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Être une femme qui enseigne le soudage-montage

Nathalie Trottier et Vincent Paul de Kayema, professeure et étudiant en soudage montage Photo: Jean-Pierre Perouma
Jean-Pierre Perouma

Nathalie Trottier est enseignante et cheffe du département soudage-montage au Centre de formation professionnelle (CFP) de Mont-Joli. Elle forme des jeunes issus de tous les milieux et des élèves venus du monde entier. Regards croisés entre une enseignante et un de ces élèves internationaux, Vincent de Paul Kayema.

Le CFP de Mont-Joli est constitué de classes et d’un atelier où se retrouvent essentiellement des hommes. Les « bottes à cap » martèlent le sol tandis que le métal tinte et sonne au rythme des électrodes qui soudent.

un homme en équipement allume son chalumeau.Vincent de Paul Kayema prépare son équipement. Photo : Jean-Pierre Perouma

Pour enseigner la soudure, il faut non seulement être titulaire des diplômes en soudage-montage, mais encore posséder une solide expérience professionnelle.

Son diplôme, Nathalie Trottier l’a obtenu au CFP de Mont-Joli. Elle fréquentait la classe dans laquelle elle enseigne aujourd’hui.

J’ai fait mon cours « lecture de plans » dans cette classe-là, j’étais assise en arrière.

Nathalie Trottier

Elle a également travaillé durant de plusieurs années dans l'industrie pétrolière : réalisation d’oléoducs, rampe de chargement, systèmes de pompage, etc.

J’ai la chance d’avoir eu des employeurs qui ont vraiment cru en moi, qui m’ont donné la chance, même si je suis une femme.

Nathalie Trottier

Forte de ce bagage, Nathalie est une enseignante atypique, notamment aux yeux de Vincent de Paul Kayema, originaire de la République centrafricaine.

Regard de l'élève sur l'enseignante

Originaire de la République centrafricaine, Vincent de Paul Kayema est arrivé à Rimouski en février 2018. Pour lui, c'est moins surprenant de voir une femme enseigner la soudure au Québec que dans son pays d'origine. L’égalité entre les femmes et les hommes est beaucoup plus perceptible ici qu’ailleurs.

En Afrique […] c’est rare de voir une femme qui fait ce métier-là.

Vincent de Paul Kayema

Vincent reconnaît en Nathalie des qualités de professeure, sa patience, son expertise et la qualité de la transmission des savoirs théoriques et pratiques. Il admire également l’engagement de son enseignante dans les métiers du soudage-montage.

Vincent de Paul Kayema, un homme équipé de son casque et souriant.Vincent de Paul Kayema, un étudiant en soudure satisfait Photo : Jean-Pierre Perouma

Elle est fière de son métier et elle prend au sérieux son travail.

Vincent de Paul Kayema

Au détour de la conversation, Vincent exprime sa vision de Nathalie : Elle fait comme si c’est pas une femme, c’est un homme.

Nathalie Trottier pointe du doigt un élément à Vincent Paul de Kayema. Nathalie Trottier explique une lecture de plan à Vincent de Paul Kayema. Photo : Jean-Pierre Perouma

Être une femme dans un métier à dominante masculine

Je suis contente de ce que dit Vincent, je n'ai pas de misère à faire abstraction de cette féminité-là.

Nathalie Trottier

Tous les matins, c’est d’abord une mère de famille qui s’emploie à organiser la maison. Et tous les matins, c’est un défi à aller travailler, je ne peux pas mettre ma féminité de côté. Nathalie Trottier aimerait engager les femmes à aller vers ces métiers à « dominante » masculine.

Quel travail n’est pas un défi?

Nathalie Trottier

De son expérience, Nathalie souligne qu’elle n’oublie pas qu’elle est une femme dans un milieu d’hommes, cela demande des ajustements.

Je veux être dans ce métier-là, j’ai voulu faire ma place dans ce métier-là, j’ai dû m’adapter. Ça me fait plaisir de m’adapter pour me mouler avec l’équipe d’hommes avec laquelle je travaille.

Nathalie Trottier

Dans un contexte de pénurie de main-d’œuvre, le métier se féminise peu à peu.

Par cohorte, c’est en moyenne une fille qu’on accueille par année.

Nathalie Trottier souriante le pouce en l'air avec Vincent de Paul Kayema souriant.Nathalie Trottier et Vincent de Paul Kayema, complices dans les apprentissages Photo : Jean-Pierre Perouma

La diversité des profils des étudiants en formation et en emploi est une chance. Car les métiers de la métallurgie, c’est vaste. Soudeur, c’est une chose, mais aller se spécialiser dans une branche spécifique, c’est un peu plus complexe. C’est de cette diversité de profils que peut surgir une partie des réponses pour pallier la pénurie de main-d’œuvre dans le métier.

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