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48 recommandations disparaissent d'un rapport final sur l'exploitation sexuelle des enfants

Le Centre national de coordination contre l’exploitation des enfants (CNCEE) sert de point de contact dans le cadre des enquêtes liées à l’exploitation sexuelle des enfants dans Internet au Canada.

Photo : iStock

Radio-Canada

Un rapport du gouvernement du Manitoba qui vise à enrayer l'exploitation sexuelle et le trafic d'enfants, et dont la rédaction a pris trois ans a été fortement modifié, entre sa version provisoire et sa publication finale.

La première ébauche du rapport recommandait 48 changements, dont des solutions concrètes. Or, dans la version officielle, le gouvernement a remplacé ces recommandations par une liste à puces de 23 articles intitulés « possibilités pour l'avenir ».

La moitié des sujets commencent par le mot « continuer », notamment « continuer l’élaboration du programme d’enseignement général et de la formation » et « continuer la formation dans le domaine des enquêtes sur les agressions sexuelles ».

« Ce n'est pas assez […] On met en danger les enfants », affirme la porte-parole de l’opposition en matière de justice, Nahanni Fontaine.

Ce rapport s'imbrique dans Tracia's Fund, une vaste stratégie du gouvernement pour prévenir l’exploitation sexuelle.

Selon le rapport, environ 400 enfants et adolescents sont exploités sexuellement et sont victimes de la traite de personnes au Manitoba chaque année. Selon les experts, ce chiffre ne représenterait que 10 % du nombre total de victimes.

« C’est un chiffre énorme », dit la protectrice des droits des enfants du Manitoba, Daphne Penrose.

Le rapport ajoute que la consommation de méthamphétamine chez les jeunes de ce groupe d'âge augmente chaque année.

Le gouvernement dit qu'il « utilisera et augmentera les ressources existantes, qu'il élaborera et mettra en œuvre de nouvelles politiques et procédures » pour traiter les problèmes clés définis dans le rapport.

Une des recommandations qui a été supprimée était d'établir un calendrier avec des échéances claires pour garantir la prise de responsabilité de tous les groupes qui participent à la stratégie du gouvernement.

« Il est peu probable qu'un gouvernement accepte de mettre en oeuvre des recommandations dans une période de temps précise, car cela crée une responsabilité trop définie », dit à ce sujet le professeur de politique émérite de l'Université du Manitoba Paul Thomas.

Dans une déclaration écrite, la ministre de la Famille, Heather Stefanson, qui est chargée de la mise en œuvre de la stratégie du gouvernement provincial, indique que le rapport final n'a pas utilisé le mot « recommandations », afin de ne pas donner l’impression que le gouvernement faisait ses propres recommandations.

Le gouvernement doit passer à l'action

La responsable de l’organisme New Direction, Jane Runner, dit que le gouvernement doit agir maintenant.

« Tous les jours, des enfants sont exploités sexuellement. Ils sont victimes d'abus. Leur sécurité est en danger. C'est un problème de protection de l'enfance qui doit être résolu », affirme-t-elle.

La présidente de l'Experiential Advisory Committee, un groupe de personnes victimes d’exploitation sexuelle, Alaya McIvor, a été une des intervenantes consultées dans le cadre de l'étude.

Selon elle, ce rapport ne représente pas correctement les perspectives autochtones.

Alaya McIvor est troublée par les suggestions figurant dans le rapport selon lesquelles, dans certains cas, les jeunes devraient être enfermés.

« On ne doit pas traiter ainsi les enfants qui sont maltraités et qui sont victimes de violence. On ne les enferme pas », dit-elle.

Mme McIvor croit que le gouvernement s'est emparé, à des fins politiques, d'un projet qui était au départ une initiative communautaire, dirigée par des personnes qui avait été victimes d'exploitation sexuelle.

Manitoba

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