cassé deux côtes et a de possibles blessures aux muscles et aux ligaments d’un bras, selon Travail sécuritaire NB. L’accident fait toujours l’objet d’une enquête.

L’usine n’est pas rentable, selon l’employeur

La multinationale Glencore dit être prête à entreprendre des négociations. L’entreprise a présenté sa dernière offre au syndicat, qui n’est jamais revenu et qui refuse d’accorder toute concession, explique le responsable des communications de l’entreprise, Alexis Segal.

D’autres usines au Nouveau-Brunswick d’une taille comparable à celle de la fonderie de Belledune n’ont pas de représentant à temps plein en matière de santé et sécurité au travail, selon M. Segal. Il croit que ces tâches peuvent être accomplies à temps partiel.

La sécurité au travail est prioritaire, reconnaît Alexis Segal, mais il ajoute que la fonderie n’est pas rentable et qu’il faut améliorer son fonctionnement.

Il est difficile de rentabiliser l’usine dans le contexte actuel de ralentissement mondial de l’industrie du plomb.

Quant à l’accident survenu en mars dans l’usine, M. Segal affirme que les travailleurs ont été informés des risques et des leçons apprises à cette occasion. La sécurité est primordiale dans les politiques de l’entreprise, assure-t-il.

Belledune s'attend à des conséquences économiques

Un travailleur au piquet de grève, John Roy, affirme que la sécurité au travail est sa principale préoccupation. La sécurité en vaut la peine. Personne ne veut perdre la vie, dit-il.

John Roy brandit un drapeau syndical devant l'usine.John Roy travaille dans la fonderie de Belledune depuis 9 ans. Les grèves sont difficiles, mais les travailleurs en sortent plus forts, dit-il. Photo : CBC/Tori Weldon

Les temps sont durs pour les travailleurs en grève, explique John Roy. Il dit avoir déjà fait la grève auparavant chez d’autres employeurs et qu’à chaque occasion les travailleurs en ressortaient plus forts.

La communauté ne ressent pas encore les effets de la grève, mais cela ne devrait pas tarder, estime le maire de Belledune, Joe Noel.

Les familles des grévistes ont moins d’argent à dépenser que d’habitude, ce qui aura des conséquences sur les commerces de la région, dit-il.

Un médiateur tente de rapprocher les parties

Le ministre de l’Éducation postsecondaire, de la Formation et du Travail, Trevor Holder, a parlé de la grève à l’Assemblée législative, le 17 mai.

Le gouvernement comprend que le syndicat et l’employeur ont pris une pause et qu’ils devraient entreprendre des négociations au cours des prochains jours, a expliqué le ministre Holder. Il a dit croire que les deux parties peuvent toujours s’entendre.

Un médiateur a parlé aux deux parties, selon le gouvernement.

Aucune négociation n’a eu lieu depuis le déclenchement de la grève.

Avec les renseignements de Tori Weldon, de CBC

Nouveau-Brunswick

Relations de travail