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Un festival de films LGBTQ tourné vers la télé et les réalisateurs émergents

L'acteur Taron Egerton, qui incarne Elton John, a les bras levés en l'air et porte un costume multicolore couvert de fausses plumes.

Une scène tirée du film Rocketman, film qui ouvre le festival Inside Out.

Photo : YouTube / Paramount Pictures

Camille Feireisen

Le festival de films LGBTQ Inside Out, à Toronto, ouvre ses portes jeudi 23 mai pour la 29e année. Plusieurs premières canadiennes y seront présentées, notamment le film biographique sur le chanteur Elton John, Rocketman. Mais outre les primeurs à gros budgets, le festival fait place cette année aux séries télévisées tournées vers les jeunes adultes.

Le festival projettera des premières canadiennes d'envergure. Le film Rocketman est diffusé une semaine après sa première au Festival de Cannes. La programmation comprend aussi d'autres productions hollywoodiennes, dont Late Night, de la Vancouvéroise Nisha Ganatra, mettant en vedette Mindy Kaling et Emma Thompson, qui clôturera le festival le 2 juin.

Mais outre ces gros titres, le festival fait surtout la part belle aux courts métrages et productions de réalisateurs émergents, ainsi qu'aux séries télévisées, notamment grâce à un partenariat avec Netflix.

Selon le réalisateur à CBC Arts Peter Knegt, ce choix démontre combien l'événement a su se projeter vers l'avenir au cours des dernières années pour coller au plus près aux besoins de sa communauté.

Les séries télévisées sont plus ouvertes aux créations LGBTQ et le festival reflète bien ça en étant de plus en plus orienté vers ces productions sur Amazon, Netflix et leurs programmations, explique-t-il.

affiche du inside out festival avec un arc-en-ciel

Le festival Inside Out se déroule du 23 mai au 2 juin.

Photo : Festival Inside Out

Les spectateurs pourront notamment avoir un avant-goût de la quatrième saison de Eastsiders, de Netflix, et voir la première canadienne de la deuxième saison de Vida, de la chaîne Starz.

On veut faire honneur à ce travail, précise pour sa part le directeur de la programmation, Andrew Murphy.

Selon lui, les réalisateurs s'ouvrent de plus en plus au grand public et la diversité de la programmation et de ses genres, entre courts métrages, documentaires, séries télévisées et longs métrages, démontre le rôle que joue un tel festival dans le paysage actuel de l'industrie cinématographique.

Refléter une communauté

Pourtant, ce festival, comme de nombreux autres événements de la communauté LGBTQ, est né d'une nécessité, celle de créer des espaces sécuritaires, notamment pour aborder la crise du sida dans les années 1990, l'inaction des gouvernements, mais aussi la discrimination.

C'est certain, la communauté LGBTQ a beaucoup changé depuis le début du festival, en 1990, reconnaît Peter Knegt.

Depuis, il y a eu le mariage gai, plus de droits légaux, des milliers de marches antihomophobie à travers le monde... Aussi, même si les films présentés abordent encore des thèmes difficiles et récurrents, ils parlent de plus en plus des nouveaux défis et des possibilités auxquels font face les personnes LGBTQ.

L'avènement d'Internet a également rendu plus facile et accessible la diffusion de contenus abordant des thématiques chers à la communauté.

Ce festival n'a donc certes plus l'urgence de représentativité qu'il a eue dans le passé, mais il demeure capital pour rassembler la communauté et générer des discussions, selon Andrew Murphy.

Inside Out offre un autre type de célébration de la fierté, où ils peuvent se réunir, regarder leurs histoires à l'écran, dialoguer avec les cinéastes et les acteurs, faire du réseautage parfois aussi après les séances, précise-t-il.

Scène extraite de la bande-annonce du film Late Night, de Nisha Ganatra, mettant en vedette Mindy Kaling et Emma Thompson. On y voit Emma Thompson à son bureau avec un homme en costard à ses côtés.

Scène extraite de la bande-annonce du film « Late Night », de Nisha Ganatra, mettant en vedette Mindy Kaling et Emma Thompson.

Photo : YouTube/Paramount Pictures

Faire connaître des cinéastes émergents

Andrew Murphy ajoute que cela permet aussi de faire ressortir des réalisateurs qui seraient autrement exclus du multiplex par des productions à 200 millions de dollars.

Car même si la scène cinématographique s’est ouverte aux films LGBTQ, avec des films à succès comme Appelle-moi par ton nom ou Souvenirs de Brokeback Mountain, il n’en demeure pas moins un festival de niche où des réalisateurs émergents se font connaître, comme le réalisateur Sasha Alcoloumbre.

Les autres festivals incluent plus de films à thématique LGBTQ, mais ce que je vois c’est que le pourcentage n’est pas énorme. Et c’est bien normal, ils doivent offrir une certaine variété à leur public. Mais cela reste un milieu où il y a moins de place et où c’est plus compétitif.

Sasha Alcoloumbre, cinéaste

Le jeune cinéaste y présentera samedi son premier court métrage, Trois mois, qui aborde le thème de la séropositivité, mais aussi les débuts balbutiants d’une histoire d’amour.

Il y a encore beaucoup de peur et notre imaginaire est resté dans les années 80-90. Je pense qu’il y a encore une certaine ignorance quant aux progrès des traitements et c’est autant dans la communauté LGBTQ qu’au-delà. J’espère pouvoir ouvrir un dialogue, dit-il.

Il se réjouit d’ailleurs que ce thème puisse être abordé au sein du festival LGBTQ.

Le court métrage est en français, une langue très poétique, conclut le cinéaste.

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