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Des agents correctionnels en N.-É. dénoncent le traitement de leurs supérieurs

Les agents correctionnels et d'autres employés des deux prisons fédérales de la Nouvelle-Écosse disent être constamment intimidés et harcelés par leurs supérieurs.
Les agents correctionnels et d'autres employés des deux prisons fédérales de la Nouvelle-Écosse disent être constamment intimidés et harcelés par leurs supérieurs. Photo: Radio-Canada / Angela MacIvor
Radio-Canada

Les employés de deux prisons fédérales de la Nouvelle-Écosse rapportent de l'intimidation et du harcèlement généralisé de la part de leurs supérieurs dans de récents rapports dont CBC a obtenu des copies.

Les rapports internes de Services correctionnels Canada portent sur les établissements Springhill et Nova pour femmes à Truro. Leurs environnements de travail respectifs sont notamment décrits par les employés comme toxiques et dysfonctionnels.

Une agente correctionnelle de l'établissement Nova dit que la réalité est encore pire.

C'est vraiment, vraiment critique et ça continue depuis plusieurs années, explique-t-elle dans une entrevue.

Elle parle sous le couvert de l'anonymat parce qu'elle craint perdre son emploi si son identité est révélée.

Le document fait aussi état d'une pénurie d'employés dans la prison pour femmes. Près d'un tiers des agentes sont en arrêt de travail.

Les évaluations du milieu de travail ont été menées au mois de février par le responsable de prison à la retraite Jacques Vanasse.

Quatre employés de Services correctionnels Canada ont accepté de parler de leurs expériences à CBC.

Ces employés ont tous dit craindre les représailles ou un licenciement pour s'être adressés aux médias.

Selon le rapport interne, environ 30 % des agents correctionnels de l'établissement Nova sont en arrêt de travail.Selon le rapport interne, environ 30 % des agents correctionnels de l'établissement Nova sont en arrêt de travail. Photo : Radio-Canada / CBC

Une chasse aux sorcières

Dans les évaluations, les employés disent vivre dans la peur de faire l'objet d'une enquête interne.

Ils ont l'impression d'être évalués pour chaque petite infraction.

Ils considèrent les enquêtes internes comme des chasses aux sorcières destinées à blâmer les employés et que ces enquêtes sont le seul moyen utilisé par l'équipe de gestion pour porter attention [aux agents correctionnels], écrit Jacques Vanasse dans son rapport sur la prison de Springhill.

Les deux rapports dressent une liste faisant état de plusieurs autres problèmes comme des questions de sécurité, des politiques ignorées, du favoritisme, un manque de mesures pour le retour au travail des employés et un climat général de peur.

Lorsque questionnée pour déterminer si cette peur était perçue ou réelle, la majorité a répondu que la peur était très réelle en citant des exemples de représailles, de harcèlement et d'intimidation en milieu de travail, écrit le responsable de prison à la retraite.

Recommandations

Plusieurs recommandations sont énumérées dans les deux rapports, notamment l'embauche de consultants en gestion de conflits et la priorisation de la discussion plutôt que le déclenchement d'une enquête interne pour chaque incident.

Il suggère également qu'une assistance soit fournie à la prison Nova pour régler son problème de pénurie d'employés.

Dans une déclaration écrite, Services correctionnels Canada indique prendre très au sérieux les résultats du rapport et s'engager à répondre aux préoccupations.

Réaction du syndicat

Jeanette Manuel-Allain du Syndicat des employés de la Sécurité et de la Justice n'est pas surprise par les conclusions des rapports.Jeanette Manuel-Allain du Syndicat des employés de la Sécurité et de la Justice n'est pas surprise par les conclusions des rapports. Photo : Radio-Canada

La représentante du Syndicat des employés de la Sécurité et de la Justice, Jeannette Manuel-Allain, dit que l'équipe de direction de la prison Nova a été mise au courant des préoccupations des employés à plusieurs reprises.

De l'avoir écrit noir sur blanc dans le rapport, je pense, confirme ce que nous avons précédemment soulevé et ils ne peuvent maintenant plus l'ignorer, dit-elle.

Le Syndicat des agents correctionnels du Canada n'a pas voulu commenter.

Avec les informations d'Angela MacIvor, CBC

Nouvelle-Écosse

Relations de travail