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Fonte des glaciers : le niveau des mers pourrait augmenter de deux mètres d’ici 2100

La fonte d'un glacier. Photo: Radio-Canada / François Gagnon
Radio-Canada

La fonte des glaciers pourrait provoquer une élévation du niveau des mers de plus de deux mètres d'ici la fin du siècle si les émissions de gaz à effet de serre ne sont pas contenues, prévient une nouvelle étude publiée lundi.

Publiée dans les Comptes rendus de l'Académie américaine des sciences (PNAS), l'étude internationale indique que la montée des eaux pourrait se faire plus rapidement que ce qui avait déjà été anticipé en raison de la fonte accélérée des calottes glaciaires du Groenland et de l'Antarctique.

Dans le pire des scénarios, selon lequel les températures augmenteraient de 5 degrés Celsius d'ici 2100 par rapport à l'ère préindustrielle, le niveau des mers pourrait augmenter de 2,38 mètres.

C'est près du double de ce que prédisaient les experts du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC) de l'ONU en 2013 dans leur scénario le plus pessimiste et quatre fois plus que leur scénario le plus optimiste.

Une telle situation serait « catastrophique », avertissent les auteurs de l'étude, qui ont sollicité l'analyse d'une vingtaine d'experts des calottes glaciaires des pôles, basée sur des modèles régionaux et continentaux.

Advenant une montée des eaux d'une ampleur de 2 mètres, environ 1,79 million de kilomètres carrés seraient engloutis par la mer, notamment des régions essentielles à la production alimentaire. C'est l'équivalent de la superficie du Québec.

Cela pourrait forcer le déplacement de 187 millions de personnes, soit environ 2,5 % de la population mondiale actuelle, et conséquemment créer d'importants bouleversements sociaux.

Même si les auteurs reconnaissent que cette probabilité pourrait être faible – environ 5 % –, ils affirment qu'elle ne devrait pas être écartée.

Une « menace existentielle »

Une île de l'archipel de Kiribati, vue à travers les nuagesLe réchauffement climatique à l'origine de la fonte des glaces menace plus particulièrement les îles de l'océan Pacifique. Photo : iStock

Interviewé par CNN, le chercheur principal du rapport, Jonathan Bamber, professeur de géographie physique à l'Université de Bristol, au Royaume-Uni, croit qu'une telle éventualité poserait une « menace existentielle » à des populations insulaires du Pacifique, qui serait en grande partie inhabitable.

Les conséquences ne se limiteraient pas seulement à ces régions.

Des mégalopoles comme New York et Shanghai pourraient elles aussi être submergées, précise le réseau CNN.

« Il suffit de quelque trois, quatre degrés pour passer d'une phase glaciaire à une phase interglaciaire, spécifie Philippe Gachon, professeur d'hydroclimatologie à l’UQAM.

« Le Groenland, qui s'est construit à une période beaucoup plus froide, s'il disparaît, il disparaîtra à jamais. C’est comme l'Antarctique », avertit-il.

« Ça peut également signifier des submersions côtières. Lorsqu’on a des tempêtes, avec un niveau de la mer plus élevé, l'eau rentre plus profondément dans les terres, une érosion plus forte surtout dans des secteurs comme le golfe du Saint-Laurent », où certains endroits sont déjà sensibles à l'érosion, ajoute-t-il.

Une décision collective

Plusieurs études récentes se sont consacrées à la fonte des glaciers et à ses effets sur le niveau des mers.

En mars dernier, un rapport de l'Agence de l'ONU pour l'environnement estimait inévitable la hausse importante des températures dans l'Arctique. Elle aurait des conséquences dramatiques sur la fonte des glaciers de l’Arctique et du Groenland, qui contribueraient au tiers de l’augmentation du niveau de la mer.

Deux mois plus tôt, un rapport du PNAS signalait que la fonte annuelle des glaces en Antarctique était plus rapide que jamais, environ six fois plus qu'il y a 40 ans, ce qui entraîne une hausse de plus en plus importante du niveau des océans.

L'humanité dispose d'une marge de manœuvre assez étroite pour éviter certaines des pires conséquences du réchauffement climatique, comme la montée du niveau des mers, estime Jonathan Bamber.

Ce que nous décidons de faire collectivement en tant qu'espèce, politiquement, mondialement, au cours de la prochaine décennie va déterminer l'avenir des prochaines générations en ce qui concerne l'habitabilité de la planète et l'environnement dans lequel elles vivent.

Jonathan Bamber, coauteur de l'étude

Les scientifiques croient toutefois qu'il est encore temps d'éviter le pire si les émissions mondiales de gaz à effet de serre sont fortement réduites au cours des prochaines décennies.

Avec les informations de CNN, et Le Monde

Changements climatiques

Science