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Des mères se confient sur leur césarienne d'urgence à l'Hôpital de Moncton

Une mère qui donne le biberon à son bébé.
Les mères victimes des accouchements forcés sans leur consentement se sont rencontrées pour obtenir des informations au sujet du recours collectif contre l'infirmière Nicole Ruest et le réseau de santé Horizon. Photo: Radio-Canada / Guy A. LeBlanc
Jean-Philippe Hughes

Des parents ont rencontré les avocats responsables du recours collectif déposé au nom des femmes victimes d'une césarienne forcée à l'Hôpital de Moncton, au Nouveau-Brunswick. Ces mères se disent traumatisées et cherchent des réponses au sujet de leur accouchement.

Ils étaient une quinzaine de parents présents pour tenter de comprendre les motifs de l’infirmière présumée avoir prodigué de l’ocytocine, un médicament qui provoque l’accouchement chez les femmes enceintes.

Pour la plupart, leur grossesse s’était déroulée normalement jusqu’à cette visite à l’Hôpital de Moncton. Certaines étaient traitées par l'infirmière Nicole Ruest, soupçonnée d’avoir administré l'ocytocine de manière inappropriée à des mères.

Suite à ma césarienne d’urgence, je me suis sentie coupable d’avoir fait quelque chose de mal, d’avoir eu une "mégarde", de ne pas en avoir fait assez, se rappelle Amélie Coomber.

Amélie CoomberAmélie Coomber a compris qu'elle avait été victime d'un accouchement forcé lorsqu'elle a reconnu Nicole Ruest dans un reportage à la télévision. Photo : Radio-Canada / Wildinette Paul

Les reportages à ce sujet lui ont permis de comprendre, comme tant d’autres, qu’elle n’était pas la seule à vivre dans l’incompréhension.

Après une grossesse sans complications, elle visite l’Hôpital de Moncton le 14 janvier 2018 pour une visite de routine. Tout était beau, se souvient-elle. Soudainement, dès que j’ai eu une intraveineuse, le battement du coeur a descendu, le coeur du bébé était en détresse.

15 minutes plus tard, j’avais le bébé. On ne savait pas quoi en penser.

Amélie Coomber

Après la publication de l’identité de l’infirmière présumée avoir administré l’ocytocine sans le consentement des mères, elle a révisé son dossier médical. C’est alors qu’elle a reconnu le nom de Nicole Ruest.

Elle était là, c’était la seule infirmière de la soirée, a-t-elle réalisé.

Elle compte désormais collaborer avec la GRC afin de tourner la page sur cet accouchement. Sa fille Jade est aujourd’hui en bonne santé.

Des mères se confient sur leur césarienne non consentie à l’Hôpital de Moncton

Chercher des réponses

Caitlin Middleton se demande si les retards de développement de sa fille sont associés aux traitements qu’elle a reçus.

Enceinte de 37 semaines, elle se rend à l’Hôpital de Moncton pour un traitement de Cervidil, avec l'objectif d’assouplir son col de l'utérus. Puis, les événements se succèdent rapidement dès que l’intraveineuse entre en action.

Mon rythme cardiaque a explosé, le cœur de mon bébé a chuté, relate la mère.

Son bébé naît à 1 h 41, mais elle ne peut pas le voir avant 7 h le lendemain parce qu’il se trouve à l'unité de soins intensifs néonatals. Elle devra consulter son dossier médical pour comprendre l’état dans lequel se trouvait sa fille.

On ne m’a pas dit qu’elle avait été ressuscitée, on ne m’a pas dit qu’elle ne respirait pas à la naissance, même pas un cri, s’indigne Caitlin Middleton. J’ai dû lire tout ça dans mon dossier.

Elle a un retard pour apprendre à marcher, à parler, tu te demandes si c’est en raison de la privation d’oxygène.

Caitlin Middleton lors de la rencontre au sujet du recours collectif.Caitlin Middleton invite toutes les femmes qui ont des soupçons quant à leur accouchement à l'Hôpital de Moncton de demander l'accès à leur dossier médical. Photo : Radio-Canada / Wildinette Paul

Incapable d’allaiter, elle est convaincue que les traitements prodigués à son insu le jour de son accouchement auront un effet durable sur la relation qu’elle entretient avec sa fille. Elle a un retard pour apprendre à marcher, à parler, tu te demandes si c’est en raison de la privation d’oxygène.

Cette infirmière m’a volé le droit de donner naissance naturellement.

Caitlin Middleton

Une enquête de la GRCest en cours au sujet des allégations qui pèsent contre l’infirmière Nicole Ruest, aujourd’hui congédiée de l’Hôpital de Moncton. Aucune accusation n’a encore été déposée.

Nicole Ruest a travaillé au sein du service d'obstétrique de l'établissement de 2005 à 2019.

Avec les informations de Wildinette Paul et Gabrielle Fahmy

Nouveau-Brunswick

Santé publique