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L'Alberta mise sur les emplois et la croissance, et écarte la taxe sur le carbone

Un puits de pétrole dans un champ près de Calgary

Photo : Reuters / Todd Korol

Laurent Pirot
Mis à jour le 

Dans son premier discours du Trône, le gouvernement conservateur de l'Alberta met la priorité sur la relance de l'emploi et de la croissance, quitte à en faire moins pour le climat. Le premier ministre, Jason Kenney, promet un « renouveau économique ».

Le premier projet de loi mettra fin à la taxe provinciale sur le carbone, mise en place en 2017 par les néo-démocrates pour réduire les émissions de gaz à effet de serre de la province. La taxe devrait disparaître le 30 mai.

« C'était des souffrances économiques, sans aucun avantage pour l'environnement », a lancé Jason Kenney, en évoquant la taxe, en conférence de presse.

Les conservateurs veulent continuer de taxer, à un niveau réduit, les gros pollueurs responsables de 60 % des émissions de gaz à effet de serre de la province.

Le gouvernement entend investir l'argent amassé dans la recherche et les technologies visant à réduire les émissions. Les détails de cette partie du plan ne seront connus qu'à l'automne.

Subventions maintenues… pour l'instant

Les Albertains ne paieront plus de taxe sur le carbone à partir de minuit, le jeudi 30 mai.

Les programmes de subventions qui permettaient aux particuliers de remplacer leurs vieilles fenêtres ou d’installer des panneaux solaires disparaîtront aussi, a promis le ministre de l'Environnement, Jason Nixon. L'Agence de réduction des émissions devrait connaître le même sort.

Le projet de loi 1 ne concerne que la taxe et ne met toutefois pas fin à ces programmes. Ils restent donc en place pour le moment, assure le gouvernement albertain.

Un porte-parole du gouvernement a refusé de préciser la date à laquelle ces programmes disparaîtront.

Jason Kenney assure que la lutte contre les changements climatiques est importante pour son gouvernement, mais il dit aussi ceci : « L'Alberta peut prendre des décisions pour gérer les émissions de gaz à effets de serre sans dommages pour l'économie ou les emplois en Alberta. »

Cela n'a aucun sens pour moi de supprimer des emplois en Alberta quand on voit de grandes augmentations [d'émissions de gaz à effet de serre] dans les autres pays.

Jason Kenney, premier ministre albertain

« Supprimer la taxe carbone sans rien pour répondre aux inquiétudes environnementales, c'est une approche risquée », juge au contraire la politologue Lori Williams, de l'Université Mount Royal de Calgary. Elle estime que cela pourrait même inquiéter certains investisseurs.

Affrontement en vue avec Ottawa

Dans son discours, le gouvernement Kenney confirme qu'il se prépare bien à contester en cour la taxe carbone que le gouvernement fédéral a promis d'imposer rapidement.

Les derniers jours de la taxe carbone

Le deuxième projet de loi du gouvernement albertain visera à alléger une série de contraintes qui pèsent sur les entreprises, en leur donnant par exemple plus de flexibilité pour le paiement des heures supplémentaires.

Les députés devraient ensuite avaliser la baisse des impôts promise aux entreprises. Le taux passera de 12 % à 11 % au 1er juillet, avant d'être abaissé progressivement à 8 %.

L'allègement des obligations administratives fera l'objet d'un projet de loi à part.

Vaste consultation

Le discours du Trône annonce une « vaste consultation publique sur la meilleure façon de mettre fin au déficit tout en protégeant les services publics », seul élément du discours qui ne figure pas parmi les promesses des conservateurs en campagne.

« C'est une tentative pour faire passer un plan déjà prêt », a rétorqué la chef de l'opposition néo-démocrate Rachel Notley, qui craint des coupes importantes dans les secteurs de l'éducation et de la santé. « Ça va faire mal », a-t-elle affirmé.

Le premier budget complet sera présenté à l'automne et l'objectif du retour à l'équilibre se traduira par des « décisions difficiles », a confirmé Jason Kenney. « Il faudra réduire la taille globale de la fonction publique albertaine, par des départs naturels, espérons-le. »

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Alberta

Politique provinciale