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L'adrénaline s'est emparée de la ligne de départ au stock car de Laverlochère

Une femme est assise dans une voiture numérotée 626. Elle porte un casque.

Tania Martineau s'apprête à faire sa première course.

Photo : Radio-Canada / Lise Millette

Lise Millette

Des moteurs qui grondent, d'autres qui claquent, des cylindrées qui bourdonnent : les 183 inscrits à la 46e Rigolade de Laverlochère ont vécu des sensations fortes dans une édition condensée. 36 courses étaient programmées en une journée en raison de la météo maussade du long week-end de la Journée nationale des Patriotes.

De maussade, il n'y avait que le ciel, puisque dans les puits, la fébrilité des différentes équipes était palpable. Entre les modèles cabossés et la tôle usée, certaines voitures bichonnées attiraient le regard. Dans le lot des véhicules colorés et décorés avec des slogans pour tous les goûts, Tania Martineau, de Lorrainville, dans sa Pontiac Catalina verte, s'apprête à vivre sa toute première course. Dans la file pour la piste, son conjoint Joé Lemire peaufine l'inspection de la voiture.

Je ne sais pas trop à quoi m'attendre, surtout qu'on n'a pas essayé la voiture encore. Mon chum a dû mettre trois ou quatre mois de préparation. C'est beaucoup de temps investi, confie-t-elle.

Pendant que Tania Martineau a le casque posé sur la tête et les deux mains crispées sur le volant, Frédérique Aylwin, elle, sort du circuit avec une deuxième position.

Une femme se tient debout près d'une voiture toute sale et cabossée.

Frédérique Aylwin est une habituée des courses au Témiscamingue. Son frère lui a offert sa première voiture pour l'occasion.

Photo : Radio-Canada / Lise Millette

C'était assez stressant! Ça faisait longtemps que je n'avais pas chauffé manuel! Au départ, mes jambes tremblaient, mais j'ai terminé deuxième, sans aucun bris, je suis fière!

Sa voiture, elle l'use depuis déjà quelques années. Comme le veut le règlement, sa voiture est munie d'une « cage », une structure métallique placée à l'intérieur de l'habitacle. Frédérique Aylwin a commencé à l'âge de 20 ans, initiée par son frère.

Mon frère m'achallait depuis quelque temps et un jour il m'a dit "veux-tu que je te donne un char?". Je lui ai dit "d'accord, je vais m'essayer" et j'ai pogné la piqûre, ajoute Frédérique Aylwin.

Trente-trois femmes en piste

Pour la course du printemps 2019, le président de la Rigolade, Sébastien Fortier, a confirmé l'inscription de 33 conductrices.

L'âge minimal pour s'inscrire est de 16 ans. C'est l'âge qu'avait Kelly-Anne Bélanger lors de sa première course. Aujourd'hui âgée de 27 ans et habitant Saint-Jérôme, elle a néanmoins fait 8 heures de route pour se présenter au rendez-vous.

Une homme et une femme se tienne debout à côté d'une voiture dont le capot est ouvert.

Les courses sont devenues une passion pour Mario Bélanger et sa fille Kelly-Anne Bélanger.

Photo : Radio-Canada / Lise Millette

Depuis que je suis petite, mon père monte des chars, la famille, les cousins. À 16 ans, j'ai eu mon [permis] temporaire, je me suis acheté une voiture et puis go! On a du fun, on s'amuse. Aujourd'hui j'ai coursé avec une petite Cavalier, mais c'est temporaire, parce que mon autre voiture est morte. On a monté ça vite parce que j'arrive de St-Jérôme, défile-t-elle entre deux courses.

Son père, Mario Bélanger, fait office de mécanicien officiel pour sa fille Kelly-Anne, mais aussi pour sa conjointe.

Je suis un habitué. Le plaisir c'est d'être en famille, d'aimer ça. C'est un milieu de rencontre familiale, résume-t-il. Toute la journée, Mario Bélanger arpente les puits, discute à gauche et à droite, et taquine au passage les autres participants. C'est lui, d'ailleurs, qui a surnommé Daphnée Trépanier Firegirl.

Une femme est devant un champ aménagé pour les courses de voitures. Elle sourit à la caméra.

Daphnée Trépanier se fait aussi appeler Firegirl, les flammes ont pris naissance dans sa voiture deux fois l'an passé à Béarn. Elle course avec les hommes et les femmes.

Photo : Radio-Canada / Lise Millette

Ah! L'an passé, quand j'ai fait les courses à Béarn, mon auto a pris en feu deux fois... le surnom est venu de là, mais il est le seul à m'appeler comme ça, lance Daphnée Trépanier en riant.

Pour 2019, l'étudiante à l'Université du Québec à Montréal en éducation physique a tenté une nouveauté, en décidant de s'inscrire aussi dans la course contre les hommes.

Je course avec un quatre cylindres, un Ford Contour 1998. Je course aussi avec un six cylindres, ajoute-t-elle. Selon elle, pas besoin d'être une amatrice de voiture pour courser.

Moi, je ne touche pas beaucoup à l'auto... c'est surtout mon père, avoue-t-elle.

De nombreuses vétérantes font partie du circuit, comme Camélia Beauchamp et son amie Mirka Brouillard, qui ont terminé deuxième et troisième lors de leur premier départ.

Un homme se tient debout près d'une voiture. Le capot est ouvert.

Jonathan Rivest termine l'inspection de sa voiture avant de retourner sur la piste.

Photo : Radio-Canada / Lise Millette

On est des vieilles nous autres, on fait partie des meubles. Ça fait des années qu'on course. L'adrénaline c'est tellement prenant. C'est agréable d'être sur la piste, confie Camélia Beauchamp.

Autre habitué des lieux, Jonathan Rivest, dont la Chevrolet Caprice Classic rouge a du vécu sous la carosserie.

Ça fait huit ou neuf ans que la voiture course. Pour ce qui est du temps, un body complet, quand on fait la cage et tout, on peut parler au-delà de 100 heures. Et pour ce qui est du moteur, il faut arrêter de compter, sinon on se déprime, rigole Jonathan Rivest.

Si certaines voitures doivent être escortées ou carrément tirées de la piste après avoir perdu un pneu, une partie de leur carcasse ou après avoir pris feu, les amateurs n'ont pas été déçus par le spectacle.

C'était quelque chose, je ne m'attendais pas à ça. Ça brasse pas mal. Il y a beaucoup de sable, alors ce n'est pas évident et puis il y a des gens qui te rentrent dedans, confie Tania Martineau après avoir franchi l'arrivée une première fois.

Son conjoint, Joé Lemire, semblait satisfait de sa recrue. Pour sa première fois, je trouve qu'elle a bien fait ça. Pour la prochaine, il faudra en donner plus, conseille-t-il avant de replonger sous le capot pour quelques ajustements mécaniques.

Le circuit de stock car de l'Abitibi-Témiscamingue compte quatre rassemblements. Les courses de Laverlochère lancent la saison; suivront celles de Béarn, Beaudry et Taschereau.

Abitibi–Témiscamingue

Course automobile