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Le Journal de Mourréal doit cesser toute publication sous ce nom

La page Facebook du Journal de Mourréal.
L'injonction touche également la page Facebook du Journal de Mourréal. Photo: Facebook / Le Journal de Mourréal
Radio-Canada

Le site satirique Le Journal de Mourréal doit cesser toute publication sous ce nom et toute utilisation de son logo, a tranché la juge de la Cour supérieure Micheline Perrault dans un jugement rendu mercredi. Une décision que les cofondateurs du site comptent porter en appel.

La juge Perrault estime que le logo et le nom du site satirique portent à confusion avec ceux du Journal de Montréal, propriété de Québecor, en plus de contrevenir à la loi sur les marques de commerce.

Mécontent, Olivier Legault, l'un des deux cofondateurs du site, affirme que lui et son collègue Janick Murray-Hall feront appel de cette décision, indiquant qu'ils sont prêts à se rendre jusqu'en Cour suprême pour défendre leur point de vue.

En plus de devoir cesser l'utilisation de leur nom et de leur logo, MM. Murray-Hall et Legault sont également condamnés à payer une amende de plus de 23 000 $ à Média QMI inc., la filiale de Québecor qui chapeaute Le Journal de Montréal.

En passant, on ne versera pas 23 000 $ à Québecor. Eux-mêmes avouaient que les dégâts et la confusion étaient "non quantifiables".

Olivier Legault, cofondateur du Journal de Mourréal

« S'il n'y avait pas déjà un bris de procédure avec l'apparition d'Anne-Marie Dussault, ça aurait suffi pour un appel », a ajouté Olivier Legault, en référence au témoignage surprise de l'animatrice de 24/60 lors du procès.

La journaliste de Radio-Canada avait obtenu la permission de témoigner pour Média QMI afin de parler de l'impact négatif d'une fausse nouvelle du Journal de Mourréal qui, en 2015, avait fait état d'une relation intime inventée entre elle et le ministre de la Santé du Québec à l'époque, Gaétan Barrette.

La preuve, qui avait été close la veille de son témoignage, avait été rouverte à sa demande afin qu'elle puisse raconter les effets du faux article sur sa vie et celle de son conjoint, Marc Laurendeau.

Elle avait notamment évoqué des plaintes du public à l'ombudsman de Radio-Canada concernant le conflit d'intérêts dans lequel cette relation, si elle avait été réelle, aurait pu la placer, puisqu'elle recevait régulièrement M. Barrette en entrevue.

Ébranlé par la détresse du témoignage de Mme Dussault, Janick Murray-Hall avait offert de retirer l'article de ses plateformes immédiatement et de publier des excuses publiques.

Entretenir la confusion

Média QMI a tenté de démontrer, tout au long du procès, que le Journal de Mourréal entretenait la confusion chez les lecteurs, entachant du même coup sa marque de commerce.

Premier témoin appelé à la barre, le vice-président aux contenus numériques de Québecor, Mathieu Turbide, était entre autres venu présenter des courriels de lecteurs mécontents envoyés au Journal de Montréal pour se plaindre de la publication de fausses informations, alors que celles-ci visaient plutôt des articles du Journal de Mourréal.

Il avait aussi présenté une série de captures d'écran tirées de la page Facebook du Journal de Mourréal, où des lecteurs s'en prenaient à la crédibilité du quotidien de Québecor, sans distinction.

Les défendeurs, de leur côté, invoquaient le droit à la liberté d'expression.

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