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Un accès inégal aux services médicaux d’avortement en Saskatchewan

Un panneau bleu indiquant « L'avortement doit rester légal » et l'autre rouge disant « Arrêtez les avortements maintenant ».

Les récentes lois contre le droit à l’avortement aux États-Unis relancent le débat sur l’accès à ce service médical en Saskatchewan.

Photo : AFP / Getty Images

Radio-Canada

Au moment où certains États américains légifèrent contre le droit à l'avortement, une médecin de la Saskatchewan indique que, même si cette intervention médicale est légale au Canada, l'accès aux services d'avortement demeure inégal dans la province.

La Dre Sally Mahood estime qu’à Regina l’accès aux services d’avortement est adéquat grâce, notamment, au Centre pour la santé des femmes, qui a une procédure d’admission simplifiée. Elle explique que de tels services ne sont pas offerts ailleurs dans la province.

« Je vois des femmes qui doivent faire un long trajet depuis Île-à-la-Crosse, Lac La Ronge, Swift Current, Estevan et, souvent, c’est très coûteux. », déplore-t-elle.

À Saskatoon, les femmes doivent trouver un médecin qui pratique l’avortement et ceux qui le font exigent souvent que cela soit dans les 12 premières semaines de grossesse.

L’accès à la pilule abortive n’est pas adéquat non plus parce que celle-ci n’est pas couverte par le régime public d’assurance médicaments, indique la Dre Mahood. La Saskatchewan est l’une des rares provinces à ne pas offrir de couverture pour cette pilule, qui coûte autour de 400 $.

La pilule abortive est en fait constituée de deux pilules – la mifépristone et le misoprostol – qui bloquent d’abord l’apport hormonal nécessaire au premier stade de la grossesse, puis vident l’utérus, provoquant une fausse couche. La prise de la pilule peut se faire à la maison.

« Si [la pilule] était couverte, beaucoup de femmes qui vivent en dehors des centres urbains pourraient avoir un avortement médical effectué par leur médecin dans leur communauté », explique la Dre Mahood.

Cette dernière pense que la personne la plus apte à prendre la décision d'un avortement, c'est la femme elle-même.

« Même si notre cadre légal est préférable, comparé aux attaques contre le droit à l’avortement aux États-Unis, je pense que nous faisons face à des formes d'intimidation subtiles des patientes qui veulent se faire avorter », dit-elle.

Législation antiavortement

Sur la scène fédérale, le député Brad Trost a déclaré être résolument contre l’avortement. Le représentant conservateur de la circonscription de Saskatoon-University dit souhaiter une loi qui aiderait à réduire le nombre d’avortements pratiqués au Canada.

Les règlements du Parti conservateur indiquent qu’aucun gouvernement de ce parti ne limiterait le droit à l’avortement. Une tentative de modifier ce règlement a échoué lors du congrès national du parti, en août.

Brad Trost soutient qu’une femme ne devrait pas avorter, même si sa grossesse résulte d’une agression sexuelle.

« Je comprends très bien pourquoi une personne voudrait se faire avorter [dans ces circonstances] Je prie seulement qu’elle ne le fasse pas et offre ce cadeau merveilleux [de la vie] à cette petite chose qui n’est pour rien dans tout cela », affirme-t-il.

Par ailleurs, il souhaite qu’on attribue l'Allocation canadienne pour enfants pour les neuf mois précédant la naissance dans le cas d’un premier enfant. Il veut aussi accorder plus de ressources aux centres de crise pour femmes enceintes.

Avec les informations de Ashleigh Mattern, CBC

Saskatchewan

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