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Un monument dévoilé à Ottawa en l'absence des familles des soldats décédés

Josée Belisle, mère du caporal Yannick Scherrer tombé au champ d'honneur à l'aérodrome de Kandahar, le mardi 24 mai 2011.
Le chef d'état-major de la défense du Canada, Jonathan Vance, a promis mercredi de remédier à la situation. Photo: La Presse canadienne / Murray Brewster
La Presse canadienne

Le plus haut responsable militaire reconnaît la colère ressentie par de nombreux Canadiens à l'égard du dévoilement du monument commémoratif de Kandahar à Ottawa, la semaine dernière, dans un voile de secret, en l'absence des familles des soldats décédés et avec un accès public limité.

Dans une entrevue depuis Bruxelles, le général et chef d'état-major de la défense du Canada, Jonathan Vance, a promis mercredi de remédier à la situation.

Le général a dit que l'objectif était que toute personne qui souhaite visiter ce monument puisse le faire.

Le monument, orné de plaques noires luisantes représentant chacune des victimes civiles et militaires du Canada, a été conservé pendant des années à l'aérodrome de Kandahar, dans le sud de l'Afghanistan. Il a été déplacé au Canada après la fin de la mission de combat en 2011.

Hormis pour une tournée du pays, il traînait dans un entrepôt jusqu'à récemment.

La semaine dernière, l'ouverture de la salle commémorative a eu lieu sans préavis ni invitation au public, aux parents des personnes mortes représentées sur les plaques et aux anciens combattants blessés. Quelques jours plus tard seulement, juste avant la fin de semaine de la fête de la Reine, le ministère de la Défense nationale a rendu publique l'ouverture.

Le ministère indiquait notamment que la haute direction avait pris la décision d'organiser un modeste événement afin d'assurer le respect approprié.

Faire oublier le conflit en Afghanistan?

Jimmy Collins, un ancien sergent des Forces canadiennes qui a perdu plusieurs membres de son peloton dans l'explosion d'une bombe placée au bord de la route dans la province de Kandahar en 2009, a qualifié cette approche de ridicule et d'embarrassante.

Cela me contrarie, car il semble que le gouvernement fédéral tente lentement de faire oublier à tout le monde le conflit en Afghanistan, les personnes qui y ont servi et leurs familles.

Jimmy Collins, un ancien sergent des Forces canadiennes

Sandra Lang, dont la fille Michelle Lang a une inscription sur le monument en tant que seule journaliste canadienne tuée en Afghanistan, a affirmé qu'une « grande déception » arrivait à peine à décrire ce que son mari et elle ressentent.

« Nous ne pouvons pas comprendre comment la bureaucratie a élaboré ce plan peu judicieux, a dit Mme Lang. Comme d'habitude, les victimes civiles sont ignorées. Nous n'avons reçu aucune correspondance ni notification du monument. »

M. Vance, présent lors de l'inauguration, a nié toute tentative de dissimulation de l'effort de guerre. L'objectif, a-t-il déclaré, était de rendre le lieu fonctionnel le plus rapidement possible.

À Vancouver, le premier ministre Justin Trudeau a dit qu'il souhaitait comprendre le processus décisionnel du ministère.

« [Nous voulons] nous assurer que ce soit un monument à la disposition de tous ceux qui veulent commémorer et célébrer ces anciens combattants qui ont défendu le Canada », a-t-il affirmé.

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