•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

De nombreux manifestants défendent le droit à l'avortement aux États-Unis

Plusieurs manifestants lèvent le poing ou brandissent des pancartes.

Des centaines de personnes, dont le leader de la minorité démocrate au Sénat Charles Schumer (au lutrin), ont manifesté mardi devant l'édifice de la Cour suprême des États-Unis pour défendre la légalité de l'avortement.

Photo : Getty Images / Tasos Katopodis

Agence France-Presse

« Très inquiets », mais déterminés à « se battre », des Américains manifestaient mardi pour défendre le droit à l'avortement qui, 46 ans après avoir été validé par la Cour suprême des États-Unis, est attaqué frontalement par plusieurs États conservateurs.

Plusieurs centaines de personnes se sont réunies à la mi-journée devant la haute cour à Washington pour dénoncer les lois d'une quinzaine d'États, dont l'Alabama et la Georgie, interdisant ou limitant considérablement l'accès aux interruptions volontaires de grossesse.

Ce n'est pas un jeu : l'accès à l'avortement est en danger. Aujourd'hui, il faut descendre dans la rue pour défendre notre liberté sur les questions de reproduction.

L'Union américaine pour les libertés civiles (ACLU), qui figure parmi les organisateurs

Dénonçant « une guerre contre les femmes », les manifestants – dont de nombreux prétendants démocrates à la Maison-Blanche – ont imploré les neuf juges du temple du droit américain de ne pas céder à cette offensive inédite.

« Il faut que la Cour suprême respecte Roe c. Wade », a déclaré Judy Gelber, 61 ans, en référence à l'arrêt historique de 1973 qui a légalisé le droit des femmes à avorter tant que le foetus n'est pas viable (vers la 24e semaine).

Mais « je suis très inquiète », a ajouté cette mère de deux enfants en confiant à l'AFP avoir subi un avortement dans sa jeunesse. « Je ne sais pas comment j'aurais fait si cela n'avait pas été légal. »

C'est une « catastrophe », a renchéri Robin Pereira, 23 ans, qui se dit « furieuse et déçue » mais « pas surprise ».

Après l'élection de Donald Trump, on savait qu'ils grignoteraient nos libertés dans le domaine de la reproduction.

Robin Pereira, manifestante
Une main tient deux cintres.

Plusieurs manifestants brandissaient des cintres, comme ici dans East Vilklage, à New York.

Photo : Getty Images / AFP / Timothy A. Clary

Des États légifèrent contre l'avortement

Pendant sa campagne, le milliardaire républicain a conquis la droite religieuse en promettant de nommer à la Cour suprême uniquement des juges hostiles aux avortements. Depuis son élection, il a fait entrer deux magistrats à la haute Cour, ce qui a placé les progressistes en minorité (quatre juges sur neuf).

Galvanisés par ce remaniement, plusieurs États ont adopté des lois réprimant sévèrement l'avortement, dans le but affiché de fournir une occasion à la Cour de revenir sur sa décision de 1973.

L'Alabama est allé le plus loin dans cette logique. Une loi, promulguée la semaine dernière, assimile l'avortement à un homicide et prévoit des peines pouvant aller jusqu'à 99 ans de prison pour les médecins. Il prévoit une dérogation en cas de danger vital pour la mère, mais pas en cas de viol ou d'inceste.

Dans la même veine, le Kentucky et le Mississippi, parmi d'autres, ont interdit l'avortement dès que les battements du coeur du foetus peuvent être détectés (vers six semaines de grossesse) tandis que le Missouri l’a interdit dans les derniers jours à partir de huit semaines de grossesse.

Pour le manifestant Zak Butterfield, 45 ans, il faut désormais « mettre les bonnes personnes au Sénat et à la Maison-Blanche ».

Je suis très inquiet : des protections que nous pensions acquises depuis près de 50 ans pourraient très bien disparaître.

Zak Butterfield, manifestant

Selon la Constitution, le président américain nomme à vie les juges de la Cour suprême et ils sont ensuite confirmés par le Sénat. Deux juges progressistes étant octogénaires, un second mandat de Donald Trump pourrait ancrer durablement la haute juridiction dans le conservatisme.

Tout en se disant « profondément pro-vie » en référence au terme retenu par les opposants à l'avortement pour décrire leur combat, le président Trump a dit souhaiter des « exceptions en cas de viol, d'inceste ou de danger pour la mère ».

Le sujet devrait occuper une place importante dans la campagne en vue de la présidentielle de 2020. Deux tiers des Américains pensent que l'avortement doit être légal, selon une étude de l'institut Pew Center réalisée en 2018.

Mme Gillibrand pose devant l'édifice de la Cour suprême, avec une pancarte réclamant de protéger la sécurité et la légalité des avortements.

La sénatrice Kirsten Gillibrand, candidate à l'investiture démocrate en vue de l'élection présidentielle, a participé à la manifestation à Washington.

Photo : Reuters / Kevin Lamarque

Plusieurs candidats à la primaire démocrate, dont Amy Klobuchar et Pete Buttigieg, ont d’ailleurs participé au rassemblement à Washington.

« Nous allons nous battre » pour « ces droits de la personne essentiels », a déclaré l'une de ces prétendantes, la sénatrice Kirsten Gillibrand.

D'autres manifestations étaient prévues mardi dans tout le pays, notamment en Californie et à New York, mais aussi dans le sud religieux et conservateur, la fameuse Bible Belt.

Politique américaine

International