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Des produits comestibles au cannabis facilement accessibles

Des bonbons de cannabis.
Des bonbons de cannabis. Photo: Gracieuseté d'un consommateur
Catherine Bouchard

Il est très facile de se procurer des produits comestibles au cannabis à des fins récréatives, tels que des jujubes et des biscuits, selon ce qu'a pu constater Radio-Canada. La légalisation de ces produits est pourtant prévue seulement le 17 octobre prochain.

Nous avons fait le test avec deux sites Internet populaires auprès des consommateurs québécois de produits comestibles au cannabis. Un des deux sites exigeait une pièce d'identité pour s'assurer que le consommateur était majeur ainsi qu'une carte de crédit.

L'autre site demandait seulement une adresse et un virement Interac. Les deux commerces en ligne se présentent comme des vendeurs de cannabis à des fins thérapeutiques, pourtant, aucun des deux ne nécessitait de prescription.

La facilité d'accès de ces jujubes, biscuits et barres de chocolat inquiète notamment l'hôpital de Montréal pour enfants, qui a fait une sortie pour souligner l'augmentation du nombre de cas d'intoxication chez les enfants de moins de sept ans.

Je n'ai pas eu besoin de prescription. Ils assument que t'as déjà une prescription. Tu rentres toutes tes informations. Tu les reçois par la poste en cinq à sept jours de la Colombie-Britannique. C'est vraiment très facile, souligne un consommateur occasionnel de jujubes au cannabis à des fins récréatives qui a désiré garder l'anonymat.

Des biscuits posés sur une table en bois, entourés de cannabis séché et de feuilles de cannabis.Les biscuits au cannabis font partie des produits dont le gouvernement fédéral a promis d'encadrer la vente d'ici octobre 2019. Photo : iStock

Selon l'avocat-criminaliste Walid Hijazi, mieux vaut s'abstenir d'en acheter.

La loi n'est pas très claire, mais si j'avais à conseiller quelqu'un, je lui dirais d'attendre, que ce n'est pas possible. Au Québec, il y a des dispositions qui interdisent la possession de cannabis illégale, souligne-t-il.

Le chercheur et professeur en biochimie de l'Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR), Hugo Germain, s'inquiète de la légalisation à des fins récréatives.

Il souligne que le corps absorbe le cannabis différemment selon si on le fume ou le consomme. Par inhalation, l'effet est très rapide, alors que les produits dérivés peuvent prendre plusieurs heures à faire effet.

Ce qui est très inquiétant, c'est que souvent les gens vont en consommer et ils vont se dire : "ça fait rien". Ils vont en consommer une deuxième dose et une troisième dose, parce que ce sont des produits qui sont bons. Des brownies, c'est sucré, tout le monde aime ça. Il va y avoir une accumulation de doses. Le produit n'est pas nécessairement plus fort, mais parce qu'ils vont en avoir consommé plus, l'effet va être très fort, soutient le chercheur.

Selon lui, des campagnes de sensibilisation doivent être faites, particulièrement auprès des jeunes qui sont déjà conscients des dangers associés au fait de fumer.

[Les produits de cannabis comestibles] peuvent être très attrayants pour les jeunes, parce qu'il n'y a pas cet aspect méchant pour la santé de la cigarette, par exemple, conclut-il.

Mauricie et Centre du Québec

Drogues et stupéfiants