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Une phrase lancée aux jurés en pleine rue perturbe un procès pour trafic de drogues

Des policiers escortent Jonathan Rochette, menottes aux poignets, vers l’endroit où lui et ses présumés complices auraient dissimulé de la drogue
Le procès concerne notamment Jonathan Rochette, soupçonné d'être à la tête d'un réseau de trafic de drogue. Photo: Radio-Canada / Yannick Bergeron
Yannick Bergeron

Une simple phrase lancée par un cocher, dans le Vieux-Québec, aurait bien pu faire avorter un procès.

Le jury va commencer à délibérer mercredi au procès de trois présumés trafiquants de drogue, accusés d'avoir écoulé des centaines de milliers de comprimés de méthamphétamine.

Les jurés, qui vont commencer à délibérer jeudi, entendent la preuve depuis 11 mars concernant la présumée tête du réseau, Jonathan Rochette, sa mère Peggy Gagnon et d'un coaccusé, Antoine Lévesque.

Un « malaise »

Toutefois, le mardi 19 mars, le juge Louis Dionne a avisé les avocats d'une situation problématique.

Les constables spéciaux l'ont informé d'un incident survenu la semaine précédente, à la sortie d'un restaurant du Vieux-Québec.

La constable Louise Fortin a entendu des jurés en discuter dans l'antichambre, la pièce où les citoyens-jurés sont réunis en attendant d'entrer dans la salle d'audience.

Un cocher aurait lancé en direction des jurés qui attendaient sur le trottoir : « J'espère que vous allez prendre la bonne décision ».

La constable a affirmé qu'elle a constaté un malaise dans le petit groupe qui discutait de l'incident.

Enquête

Le juge Dionne a donc suspendu le procès pour s'assurer que le jury peut travailler en toute sérénité.

Le tribunal a demandé à la jurée numéro 4 qui a entendu le cocher de venir s'expliquer.

La femme a confirmé les paroles prononcées par le cocher qui les invitaient à prendre « la bonne décision ».

« On s'est regardé et on s'est dit "quessé ça" », a indiqué à la Cour la jurée numéro 4.

Le juge s'est informé du ton employé, qui n'était pas menaçant indique la femme.

« C'était comme un "allo, comment ça va" », a-t-elle imagé.

Si la phrase pouvait paraître banale, elle a causé un malaise suffisant pour interrompre le procès, le temps de faire la lumière sur cet incident.

Reprise du procès

Après avoir obtenu la conviction que les membres du jury ne s'étaient pas sentis menacés et qu'ils ne seraient pas influencés par les paroles du cocher, le procès a pu reprendre.

Prévu pour 6 semaines, il aura finalement fallu près de 11 semaines pour passer à travers la preuve.

Les procédures ont même pris une tournure inattendue alors que le procès s'est transporté dans les rues de Limoilou.

Le juge, les 12 jurés, et les trois accusés se sont déplacés au coin de la 1re rue et de la 3e avenue, où les présumés trafiquants auraient caché des stupéfiants dans un logement.

Cette audience en plein air a nécessité des mesures de sécurité spéciales, d'autant plus que l'un des accusés, Jonathan Rochette, est détenu.

Le jury va délibérer à huis clos dès jeudi jusqu'à ce qu'un verdict unanime soit décidé.

Québec

Justice et faits divers