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Un propriétaire de zoo accusé de cruauté envers les animaux

Le propriétaire du Zoo de Saint-Édouard-de-Maskinongé, Normand Trahan, avec un bébé lion blanc.
Le propriétaire du Zoo de Saint-Édouard-de-Maskinongé, Normand Trahan, avec un bébé lion blanc. Photo: Radio-Canada / Josée Ducharme
Radio-Canada

Le propriétaire du Zoo de Saint-Édouard, en Mauricie, fait face à des accusations criminelles de cruauté et de négligence envers les animaux. Selon la SPCA de Montréal, ce serait la première fois au Canada qu'un propriétaire de zoo fait face à de telles accusations.

Une vingtaine d’agents de la SPCA de Montréal et de la Humane Society International (HSI) procèdent depuis mardi matin à des perquisitions sur le site du Zoo, situé dans la petite municipalité de Saint-Édouard-de-Maskinongé.

Une équipe de médecine vétérinaire est notamment sur les lieux pour vérifier l’état de santé des animaux et leur prodiguer des soins au besoin.

La centaine d’animaux sauvages et exotiques seront déplacés vers des sanctuaires et refuges pour animaux partenaires de HSI un peu partout en Amérique du Nord.

Des lions, des tigres, des loups, des primates et des kangourous font notamment partie des animaux qui résident au Zoo de Saint-Édouard.

Aucun animal ne semble pour le moment requérir l’euthanasie.

« Nous avons été profondément troublés et perturbés par cet établissement »

En point de presse mardi après-midi, des porte-parole de la SPCA de Montréal et de la HSI ont donné des précisions sur les perquisitions au Zoo de Saint-Édouard.

Me Sophie Gaillard de la SPCA de Montréal s’adresse aux médias.

La directrice de la défense des animaux de la SPCA de Montréal, Me Sophie Gaillard, a précisé en conférence de presse que l'enquête criminelle sur le Zoo de Saint-Édouard a commencé en août 2018. Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

C’est sans l’ombre d’un doute l’opération de sauvetage la plus complexe que nous avons entreprise au Canada, a déclaré Rebecca Aldworth, directrice générale de HSI/Canada, un organisme habitué aux opérations de sauvetage à grande échelle.

L’opération de sauvetage pourrait durer quelques semaines, le temps de trouver des installations adéquates pour les animaux secourus.

Sa collègue Ewa Demianowicz a décrit ce que les agents de la SPCA et de HSI avaient vu jusqu’à présent. On a vu des conditions de garde inadéquates, des animaux qui ne semblaient pas avoir accès à de l’eau ou de la nourriture, des installations délabrées, des animaux qui semblaient avoir besoin de soins vétérinaires.

Une première saisie en octobre 2018

L’enquête criminelle de la SPCA de Montréal a commencé en août 2018. Une première visite des lieux a été menée à cette époque.

Des chèvres de montagne se tiennent dans un enclos dont le sol est recouvert de branches.L'enclos des chèvres de montagne était jonché de débris de bois et de branches cassées. Photo : Ivanoh Demers

Un premier mandat de perquisition a été exécuté en octobre 2018. Nous avons saisi deux alpagas en mauvais état et quatre cadavres d’animaux, deux tigres et deux oiseaux, a spécifié Me Sophie Gaillard, directrice de la défense des animaux de la SPCA de Montréal.

Les derniers mois ont permis à la SPCA de peaufiner son enquête et de prendre contact avec un procureur pour le dépôt des accusations contre Normand Trahan.

Normand Trahan accusé

Normand Trahan a été arrêté à son domicile mardi matin par des agents de la SPCA et de la Sûreté du Québec (SQ). Il a comparu au palais de justice de Trois-Rivières et a été remis en liberté jusqu’à sa prochaine comparution, le 21 juin prochain.

À ma connaissance, il opère en vertu de tous les permis en matière de faune et du MAPAQ depuis une trentaine d'années, a souligné l'avocat de Normand Trahan, Me Michel Lebrun. Il prévoyait ouvrir [le zoo] cette semaine. Il a toujours collaboré avec les autorités. 

Deux hommes marchent sur un trottoirNormand Trahan (à gauche, accompagné de son avocat) n'a pas voulu faire de commentaires à sa sortie du palais de justice de Trois-Rivières. Photo : Radio-Canada / Vincent Bonnay

S’il était reconnu coupable de négligence ou de cruauté envers les animaux, il pourrait être passible d’une peine d’emprisonnement de cinq ans et pourrait ne plus pouvoir posséder d’animaux à vie.

L’arrestation de Normand Trahan fait suite à une enquête criminelle de la SPCA de Montréal, commencée en août 2018. Un signalement du public a incité l’organisme à s’intéresser au Zoo de Saint-Édouard.

Selon la SPCA de Montréal, il s’agit de la première fois au Québec qu’une poursuite criminelle pour cruauté animale est intentée.

Le Zoo de Saint-Édouard est en vente depuis quelques années. Normand Trahan, propriétaire du Zoo depuis 1989, voulait prendre sa retraite.

La saison estivale du Zoo devait commencer le week-end prochain.

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