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Pas dans ma cour d'école : un stationnement fait débat à Terrasse-Vaudreuil

Le petit garçon est accroupi et regarde sa main.

Le petit Vincent Tardif, 5 ans, s’amuse à proximité du chantier du stationnement que la commission scolaire projette de construire dans la cour de son école.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Jérôme Labbé

Des parents d'élèves s'opposent à la construction d'un stationnement de 12 places dans la cour de l'école primaire José-Maria à Terrasse-Vaudreuil, en banlieue de Montréal – un projet qui amputera la moitié du terrain dévolu aux jeux collectifs.

Terrasse-Vaudreuil est une petite municipalité de 2000 âmes, peu habituée aux controverses.

Son seul établissement scolaire, l'école José-Maria, est situé à deux pas du centre communautaire de la municipalité, qui servait jusqu'à tout récemment de gymnase. Une centaine d'enfants seulement la fréquente.

Pourtant, la Commission scolaire des Trois-Lacs a décidé en 2017 d'agrandir l'école pour y aménager un gymnase. Ce projet d'expansion de 2,5 millions de dollars prévoyait initialement la construction d'un nouveau stationnement de 24 places destiné au personnel.

Depuis, le gymnase a été construit comme prévu. Mais l'aménagement du stationnement, lui, soulève un vent d'opposition, et ce, même si le nombre de places a été réduit de moitié.

Le béton a été coulé, mais le stationnement en tant que tel à proprement parler n'a pas encore été recouvert d'asphalte.

Le chantier de construction du stationnement s'est amorcé il y a environ deux semaines.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Car l'espace destiné aux voitures amputera une partie de la cour d'école, ce qui déplaît à de nombreux parents.

Sans avoir pu consulter les plans de la commission scolaire, ces parents évaluent que l'espace réservé aux jeux collectifs (basketball, ballon-chasseur, etc.) sera tronqué de moitié.

Une clôture sépare le chantier de l'aire dévolue aux modules de jeu.

Les enfants auront moins de place pour jouer, craignent plusieurs parents.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Isabelle Ladouceur fait partie du groupe de parents qui s'insurgent contre la décision de la commission scolaire. L'aînée de ses enfants, Romy, 5 ans, termine la maternelle cette année, et sa plus jeune, Zoé, 4 ans, y fera son entrée en septembre 2020.

« J'ai de la difficulté à comprendre comment, en 2019, on puisse faire, d'un côté, la promotion de l'exercice physique (les cubes d'énergie, les collations santé, etc.), mais qu'on coupe une portion d'un terrain de jeu de l'autre », déplore-t-elle dans une missive transmise mercredi au cabinet du ministre de l'Éducation, Jean-François Roberge.

Mme Ladouceur souligne par ailleurs que l'école est déjà entourée de cases de stationnement publiques et gratuites. « J'ai sincèrement l'impression que la construction d'un nouveau stationnement constitue une solution à un problème qui n'existe pas », écrit-elle, précisant que les parents n'ont jamais eu de difficulté à déposer leurs enfants à l'école ou à venir les chercher. Et, à sa connaissance, « le personnel n'a jamais exprimé le moindre inconfort en lien avec un manque de places pour garer leurs voitures ».

Mme Ladouceur et M. Fortier prend la pose devant la cour d'école.

Isabelle Ladouceur n'est pas la seule à s'objecter à la décision de la commission scolaire. Celle-ci est également contestée par tous les parents du conseil d'établissement, dont André Fortier (à droite sur la photo).

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Joint au téléphone mercredi, le porte-parole de la commission scolaire, Sébastien Bédard, a indiqué que le futur stationnement couvrira une superficie de 892 mètres carrés, soit moins de 15 % de toute la cour d'école – qui inclut, outre l'aire de jeux collectifs, un espace réservé aux modules de jeu et un espace vert aménagé en pente, à l'extrémité ouest du terrain.

M. Bédard souligne que l'obligation d'aménager des places de stationnement provient de la Municipalité. Et la cour d'école était la seule solution envisageable, selon lui. « Faire ça sur le toit, ce n'était pas une option », ironise-t-il, confirmant du même souffle que la commission scolaire n'entend pas faire volte-face dans ce dossier.

« Il y en a, de la place », dit le maire

Le maire de la Municipalité, Michel Bourdeau, se dit pourtant « ouvert » à trouver des solutions. « On a plusieurs alternatives », soutient-il.

M. Bourdeau estime par exemple que la commission scolaire aurait de la place pour aménager un stationnement le long du 4e Boulevard « sans toucher à la cour des jeunes », ou si peu. Il se dit même prêt à vendre l'emprise de la rue s'il le faut. Mais ce n'est pas à la Municipalité d'assumer les coûts de construction, maintient-il.

Selon lui, la commission scolaire pourrait se montrer un peu plus disposée à collaborer. Il cite par exemple la construction du nouveau gymnase de l'école, alors que la Municipalité a investi 275 000 $ il y a trois ans pour rénover son centre communautaire, qui servait aux élèves « depuis plus de 50 ans ».

« J'ai trouvé ça triste, parce qu'ils auraient pu mettre l'argent ailleurs », soupire-t-il.

Grand Montréal

Éducation