•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

L'accès à la nourriture végane est-il un droit de la personne? Un pompier végétalien croit que oui

Une homme portant des vêtements de protection et tenant une tronçonneuse.

Adam Knauff, un pompier ontarien, soutient que ses droits fondamentaux ont été violés lorsqu’on ne lui a pas fourni suffisamment de nourriture végétalienne alors qu’il combattait un énorme incendie en Colombie-Britannique.

Photo : La Presse canadienne / Fournie par Adam Knauff

Radio-Canada

Adam Knauff, un pompier ontarien, estime que ses droits ont été bafoués lorsqu'on ne lui a pas fourni suffisamment de nourriture végétalienne pendant un déploiement en Colombie-Britannique en 2017.

M. Knauff a déposé une plainte au Tribunal des droits de la personne contre son employeur, le ministère ontarien des Richesses naturelles et des Forêts (MRNF), en réaction à la façon dont il aurait été traité pendant qu’il combattait un feu de forêt près de Williams Lake.

Le MRNF a fait preuve de discrimination à mon égard et n’a pas tenu compte de mes croyances éthiques sincères lorsqu’il ne m’a pas fourni de nourriture qui correspondait à mon engagement personnel envers le végétalisme éthique.

Adam Knauff, pompier végétalien

Le ministère nie ces allégations de discrimination et de violation des droits de la personne.

Une quantité insuffisante de nourriture

M. Knauff est arrivé dans le nord de la Colombie-Britannique le 15 juillet 2017 et était l’un des quelque 1000 pompiers qui luttaient contre un incendie de forêt massif — travaillant de 14 à 16 heures par jour.

De la fumée épaisse se dégageant d'une forêt de conifères.

Un incendie de forêt près de Williams Lake vu à partir d'un hélicoptère Chinook des Forces canadiennes

Photo : La Presse canadienne / Daniel Dyck

Certains jours, pendant mon déplacement à Williams Lake, je n’ai pas reçu de nourriture végétalienne ou non contaminée par des produits d’origine animale, ce qui m’a forcé à avoir faim, a-t-il écrit dans sa plainte.

Après avoir travaillé 16 heures par jour pendant 4 jours avec une alimentation inadéquate, j’ai commencé à me sentir physiquement malade et mentalement léthargique, raconte M. Knauff. Jusque-là, j’essayais de surmonter ma faim et mon épuisement, en me nourrissant de noix et de fruits.

La goutte qui a fait déborder le vase

Le 23 juillet, Adam Knauff attendait avec impatience un grand dîner barbecue où l’on servirait des hamburgers végétaliens.

Mais, écrit-il, le chef a manipulé des galettes de bœuf avant de toucher les galettes végétaliennes avec les mêmes gants.

Le pompier raconte qu’il a invectivé son superviseur, qui l'a invectivé en retour. Il lui a donné un avertissement.

Personne ne semblait prendre mes croyances éthiques au sérieux.

Adam Knauff, pompier végétalien

Le 24 juillet, on lui a servi des sautés sans protéines. On lui aurait promis des haricots le lendemain.

Le jour suivant, la moitié de son déjeuner était constitué de nourriture non végétalienne, selon lui.

Adam Knauff a alors versé le contenu de son repas par terre devant le personnel de la cuisine en répétant ce n’est pas végétalien.

C’est à ce moment que son superviseur l’a renvoyé chez lui et qu'il a été suspendu trois jours sans salaire en raison d’un comportement inapproprié, insubordonné, non professionnel et agressif.

Le ministère affirme également que Knauff a jeté de la nourriture non végétalienne sur le personnel, ce que nie M. Knauff.

Le camp de base a été difficile pour toutes les personnes concernées, tout comme les efforts déployés pour nourrir 1000 pompiers alors que les villes les plus proches avec des magasins ouverts étaient à quelques heures de route, affirme le ministère.

Un pompier forestier arrose un incendie.

Un pompier forestier arrose un incendie.

Photo : MRNF

Est-ce que le végétalisme est une croyance?

La définition de croyance a été élargie par le Tribunal des droits de la personne de l'Ontario en 2015 pour inclure les croyances non confessionnelles.

M. Knauff avance que son végétalisme s’inscrit dans cette nouvelle définition.

Je suis un végétalien éthique en ce sens que non seulement je suis un régime végétalien, mais j’étends la philosophie de non-consommation de produits d’origine animale à tous les autres aspects de ma vie.

Adam Knauff, pompier

Le MRNF croit que le mode de vie végétalien d’Adam Knauff est un choix sincère, mais qu’il ne répond pas à la définition juridique de croyance.

Le ministère soutient en outre qu’il appuyait l’employé et accommodait ses restrictions alimentaires comme s’il s’agissait d’une composante de ses besoins de santé ou d’un élément d’une croyance reconnue.

Camille Labchuk, la directrice générale du groupe de défense Animal Justice, dit espérer que l'organisme pourra intervenir dans cette affaire parce que le végétalisme au travail ne se limite pas au cas de M. Knauff, selon elle.

Le végétalisme éthique n’a jamais été considéré comme une forme de croyance, affirme Mme Labchuk. C’est une affaire type, poursuit-elle, il est important d’avoir une déclaration claire du tribunal.

Avec les informations de La Presse canadienne

Alimentation

Justice et faits divers