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Un commerce de la rue Saint-Jean ferme après 27 ans en raison des taxes municipales

La librairie La Feuille Enchantée ferme ses portes.
La librairie La Feuille Enchantée ferme ses portes. Photo: Radio-Canada / Carl Boivin
Maxime Corneau

Étouffé par les taxes municipales, le propriétaire de la Librairie La Feuille Enchantée a choisi de fermer boutique après 27 ans d'existence sur la rue Saint-Jean.

Marc Brosseau affirme être contraint à fermer son commerce le 30 juin prochain. Selon lui, la rentabilité n’y est plus en raison de la lourdeur des taxes municipales.

« Il y a dix ans, on payait 3200 $ de taxes pour le même commerce au même endroit. Et en 2019, ça me coûte 10300 $ de taxes et 600 $ de frais d’association des commerçants », rage-t-il.

Le commerçant souligne aussi que les clients de passage sont moins nombreux, souvent repoussés par les dizaines de locaux à louer sur la rue Saint-Jean, des locaux vacants qui n’invitent pas au lèche-vitrine.

« Mes deux voisins sont fermés donc il n’y plus de gens qui viennent là. Donc moi ça m’emmène moins de monde », déplore M. Brosseau.

L’entrepreneur est aussi propriétaire d’une autre librairie du même type à Victoriaville. Il explique qu’il paie, pour cet autre commerce, 2000 $ en taxes annuellement. Il aimerait d’ailleurs que la Ville de Québec revoie la question de la taxation des commerces.

Que monsieur Labeaume arrête de faire ses gros projets coûteux pis qu’il mette plutôt l’argent pour aider les commerçants.

Marc Brosseau, propriétaire de la Feuille Enchantée

Trop de taxes ?

Pour la directrice générale SDC Faubourg Saint-Jean-Baptiste, Marie-Noëlle Bellegarde-Turgeon, un commerçant qui lance la serviette en est un de trop. « La taxation, quand ça emmène à prendre la décision de devoir fermer ses portes, ce n’est jamais une belle nouvelle », dit-elle.

Elle admet d’ailleurs que son secteur connaît son lot de fermetures. Au dernier dénombrement, l’été dernier, 21 locaux commerciaux étaient sur le marché. De ce nombre, une dizaine a trouvé preneur, alors que de nouvelles fermetures ont assombri le bilan.

Un local vacant sur la rue Saint-JeanUn local vacant sur la rue Saint-Jean Photo : Radio-Canada / Carl Boivin

Mme Bellegarde-Turgeon souligne qu’un groupe de travail sur l'environnement économique à Québec avait suggéré en 2018 de mettre en place une taxation par palier pour respecter la capacité de payer des petites entreprises, mais cette option ne s’est jamais matérialisée.

Elle estime qu’il faudrait remettre cette question à l’ordre du jour. « Avec tout ce qui se passe et ce qu’on entend parler dans les derniers mois, on n’aura pas le choix de ramener ça sur le dessus de la pile », dit-elle.

Des commerçants étouffés

Le chef de l’opposition officielle, Jean-François Gossellin, a déposé il y a quelques semaines un avis de proposition au Conseil de Ville pour que Québec investisse une partie de ses surplus budgétaires dans un allégement du fardeau fiscal. Cette proposition a été rejetée lors de la dernière séance du conseil.

Il déplore aujourd’hui cette décision, et espère que des mesures seront prises pour aider les commerçants. « Dans les dix dernières années, lorsque l’on regarde les comptes de taxes de commerçants ça a au moins doublé, dans certain cas c’est jusqu’à 3 fois. […] Malheureusement certains sont contraints de fermer », dénonce-t-il.

Dans le cadre de son dernier budget, la Ville de Québec s’est engagée à hausser les taxes municipales des commerçants du rythme de l’inflation.

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