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Un résident du Cap-Breton a agressé sexuellement des enfants pendant 15 ans

Delmore Boudreau se masque le visage d'une main en marchant dans le palais de justice
Delmore Boudreau, 91 ans, de Petit-de-Grat, a reconnu sa culpabilité en cour à des accusations de crimes sexuels commis sur des enfants de 1966 à 1981. Photo: CBC/Gary Mansfield
Radio-Canada

Le Néo-Écossais Delmore Boudreau reconnaît qu'il a agressé sexuellement neuf enfants de 1966 à 1981 dans la région de Petit-de-Grat.

L’homme de 91 ans a reconnu sa culpabilité à 10 accusations lors de sa comparution à la Cour suprême de la Nouvelle-Écosse, à Port Hawkesbury, mercredi après-midi. Il s’agissait d’accusations d’agression sexuelle, de grossière indécence et de nombreux attentats à la pudeur. Ces deux dernières accusations ne figurent plus dans le Code criminel.

La cour lui impose une condamnation avec sursis de trois ans de probation. Son nom va être inscrit sur le registre national des délinquants sexuels. Il doit soumettre aux autorités un échantillon d’ADN. La cour lui interdit aussi de s’approcher de tout endroit fréquenté par des enfants.

Dans une déclaration lue en cour par sa bru, Delmore Boudreau a présenté des excuses pour ses crimes et les torts qu’il a causés. Deux de ses victimes ont aussi lu des déclarations dans lesquelles elles l’accusent d’avoir ruiné leur enfance.

Delmore Boudreau a reconnu sa culpabilité quelques jours avant la date prévue pour l’ouverture de son procès.

Ses victimes, huit filles et un garçon au moment des faits, sont toutes des adultes aujourd’hui.

Agressées dès l’âge de 4 ans

Dans un exposé des faits, les victimes affirment que les agressions ont commencé lorsqu’elles étaient très jeunes, soit de 4 à 6 ans.

Dans la plupart des cas, selon les victimes, Delmore Boudreau les attirait dans le sous-sol de sa demeure où il les dénudait partiellement ou complètement avant de les agresser sexuellement. La majorité des victimes a subi ce traitement pendant au moins deux ans.

Plusieurs victimes disent qu’il leur donnait des friandises après ces gestes en leur disant que ce qui venait de se passer était un secret et qu’elles auraient des ennuis si elles en parlaient à qui que ce soit.

Le village entoure une petite baie.Agrandir l’imageDelmore Boudreau a commis ses crimes dans la région de Petit-de-Grat, au Cap-Breton. Photo : Radio-Canada / Jonathan Villeneuve

Les victimes ont dit aux policiers qu’elles n’avaient pas dénoncé leur agresseur quand elles étaient jeunes parce qu’elles se disaient que personne ne les croirait.

L’une des victimes a expliqué aux policiers qu’elle avait appris durant sa vingtaine que Delmore Boudreau agressait d’autres fillettes et qu’elle l’avait dit à son père et que ce dernier ne l’avait pas cru. Il ne l’a cru que lorsqu’un proche a appuyé ses dires.

À ce moment, a-t-elle ajouté, toute la communauté s’en prenait à elle pour avoir presque ruiné un mariage.

Delmore Boudreau a subi des menaces

Le père de la victime a menacé Delmore Boudreau de lui tirer dessus à moins qu’il demande de l’aide psychologique, selon l’exposé conjoint des faits.

Une autre femme a dit aux policiers que lorsque ses parents ont appris qu’elle était une victime de Delmore Boudreau, son père voulait se rendre chez lui avec une arme à feu.

La mère d’une des victimes dit dans l’exposé conjoint des faits qu’elle avait elle-même affronté Delmore Boudreau parce que son mari aurait perdu son sang-froid à sa place.

Il était « inconcevable » de porter plainte

La mère de la victime a affronté Delmore Boudreau, mais elle n’avait pas porté plainte aux policiers.

À l’époque, selon elle, il était inconcevable de porter plainte pour ce genre d’affaires parce que personne ne l’aurait prise au sérieux. Elle se disait aussi que les hommes s’en sortaient toujours. De plus, elle ne voulait pas impliquer ses enfants.

Ce n’est qu’à l’automne de 2017 que des victimes ont commencé à porter plainte à la police chacune à leur tour. Différents policiers à différents endroits ont pris leurs dépositions. Les descriptions des faits comprenaient des similarités.

Avec les renseignements de Blair Rhodes, de CBC

Nouvelle-Écosse

Crime sexuel