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Des élus canadiens en Chine pour réclamer la libération des Canadiens détenus

Michael Kovrig (à gauche) et Michael Spavor (à droite) ont été arrêtés par les autorités chinoises.
Michael Kovrig (à gauche) et Michael Spavor (à droite) ont été arrêtés par les autorités chinoises. Photo: La Presse canadienne/Twitter
Radio-Canada

Une délégation parlementaire est en Chine cette semaine pour réclamer la libération de Michael Spavor et Michael Kovrig, a fait savoir mardi la ministre des Affaires étrangères, Chrystia Freeland.

Les deux Canadiens sont détenus dans le pays depuis plus de cinq mois en raison d’infractions alléguées liées à la sécurité nationale. Ils ont été formellement arrêtés la semaine dernière.

Experts et ex-diplomates estiment plutôt que les deux hommes sont victimes de mesures de rétorsion, après que le Canada eut accepté, à la demande des États-Unis, de procéder à l’arrestation de la numéro 2 de Huawei, Meng Wanzhou.

En entrevue à l’émission de CBC Metro Morning mardi matin, la ministre Freeland a indiqué que la délégation canadienne qui s’est rendue en Chine est dirigée par son secrétaire parlementaire, Rob Oliphant.

Rob a soulevé le dossier des Canadiens détenus. Il est vraiment important que les Chinois nous entendent directement. […] C’est une situation épouvantable et il est clair pour nous que ces deux hommes sont détenus arbitrairement.

Chrystia Freeland, ministre des Affaires étrangères du Canada

La ministre des Affaires étrangères a précisé qu’elle avait tenté de discuter de l’affaire avec son homologue Wang Yi, mais en vain. Le premier ministre Trudeau n’a pas parlé du dossier avec le président chinois Xi Jinping non plus, a-t-elle précisé.

Les États-Unis, qui sont engagés dans un litige commercial avec la Chine, ont toutefois pu discuter du sort des deux hommes avec des représentants chinois, comme le leur avait demandé M. Trudeau, a affirmé Mme Freeland.

« Dans les premières étapes d’un affrontement, il semble que la pratique chinoise est d’éviter les rencontres de haut niveau », a commenté la ministre, avant d’admettre que les relations entre le Canada et la Chine sont « très difficiles » à l’heure actuelle.

De passage à l'aluminerie Alouette, à Sept-Îles, le premier ministre Trudeau n'a pas directement confirmé les dires de sa ministre des Affaires étrangères.

« Nous continuons nos efforts diplomatiques, nos efforts [pour discuter] avec les autorités chinoises pour assurer que les Canadiens soient bien traités, qu’ils soient éventuellement relâchés, parce que c’est une détention arbitraire qui se fait pour des raisons politiques », a-t-il dit.

La Chine pose des gestes plus forts qu'elle ne l'a fait jusqu'ici, pour tenter de faire les choses à sa façon sur la scène internationale, et les pays occidentaux et les démocraties du monde se rassemblent pour montrer que ce n'est pas quelque chose que nous allons continuer de permettre.

Justin Trudeau, premier ministre du Canada

Selon Pékin, Michael Kovrig, un diplomate en congé sabbatique qui travaillait pour l'International Crisis Group, est suspecté d'avoir « recueilli des secrets d'État et des renseignements à destination de l'étranger ».

Michael Spavor, qui dirige une organisation favorisant les échanges culturels et commerciaux avec la Corée du Nord, est soupçonné quant à lui d'avoir « volé et transmis illégalement des secrets d'État à destination de l'étranger ».

Les deux Canadiens sont détenus à un endroit qui n'a pas été divulgué publiquement.

L'ex-ambassadeur canadien en Chine, John McCallum, a soutenu cet hiver qu'ils étaient interrogés par les autorités chinoises jusqu’à quatre heures par jour et qu'ils ne pouvaient pas contacter d’avocat.

Des diplomates canadiens ont pu rendre des visites consulaires aux deux hommes à sept reprises depuis qu'ils sont détenus. Les dernières visites ont eu lieu au début de la semaine dernière.

Mme Meng, qui est soupçonnée par Washington d'avoir violé des sanctions américaines contre l'Iran, attend quant à elle la suite des procédures dans son dossier dans une riche résidence qu'elle possède à Vancouver.

Elle a dû verser 10 millions pour obtenir sa liberté sous caution.

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