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La décrue dévoile pollution, débris et ordures

Les sacs de sable sur une clôtures de la rue Jacques Cartier à Gatineau.
Les sacs de sable empilés pour aider à tenir les eaux de l'inondation à distance des maisons sont maintenant empilés sur le sol et suspendus aux clôtures de la rue Jacques Cartier à Gatineau. Photo: Radio-Canada / Christian Milette
Radio-Canada

La décrue, qui risque d'être longue en Outaouais et dans la région d'Ottawa, laisse derrière elle débris et détritus bien visibles. Mais elle transporte également des contaminants et des polluants qui diminuent la qualité des cours d'eau, selon Patrick Nadeau, directeur général de Garde-rivière des Outaouais.

La pollution peut provenir autant des résidences que des industries, des petites entreprises, des entrepôts ou des véhicules qui ont été submergés. La contamination peut aussi venir des médicaments et d'autres produits pharmaceutiques qui se retrouvent dans l’eau.

Le directeur général de Garde-rivière des Outaouais a précisé, lors d’une entrevue à l’émission Les matins d’ici, que les inondations — comme phénomènes naturels — peuvent être utiles pour l'environnement.

Ce ne sont pas les inondations le problème. Dans un milieu naturel, elles distribuent des nutriments et des sédiments. Mais dans un milieu habité, les eaux sont en contact avec des contaminants, des égouts, des champs d’épuration, des hydrocarbures. Tout ça se retrouve dans nos cours d’eau, a-t-il expliqué.

Les sacs de sable seront retirés sur l’autoroute 50 en direction ouest entre le pont des Draveurs et l’échangeur des autoroutes 5 et 50. Les travaux commenceront mercredi à 9 h 30. Une voie sera alors fermée à la circulation. Les trois voies seront rouvertes en direction ouest avant 5 h jeudi.

Les effets environnementaux des inondations vont se mesurer au cours des prochaines semaines, selon M. Nadeau. C’est difficile d’évaluer le niveau de contamination en temps réel, parce que les débits d’eau sont exceptionnels. Donc, même si l’on essayait de tester la qualité de l’eau, ça serait très difficile d’obtenir un portrait juste de la situation, a-t-il ajouté.

Ce qui a été emporté par les flots — hydrocarbures, contamination bactériologique —, il n’y a pas grand-chose à faire.

Patrick Nadeau, directeur général de Garde-rivière des Outaouais

De son côté, le ministère de l'Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques se veut rassurant. Les contaminants provenant de l’inondation des terres sont souvent dilués dans l’importante quantité d’eau, a précisé un porte-parole dans un courriel.

Les sacs de sable

Par ailleurs, la Ville de Gatineau organisera une grande corvée en juin afin d’aider au ramassage et au nettoyage des sacs de sable. Les détails seront communiqués au public prochainement.

Patrick Nadeau a rappelé que ces sacs ne doivent pas se retrouver dans la rivière. Le sable ne doit pas se retrouver dans la rivière, pas seulement parce qu’il a été contaminé, mais bien parce que le sable pourrait venir étouffer des milieux naturels, a-t-il souligné.

L'île Kettle, un endroit névralgique

L'organisme Garde-rivière des Outaouais concentrera ses efforts sur l'île Kettle, une zone fragile, d'après Patrick Nadeau. L'île est située au milieu de la rivière des Outaouais, à la hauteur du Musée de l'aviation du Canada.

L’île Kettle [est] un endroit seulement accessible en bateau et qui va avoir nécessairement accumulé beaucoup de déchets, sera un site visité prioritairement, dès que le niveau des eaux va le permettre, a soutenu M. Nadeau.

Vers la fin juin, une équipe sera déployée à cet endroit, puisqu'une grande quantité de déchets s’y était amassée lors des inondations de 2017.

Le niveau de la rivière des Outaouais reste élevé dans une rue résidentielle.Même si la Cité de Clarence-Rockland reste en état d'urgence en raison des inondations, le conseil municipal réfléchit déjà au nettoyage. Photo : Radio-Canada

Clarence-Rockland en mode nettoyage, malgré l'état d'urgence

Dans l’Est ontarien, la Cité de Clarence-Rockland compte adopter une résolution mercredi soir pour enlever les frais pour les sinistrés qui ont des déchets sur leur lot. Ils peuvent amener ça au dépotoir sans frais, explique le maire Guy Desjardins.

Il compte aussi proposer qu’il n’y ait aucuns frais de démolition, aucun permis nécessaire si un propriétaire veut détruire sa résidence en raison des dégâts causés par les inondations.

En 2017, Clarence-Rockland avait embauché une entreprise pour ramasser 125 000 sacs au coût de 350 000 $. La Cité doit maintenant se départir de 270 000 sacs, soit plus du double.

Le maire Desjardins souhaite que le gouvernement ontarien fournisse une aide financière. Il a d’ailleurs été convoqué la semaine prochaine à une rencontre à ce sujet avec d’autres délégués et le ministre provincial de l’Environnement.

On ne peut pas se permettre de payer ça de notre budget. Il faut avoir de l’aide.

Guy Desjardins, maire de la Cité de Clarence-Rockland

Le conseil de Clarence-Rockland évaluera différentes options, notamment celle de demander l’aide de bénévoles et d’organismes d’entraide pour déplacer les sacs. Il ne faudra cependant pas compter sur les Forces canadiennes dont ce n’est pas le mandat.

Avec les informations de Gilles Taillon

Ottawa-Gatineau

Incidents et catastrophes naturelles