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Stratégie navale : où s’en va le gouvernement Trudeau?

Une grue près de la carcasse d'un bateau

Une partie des installations du chantier naval Davie, à Lévis, au Québec

Photo : Radio-Canada / Jacques Boissinot

Marc Godbout

Le gouvernement Trudeau souhaite recadrer la Stratégie nationale de construction navale, la plus grande entente d'approvisionnement de l'histoire canadienne. Comme un gros navire, elle est difficile à manoeuvrer, et il existe tellement d'inconnues que d'importants doutes subsistent sur la portée de l'annonce de mercredi.

Le chantier Davie réclame sa juste part des investissements fédéraux dans le domaine naval depuis déjà un bon moment. Il n’est pourtant pas seul. Difficile de battre la Garde côtière canadienne (GCC), qui demande de l’équipement neuf depuis des décennies.

À Ottawa, elle est considérée comme un parent pauvre. Pourquoi? La GCC passe presque toujours en deuxième après la Défense nationale. Et quand elle réussit à convaincre un gouvernement d’investir dans des navires neufs, des élections sont déclenchées quelques mois plus tard et tout est à recommencer.

Les libéraux avaient promis de rééquiper la Garde côtière, voilà que Justin Trudeau annonce ses intentions en fin de mandat : il souhaite faire construire jusqu'à 18 grands navires, au coût de 15,7 milliards de dollars.

Pourtant, le gouvernement a en main une ébauche du « Plan de renouvellement de la flotte » de la GCC depuis août 2016. Alors, pourquoi avoir attendu jusqu’à cette semaine?

Le gouvernement promet que le meilleur reste à venir. Vancouver, Halifax et maintenant Québec, trois chantiers, trois régions où des sièges libéraux sont en jeu.

Un plan inconnu

Le premier ministre Justin Trudeau s'adresse aux médias lors d'une conférence de presse.

Le premier ministre Justin Trudeau en compagnie du commissaire de la Garde côtière canadienne, Jeffery Hutchinson, lors de l'annonce des intentions du gouvernement au sujet du renouvellement de la flotte.

Photo : La Presse canadienne / DARRYL DYCK

La Stratégie nationale de construction navale existe depuis neuf ans. Lancée par le gouvernement de Stephen Harper, elle a même eu le temps d’être rebaptisée.

Neuf ans plus tard, combien des nouveaux navires construits à Halifax et à Vancouver sont-ils opérationnels? Aucun. La stratégie accuse des années de retard et les navires tardent à être livrés.

À Halifax, le premier des bâtiments de patrouille extracôtier devait être prêt en 2013. Il devrait finalement être remis à la Marine cet été. Suivront les 15 navires de combat. Les coûts estimatifs d’acquisition des frégates sont passés de 26,2 à plus de 60 milliards de dollars.

Un employé travaille sur une section d'un futur navire.

Un employé du chantier naval Irving à Halifax travaille sur une section d'un navire de patrouille extracôtier et de l'Arctique devant être livré à la Marine royale canadienne.

Photo : La Presse canadienne / Andrew Vaughan

Et à Vancouver? Un mystère entoure depuis des années la construction du futur brise-glace devant desservir l’Arctique. Il doit remplacer le Louis S. St-Laurent maintenant demi-centenaire. Le gouvernement est incapable de dire quand sa construction débutera et quand il sera livré.

Les conservateurs avaient pourtant promis ce brise-glace à la Garde côtière en 2008. Il devait entrer en service en 2017.

Voilà que Justin Trudeau annonce « le renouvellement de la flotte » de la Garde côtière, mais sans préciser les échéanciers, sans dévoiler l’ensemble de son plan. La Davie pourrait maintenant faire partie de l’équation advenant l’ajout d’autres navires. Mais pour construire quoi? Et quand?

Mercredi, le message au sein des différents ministères concernés était confus, à l’image de la stratégie, comme un épais brouillard que les deux derniers gouvernements semblent avoir été incapables de dissiper.

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