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Gazoduq procède à des inventaires sur les territoires ciblés pour la construction du pipeline

Une carte montre où passerait le projet de Gazoduq.

Le tracé préliminaire du gazoduc en Abitibi-Témiscamingue

Photo : gracieuseté

Thomas Deshaies

Un sous-traitant de l'entreprise Gazoduq, Groupe conseil UDA, procède actuellement à des inventaires de la faune et de la flore sur les terrains où pourrait être construit son pipeline. Des citoyens s'offusquent que la compagnie en soit déjà rendue à cette étape, alors qu'elle n'a toujours pas obtenu le consentement de la population pour son projet.

Des citoyens de La Motte se sont dits étonnés de voir des travailleurs du Groupe conseil UDA, embauché par Gazoduq, effectuer des inventaires sur le territoire de la municipalité. Ils estiment qu'ils n'ont pas été informés de leur venue, alors qu'ils auraient dû l'être.

Gazoduq explique que ses inventaires ont lieu pour l'instant uniquement sur des terres appartenant à l'État et qu'ils ont l'autorisation du ministère des Forêts pour procéder. Cette opération a pour objectif de mieux documenter les impacts potentiels du pipeline sur la faune et la flore. L'entreprise rappelle que les terres publiques représentent 90 % de la zone d'aménagement privilégiée.

Dans un second temps, l'entreprise effectuera le même exercice sur des terrains privés, et ce, après avoir signé une entente avec chacun des propriétaires de manière individuelle. On a entamé nos discussions avec les propriétaires des terres privés qui doivent se poursuivre sur une base individuelle, au courant des prochains jours, semaines, explique Marie-Christine Demers, directrice aux affaires publiques et relations avec les communautés.

Montant forfaitaire

Marie-Christine Demers précise qu'une compensation monétaire sera offerte aux propriétaires. Selon l'entreprise, Gazoduq offrira 1050 $pour l'accès à un terrain dans un cas de lots non contigus et 525 $ par lot supplémentaire.

Notion de consentement

La co-fondateur du collectif Abitibien Gazoduq Parlons-en, Rodrigue Turgeon, dénonce la stratégie de l'entreprise. Selon lui, Gazoduq devrait d'abord obtenir le consentement des communautés locales. La seule chose qu'elle devrait faire, c'est de nous demander si on en veut de ce pipeline-là, s'exclame-t-il. Si la réponse est non, pas besoin pour eux de faire les démarches plus en profondeur, indique-t-il.

Questionnée sur la notion de consentement, Marie-Christine Demers, répond que le projet gagnerait à être mieux connu. Elle rétorque aussi que ces inventaires permettront à la population de mieux juger et évaluer le projet, puisqu'ils préciseront les impacts potentiels.

De son côté, Rodrigue Turgeon, estime que la compagnie manque de transparence en effectuant certaines consultations à huis clos. Il déplore que des citoyens constatent que des employés de Gazoduq sont actifs sur le terrain, sans qu'il n'y ait eu de consultation publique au préalable dans la communauté visée.

Saguenay-Lac-Saint-Jean

Au Saguenay-Lac-Saint-Jean, Gazoduq annule ses consultations avec les propriétaires touchés par son tracé. Des rencontres étaient prévues à Saguenay et Chambord, mais l’entreprise a plutôt choisi de rencontrer les 90 propriétaires touchés par le tracé de conduite de gaz naturel en privé plutôt qu'en groupe.

Le gazoduc de 750 kilomètres doit se rendre jusqu'à l'usine de liquéfaction de gaz naturel d'Énergie Saguenay à La Baie.

La Coalition Fjord, opposée au projet, croit que la compagnie ment lorsqu'elle affirme que des citoyens mobilisés ont monopolisé le micro en Abitibi.

Son porte-parole, Adrien Guibert Barthez, reproche à l’entreprise de diviser la population.

Au total, 150 propriétaires terriens sont touchés par le tracé de Gazoduq entre le nord de l'Ontario et le Saguenay-Lac-Saint-Jean.

Avec les informations de Mélissa Savoie-Soulières

Abitibi–Témiscamingue

Industries