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L'OCDE revoit sa prévision de croissance à la baisse, sur fond de tensions commerciales

Un homme portant un dossard jaune et un casque de construction est accoudé sur une passerelle surélevée. Au sol, des centaines de conteneurs sont empilés.
Un responsable des grues au port de Mount Pleasant, en Caroline du Sud, regarde des piles de conteneurs. Photo: Reuters / Randall Hill
Agence France-Presse

L'OCDE a appelé mardi les États à éviter « d'urgence » une guerre commerciale, sur fond de passes d'armes entre Chine et États-Unis, et à unir leurs efforts pour redynamiser l'économie mondiale, qui devrait croître de 3,2 % cette année, une prévision revue à la baisse par l'institution basée à Paris.

« Les gouvernements doivent agir d'urgence pour redynamiser une croissance dont tout le monde bénéficierait », a indiqué l'Organisation pour la coopération et le développement économiques (OCDE) dans ses prévisions publiées à l'occasion de sa réunion annuelle à Paris mercredi et jeudi.

Face aux risques de guerre commerciale, l'institution a appelé les États à « régler les conflits [...] via une plus grande coopération internationale, tout en améliorant le cadre juridique international », dans une allusion implicite à la réforme de l'Organisation mondiale du commerce (OMC).

Le message de l'institution est d'autant plus urgent qu'elle envoie une alerte sur les risques pour la croissance mondiale « d'obstacles supplémentaires au commerce qui feraient du tort aux investissements, aux salariés et aux consommateurs ».

À l'image du FMI, qui a appelé en avril l'Allemagne à relancer la croissance en Europe, l'OCDE a aussi invité les pays disposant de marge de manoeuvre budgétaire à « investir dans les infrastructures », mais sans citer explicitement Berlin.

En zone euro, elle recommande notamment de « combiner des mesures structurelles et budgétaires pour relancer l'activité ».

Outre la guerre commerciale, l'institution basée à Paris s'inquiète d'un éventuel « ralentissement marqué en Chine qui pourrait avoir des répercussions partout dans le monde », ainsi que l'augmentation de la dette privée.

Face à ces risques, l'OCDE a abaissé une nouvelle fois sa prévision pour la croissance mondiale à 3,2 %, contre 3,3 % en mars, soit 0,3 point de moins qu'à la fin de l'année dernière. En revanche, elle a maintenu le léger rebond attendu pour l'an prochain à 3,4 %.

Des tensions commerciales qui accroissent l'incertitude

Ces prévisions ne prennent pas directement en compte les récentes passes d'armes entre la Chine et les États-Unis autour des droits de douane et du géant technologique Huawei.

Il demeure une forte incertitude sur la durée pendant laquelle [les taxes douanières] resteront en place et sur l'évolution à venir de la relation commerciale entre les deux pays.

une source de l'OCDE à l'AFP

En revanche, « l'augmentation de l'incertitude liée aux tensions commerciales dans les mois passés, y compris autour de l'éventualité de ce relèvement de droits de douane jusqu'à leur annonce, est incorporée dans les projections », a-t-elle souligné.

« Or ce climat d'incertitude est un facteur important des effets dommageables des tensions commerciales, en particulier sur l'investissement et la confiance des entreprises », a-t-elle prévenu.

Malgré ce contexte, l'organisation a relevé ses prévisions pour les États-Unis à 2,8 % cette année, soit 0,2 point qu'en mars, mais elle s'attend à un léger recul de la première économie mondiale à 2,3 % l'an prochain.

L'OCDE prévoit une croissance de 1,3 % pour l'économie canadienne en 2019, en baisse de 0,2 point de pourcentage par rapport à mars, et de 0,9 point depuis novembre 2018. Elle maintient toutefois sa prévision de croissance pour 2020 à 2 %.

Pour la Chine, pas de changement. L'OCDE table toujours sur un ralentissement à 6,2 % cette année et 6 % l'an prochain.

En Europe, l'institution a maintenu sans changement sa prévision pour la zone euro à 1,2 %, tout en maintenant l'Allemagne à 0,7 % cette année et à 1,1 % pour l'an prochain.

Pour la France, elle n'a pas changé non plus sa prévision à 1,3 % pour cette année et la prochaine, soit légèrement moins que la prévision du gouvernement (1,4 %).

Elle revoit toutefois à la hausse la tendance pour l'Italie, dont la croissance devrait être nulle cette année et non de -0,2 %. En 2020, ce pays devrait rebondir à 0,6 % (+0,1 point).

Pour le Royaume-Uni, dont l'économie fait face aux incertitudes du Brexit, l'OCDE a relevé ses prévisions de 0,8 % à 1,2 % cette année.

Dans les pays émergents, l'OCDE table cette année sur une croissance de 1,4 % au Brésil (-0,5 point), 7,2 % pour l'Inde (sans changement) et 1,2 % pour l'Afrique du Sud (-0,5 point).

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