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Encore des obstacles avant la ratification du nouvel ALENA par le Congrès américain

M. Hoyer devant des drapeaux des États-Unis.
Le leader démocrate à la Chambre des représentants, Steny Hoyer, a souligné qu'il reste certains points à ficeler. Photo: Getty Images / Alex Edelman
Radio-Canada

Certains obstacles empêchent encore la ratification du nouvel Accord Canada–États-Unis–Mexique (ACEUM), malgré la toute récente levée des droits de douane sur l'acier et l'aluminium, a reconnu dans une mêlée de presse Steny Hoyer, leader de la majorité démocrate à la Chambre des représentants, mardi, à Washington. Mais le premier ministre Justin Trudeau demeure confiant.

Washington et Ottawa ont annoncé vendredi la levée, quelques jours plus tard, des tarifs douaniers sur l'acier et l'aluminium. Il s'agissait d'une condition exigée par plusieurs parties, dont le gouvernement de Justin Trudeau, pour ratifier le traité.

Disons que nous aimerions obtenir un oui [des élus démocrates]. Mais nous n'en sommes pas encore là.

Steny Hoyer, leader de la majorité démocrate à la Chambre des représentants

Le représentant a notamment évoqué le litige portant sur le mécanisme de la résolution des différends (dit Chapitre 19).

Il a également souligné que les démocrates attendaient que la réforme du droit du travail votée par les sénateurs mexicains entre en vigueur. Cette réforme, qui doit renforcer la protection des salariés et augmenter leur rémunération, fait partie des concessions mexicaines.

Il est à noter que la Chambre fera relâche pendant l’été. Le temps presse, donc.

L’ACEUM avait été conclu le 30 septembre dernier, à l'issue d'âpres négociations, puis signé le 30 novembre. Celui-ci « protège des millions d’emplois à travers le pays, renforce la classe moyenne et crée de nouvelles opportunités pour nos entreprises », avait notamment déclaré le premier ministre Trudeau au moment de la signature.

L'accord prévoit notamment pour le secteur automobile un changement important des règles dites d'origine, imposant plus d'achats de matériaux et de composants de fabrication américaine. Il inclut en outre une clause forçant le Mexique à augmenter les revenus des salariés du secteur. Mais le texte est toujours en attente d'une ratification dans les trois pays.

Le gouvernement canadien « a maintenant l'intention d'aller de l'avant avec la ratification », et ce, « à toute vapeur », a souligné la ministre canadienne des Affaires étrangères, Chrystia Freeland, samedi, en entrevue à CBC. Une intention réitérée mardi par son patron.

Maintenant qu'on a enlevé l'empêchement qu'étaient les tarifs, on devrait pouvoir procéder, mais on est en train de coordonner avec les Américains pour le faire de la bonne façon.

Justin Trudeau, premier ministre du Canada

L'administration de Donald Trump souhaite elle aussi avancer le plus rapidement possible. « Je peux vous dire que le Canada et le Mexique sont une priorité », a assuré Steven Mnuchin, secrétaire américain au Trésor, la semaine dernière, devant le sous-comité des crédits du Sénat américain.

Le vice-président américain Mike Pence viendra d'ailleurs à Ottawa le 30 mai afin d'accélérer les choses.

Des représailles efficaces

M. Trudeau parle au micro, devant des travailleurs.Justin Trudeau était en visite à l'aluminerie Alouette de Sept-Îles, mardi. Photo : La Presse canadienne / Jacques Boissinot

Justin Trudeau, qui visitait l'aluminerie Alouette à Sept-Îles, a estimé que les tarifs compensateurs imposés par le Canada sur les produits américains ont joué un rôle déterminant pour forcer l'administration Trump à mettre un terme aux tarifs sur l'acier et l'aluminium.

Selon le premier ministre, ces mesures de représailles canadiennes ont incité les gouverneurs et les représentants des États américains touchés à faire pression sur la Maison-Blanche pour qu'elle mette fin à ce litige commercial.

Je pense que l'une des choses que nous avons vue très clairement, que les Américains ont apprise, c'est que les Canadiens allaient demeurer fermes.

Justin Trudeau, premier ministre du Canada

Alors que les négociations sur le nouvel accord de libre-échange nord-américain piétinaient, au printemps 2018, l'administration Trump avait imposé des tarifs de 25 % sur l'acier canadien et de 10 % sur l'aluminium. Le Canada avait à son tour imposé des droits équivalents sur l'acier et l'aluminium américains, mais aussi sur de nombreux autres produits, du concombre au café en passant par le bourbon, les cartes à jouer et les tondeuses à gazon. Souvent, ces produits étaient cultivés, transformés ou fabriqués dans des États représentés par des républicains.

« Nous avons stratégiquement frappé de tarifs douaniers un nombre important de produits américains, ce qui a eu un impact sur les gouverneurs et sur les membres du Congrès, qui ont continué à parler au président et aux membres de l'administration pour la suppression de ces tarifs », a-t-il ajouté.

« On est maintenant le seul pays du G7 à avoir des échanges commerciaux libres avec tous les autres pays du G7, s'est félicité Justin Trudeau. On a un accès privilégié à deux tiers de l'économie mondiale. Le Canada est bien parti pour continuer cette croissance qu'on a vue ces dernières années. »

La même fermeté face à Pékin

Le premier ministre Trudeau soutient par ailleurs qu'il ne craint pas qu'une relation plus étroite entre le Canada et les États-Unis de Donald Trump ne rende plus difficile la résolution des tensions qu'il vit avec la Chine.

Les deux géants de l'économie mondiale se livrent actuellement une guerre commerciale et diplomatique. Or, Ottawa se retrouve malgré lui au beau milieu du champ de bataille, depuis que la Gendarmerie royale du Canada a arrêté la dirigeante du géant chinois Huawei, en décembre, en vertu d'un mandat d'extradition américain.

La Chine a réagi en détenant deux Canadiens – l'ancien diplomate Michael Kovrig et l'entrepreneur Michael Spavor – et en entravant le commerce de produits canadiens tels que le canola, le soja et le porc.

« Nous allons rester fermes face à la Chine, a dit Justin Trudeau. Nous allons rester fidèles à nos principes, à nos règles et à notre système de droit. [...] Nous allons mettre la sécurité des Canadiens à l'avant. Nous allons toujours rester fermes avec nos alliés par rapport à la Chine. »

Avec les informations de Agence France-Presse, et La Presse canadienne

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