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Ottawa ordonne le rapatriement de dizaines de conteneurs de déchets des Philippines

Des écologistes ont manifesté devant l'ambassade du Canada mardi à Manille.

Photo : AFP/Getty Images / MARIA SALVADOR TAN

Radio-Canada

Ottawa met fin à une querelle de plusieurs années avec le gouvernement philippin en annonçant avoir mandaté un transporteur maritime pour rapatrier des dizaines de conteneurs de déchets canadiens qui pourrissent depuis 2014 dans un port de Manille. Coût de l'opération : 1,1 million de dollars.

Selon un communiqué du bureau de la ministre fédérale de l’Environnement, Catherine McKenna, la soixantaine de conteneurs mal identifiés remplis de déchets domestiques qui avaient été envoyés aux Philippines devraient tous être ramenés au Canada d’ici la fin du mois de juin.

C’est la compagnie de transport maritime Bollore Logistics Canada qui aura pour mandat de rapatrier ces ordures qui avaient été expédiées par erreur aux Philippines.

La ministre McKenna a indiqué que les déchets devront être « traités en toute sécurité » pour répondre aux exigences canadiennes en matière de santé et de sécurité avant leur expédition au Canada.

Le communiqué ajoute qu’une fois au Canada, ces déchets seront éliminés de façon appropriée avant la fin de l’été.

Toute l’opération, qui coutera 1,1 million de dollars, sera aux frais du gouvernement canadien, avait déjà annoncé la semaine dernière la ministre McKenna.

Ces 69 conteneurs d’ordures qui devaient à l’origine être remplis de matières plastiques destinées au recyclage s’entassaient depuis près de 6 ans sur les quais d’un port près de Manille, au grand dam des écologistes et du gouvernement philippin, qui refuse catégoriquement d’enfouir ces ordures venues de l’étranger sur son territoire déjà aux prises avec de graves problèmes environnementaux.

À l’origine, c’est plus de 100 conteneurs qui avaient été livrés aux Philippines. Le gouvernement antérieur en avait éliminé 34 sur son territoire, mais avait tout arrêté à la suite des objections des autorités locales et des groupes environnementaux.

Ultimatum de Manille

Au pouvoir depuis 2016, le président Rodrigo Duterte a abordé le problème de front et sommé le Canada de rapatrier ces conteneurs de déchets sur son territoire avant le 15 mai, à défaut de quoi il les retournerait de force au Canada, menaçant au passage de déverser le contenu de quelques conteneurs devant l’ambassade canadienne à Manille.

Cette annonce d’Ottawa intervient quelques heures après que le président Duterte eut ordonné à son gouvernement de trouver une société de transport privée pour acheminer ces déchets en territoire canadien.

En conférence de presse, un porte-parole de Rodrigo Duterte a annoncé mercredi que le président avait ordonné aux responsables de chercher une entreprise de transport privée pour ramener les déchets sur le territoire canadien.

« Si le Canada n'accepte pas ses déchets, nous les laisserons dans ses eaux territoriales ou à une distance de 12 milles nautiques des rivages du pays », avait menacé le porte-parole de la présidence philippine.

« Les Philippines sont un État souverain et indépendant et ne seront pas traitées comme une poubelle par les nations étrangères », a-t-il prévenu.

Refusant depuis le début de s’engager dans une escalade verbale avec le bouillant président philippin Rodrigo Duterte, qui a même menacé récemment de « déclarer la guerre au Canada » s’il ne reprenait pas ses déchets, la ministre de l’Environnement s’est contentée de déclarer dans un communiqué : « Le Canada apprécie sa relation profonde et de longue date avec les Philippines et travaille en étroite collaboration avec les autorités philippines pour trouver une solution mutuellement acceptable. »

Depuis 2016, rappelle Ottawa, le Canada a modifié sa réglementation pour éviter qu’une telle situation se reproduise et que toute exportation de matière résiduelle hors du pays soit vérifiée et soumise à l'obtention d’un permis.

Le gouvernement canadien entend également demander des comptes aux parties responsables de l’expédition de cette centaine de conteneurs de déchets mal identifiés aux Philippines.

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