•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Un chien au chevet des patients en fin de vie chez Soli-Can

Un chien avec les yeux fermés qui se repose.

Rose avait d'abord appartenu à une patiente de la maison qui combattait le cancer du sein. Son nom fait d'ailleurs référence à la couleur de la lutte contre ce type de cancer.

Photo : Radio-Canada

Catherine Dib

Les patients de la maison de soins palliatifs Soli-Can à Alma reçoivent la visite de Rose deux fois par semaine. Ce chien offre un peu de douceur aux malades en fin de vie ainsi qu'à leurs proches.

Rose n’est pas un chien comme les autres.

Avec son tempérament calme, elle a su créer des liens avec les résidents ainsi que le personnel.

Elle m'amène l'espoir de vivre un peu plus longtemps. Ce chien-là, c'est quasiment de l'or, raconte Yvon Tremblay, un aîné en phase terminale.

Le patient, qui loge dans la chambre depuis un mois, a même pris l'habitude de manger son petit déjeuner en compagnie de Rose.

Un homme âgé offrant un biscuit à un chien croisé golden retriever-labrador.

Yvon Tremblay, un patient depuis un mois, a tissé des liens avec Rose.

Photo : Radio-Canada

La première mission de Rose

La chienne avait mis les pattes dans la maison une première fois en 2012, alors qu'elle accompagnait sa maîtresse, Nathalie Tremblay, qui était en fin de vie.

Son conjoint, Marc Bilodeau, lui avait offert l'animal à la suite d'une opération en lien avec la maladie. Ça l'a permis à Nathalie d'avoir du soutien, explique-t-il.

Un homme offrant un biscuit à un chien.

Marc Bilodeau avait d'abord offert Rose à sa conjointe qui combattait le cancer du sein.

Photo : Radio-Canada

Marc Bilodeau a amené la bête à la maison de soins palliatifs tous les jours pendant 4 mois, jusqu'à ce que le cancer du sein emporte sa femme.

Le matin du décès, j'ai ramené Rose. Elle est montée sur son lit comme d'habitude, elle est allée auprès d'elle, elle a senti son visage, elle a vu qu'il n'y avait plus rien, elle s'est couchée à ses pieds sur le lit et elle est restée là, se souvient le veuf.

La maison de soins palliatifs Soli-Can durant le printemps avec une femme se dirigeant vers le stationnement.

Les patients de la maison de soins palliatifs Soli-Can bénéficient de la présence d'un chien deux fois par semaines.

Photo : Radio-Canada

Depuis deux mois, Marc Bilodeau dépose l'animal à la maison de soins avant d'aller au travail le matin et revient la chercher le soir.

C'est une façon pour lui de redonner à cet endroit où sa conjointe a vécu ses derniers moments, dans la chambre numéro 3.

Cinq ans plus tard, Rose devient toujours fébrile dès qu'elle met les pattes dans cette chambre.

Je sais que c'est pour une bonne cause. Des fois quand des personnes sont malades, pour l'avoir vécu, bien souvent, ce ne sont pas de grosses affaires dont ils ont besoin. C'est un petit moment de tendresse, une petite caresse pour le chien.

Marc Bilodeau, maître de Rose

Une membre de l'équipe

Le chien se promène d'un bout à l'autre de la maison et prend soin de visiter chaque patient.

Une femme accroupie près d'un chien dans une maison de soins palliatifs.

La directrice générale de Soli-Can Lac-Saint-Jean-Est estime que la présence de Rose est une source d'apaisement pour les patients et elle souhaite poursuivre l'expérience.

Photo : Radio-Canada

Les visites de Rose sont devenues un événement parmi les patients qui attendent leur amie à quatre pattes semaine après semaine.

Maintenant, Rose est une membre de notre équipe à part entière. Tout le monde l'adore, c'est le rayon de soleil dans la vie des patients, affirme la directrice Marie-Lyne Fortin.

Rose perpétue la mission pour laquelle elle avait été offerte à sa maîtresse à la base.

Marie-Lyne Fortin, directrice de Soli-Can

Des bienfaits de tout poil

Selon la direction, la présence de Rose agit comme un médicament contre l'anxiété auprès des personnes en fin de vie et crée des conditions chaleureuses pour les proches des patients.

C'est sûr que ces effets sont recherchés dans des milieux où la lourdeur que l'on vit au quotidien a besoin d'être allégée, précise la psychologue Emmanuelle Fournier Chouinard.

Une femme dans son bureau en compagnie d'un chat assise près d'un aquarium.

La psychologue Emmanuelle Fournier Chouinard affirme que la présence de l'animal peut alléger le quotidien d'une personne vivant des épreuves.

Photo : Radio-Canada

L'intervenante et enseignante en zoothérapie du Centre Humanimal explique que la présence d'un animal a un effet régulateur sur les humains.

Si, parfois, je suis prise  avec des pensées de type rumination où l'inquiétude prend le dessus, cet animal ne me laissera pas partir trop loin [...] ce qui permet de désengager le petit hamster qui roule à toute vitesse dans notre tête, illustre la psychologue.

Un chien croisé golden retriever-labrador de près.

Les patients en fin de vie soufflent des confidences aux oreilles de Rose.

Photo : Radio-Canada

L'animal peut aussi inviter des confidences de la part des patients qui sont souvent dans un état d'esprit plus introspectif.

Pour les personnes qui sont en fin de parcours, il y a une énergie incroyable qui est déployée pour faire un bilan. [...] L'animal peut être le soutien à cette parole, par sa présence, par son acceptation, par son écoute, spécifie Emmanuelle Fournier Chouinard.

Saguenay–Lac-St-Jean

Soins et traitements