•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Une lettre ouverte d'ex-ministres de la Santé contre Doug Ford

Une seringue piquée dans une fiole contenant un vaccin.

Les coupes du gouvernement Ford en santé publique inquiètent 10 anciens ministres de la Santé.

Photo : Shutterstock

Radio-Canada

Dix anciens ministres de la Santé, y compris un conservateur, implorent le gouvernement Ford dans une lettre ouverte d'annuler ses coupes en santé publique, affirmant qu'elles présentent un « risque » pour la population ontarienne.

Parmi les signataires : l'ancien ministre conservateur Dennis Timbrell, trois ex-ministres néo-démocrates et les anciens ministres libéraux Eric Hoskins et Deb Matthews.

Leurs voix s'ajoutent entre autres à celles du maire de Toronto, John Tory, et de l'hygiéniste en chef de la ville, la Dre Eileen de Villa, qui ont décrié les compressions provinciales, affirmant que Toronto perdrait près de 1 milliard de dollars en financement sur 10 ans.

Le nombre de bureaux de santé publique dans la province doit par ailleurs passer de 35 à 10.

En santé publique, une grande partie du travail est de la prévention, peut-on lire dans la lettre ouverte. Les services de santé publique préviennent des éclosions de maladie, gardent notre eau potable propre, vaccinent nos enfants, fournissent des déjeuners aux élèves dans le besoin.

Helena Jaczek, au microphone

Helena Jaczek, ancienne ministre libérale, dénonce les compressions annoncées par Doug Ford.

Photo : Radio-Canada

La lettre ouverte cite l'exemple de la crise du SRAS, qui a fait 44 morts à Toronto en 2003.

Chaque fois qu'il y a eu des compressions en santé publique dans le passé, des tragédies se sont produites, a expliqué en point de presse jeudi l’ancienne ministre libérale Helena Jaczek. [Les bureaux de santé publique sont] des éléments absolument essentiels du système de santé dans l'ensemble de la province pour les Ontariens.

Ce qui se passe actuellement risque d'engendrer une confusion et un chaos incroyable au sein du système [de santé].

Helena Jaczek, ancienne ministre libérale

Habituellement, les ministres de la Santé évitent de commenter les politiques de leurs successeurs. [...] Toutefois, cette attaque contre la santé publique nous incite à rompre notre silence, peut-on lire dans la lettre.

Vision à court terme?

Le gouvernement Ford a fait valoir que les bureaux de santé publique continueraient à être bien financés, remettant en question les chiffres cités par Toronto, tout en affirmant que des économies devaient être trouvées pour éliminer le déficit provincial de plus de 11 milliards de dollars.

La lettre ouverte répond ceci : [Ces coupes] n'ont pas de sens du point de vue économique. La santé publique aide les Ontariens à rester en santé pour ne pas qu'ils aient besoin d'aller chez le médecin ou à l'hôpital, ce qui sauve du temps et de l'argent.

Si le gouvernement veut mettre fin à la médecine de corridor, comme vous l'avez promis, l'une des meilleures façons d'y arriver est d'investir plus, pas moins, dans la santé publique, peut-on lire dans la lettre ouverte.

Le public a parlé, les experts ont parlé, il est temps d'annuler ces coupes, affirme le président du comité de la santé publique de Toronto, le conseiller municipal Joe Cressy.

De son côté, la ministre de la Santé, Christine Elliott, soutient qu'il n'y a pas lieu pour le public de s'inquiéter. Elle affirme que son gouvernement cherche simplement à mieux coordonner les services offerts par les bureaux de santé publique.

Politique provinciale

Politique