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Cannabis : des laboratoires peinent à traiter toutes les demandes d'analyse des producteurs

Des fioles avec un tout petit peu de cannabis.
Le laboratoire RPC offre des services dans plusieurs secteurs, dont l'analyse du cannabis. Photo: Radio-Canada / Michel Corriveau
Jean-Philippe Hughes

Les ventes de Cannabis Nouveau-Brunswick souffrent des difficultés d'approvisionnement depuis la légalisation. Les laboratoires qui analysent la plante suivent tant bien que mal la croissance du nombre de producteurs. Un des plus importants laboratoires du pays, RPC, situé à Fredericton, a connu une croissance fulgurante depuis un an.

Depuis la légalisation du cannabis, le manque de stock en magasin a freiné les ventes anticipées chez Cannabis NB. La ruée vers l’or vert ne répond pas à l’appétit des consommateurs.

Le Nouveau-Brunswick devait recevoir plus de 15 millions de kilogrammes de cannabis au cours de la première année, mais elle n’en a reçu que 1,5 million depuis la légalisation. Sur une période de moins de six mois, elle a reçu moins d’un quart de l’approvisionnement espéré.

Nos ententes d’approvisionnement avec les producteurs autorisés se concentrent sur les prix, la logistique et d’autres attentes, mais en raison de la nature récente du secteur d’activités et des nombreux impondérables, explique Cannabis NB par courriel.

Il aurait été difficile pour les deux parties de prendre des engagements relatifs à des quantités ou des produits précis.

Cannabis NB

Les recours de Cannabis NB sont limités envers les producteurs qui n’ont pas atteint leurs objectifs, même si la société de la Couronne a perdu des millions de dollars de vente pour le premier trimestre.

Les principaux fournisseurs de Cannabis NB

  • Organigram Inc. : 543 kg
  • Tweed Inc. : 415 kg
  • Zenabis Ltd : 223 kg
  • CannTrust : 184 kg
  • Aphria/Broken Coast : 180 kg
  • 7Acres : 20 kg
  • Total : 1565 kg

Organigram a fourni plus du tiers du cannabis au Nouveau-Brunswick, suivie de près par l’ontarienne Tweed puis de la néo-brunswickoise Zenabis.

Les laboratoires d'analyse

Alors que les demandes de licences de production explosent auprès de Santé Canada, les laboratoires d’analyse doivent suivre la vague. Les délais se prolongent pour obtenir une licence d’analyse de cannabis, ce qui participe à l’effet d’entonnoir pour acheminer le cannabis des producteurs aux tablettes.

À Fredericton, un des plus importants laboratoires du pays a doublé le nombre d’échantillons traités depuis l’été dernier. Le laboratoire RPC analyse de 30 à 40 % du cannabis vendu au Canada.

J’ai des demandes chaque jour pour établir des comptes avec nous, déclare la gestionnaire des relations avec la clientèle de RPC, April Boudreau. L’entreprise est parvenue à ramener les délais d’analyse à une dizaine de journées pour les 50 producteurs avec qui elle fait affaire.

Un scientifique manipulant du cannabis dans un laboratoire. En affaires depuis 1962, RPC offre tous les ans ses services au Nouveau-Brunswick et ailleurs à 1000 clients situés dans 30 pays. Photo : Radio-Canada / Michel Corriveau

[Quand] on a commencé, on avait juste quelques employés dédiés aux tests de cannabis en 2015, relate Mme Boudreau. Aujourd’hui, entre 50 et 70 employés se concentrent dans ce secteur.

Ça continue à grandir vu que la légalisation des produits infusés au cannabis arrive en octobre, on se prépare à ça.

April Boudreau, RPC

Les délais chez RPC ont augmenté lorsque Santé Canada a resserré les normes pour certains pesticides. De nouveaux protocoles ont dû être élaborés, avec des délais prolongés pour traiter les arrivages.

Le laboratoire RPC soumet les échantillons à une batterie d’examens. Les tests organiques servent à détecter les contaminants, les pesticides ainsi que les taux de THC et de CBD. D’autres analyses ciblent les métaux lourds, puis les tests microbiologiques traitent les bactéries et les moisissures.

Des scientifiques dans un laboratoire. Plus de 160 scientifiques, ingénieurs et technologues travaillent au sein de l'équipe de RPC. Photo : Radio-Canada / Michel Corriveau

En plus des délais pour obtenir une licence, ouvrir un laboratoire d’analyse scientifique de cannabis exige des investissements d’envergure.

Pour commencer un laboratoire comme ici, ce serait de 3 à 5 millions de dollars pour tester le cannabis, estime Mme Boudreau. Les instruments qu’on a ici sont environ 1 million de dollars.

Au-delà des exigences financières, l’entreprise a dû recruter une main-d’œuvre spécialisée à toute vitesse. La proximité des établissements d'enseignement - Université du Nouveau-Brunswick, Université de Moncton et les collèges communautaires - a favorisé l’embauche.

De nouveaux agrandissements sont déjà prévus pour la filiale cannabis du laboratoire RPC.

Avec les informations de Michel Corriveau

Nouveau-Brunswick

Cannabis