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Une « abeille gatinoise » en devenir

Une abeille butine les fleurs d'un arbre sous un ciel bleu, par une belle journée de printemps.

Une abeille butine les fleurs d'un arbre.

Photo : Getty Images / Mark Kolbe

Dereck Doherty

Alors que les populations d'abeilles sont en déclin au Québec, des apiculteurs gatinois mettent en place des programmes afin de préserver ces insectes pollinisateurs et ont pour but de développer une « abeille gatinoise ».

C’est ce qu’a indiqué Pablo Berlanga, président du Collectif Apicentris, en entrevue à l’émission Les matins d’ici, dans le cadre de la Journée mondiale des abeilles, lundi.

Fait unique à Gatineau, on a réussi à faire lever l’interdiction [d'avoir des abeilles sur nos terrains], mais aussi à développer un programme d’encadrement à l’apiculture, ce qui nous permet d’avoir un recensement de tous les propriétaires de ruches à Gatineau.

L’accès à ces données soutient l’élaboration d’un programme communautaire qui permet aux apiculteurs de collaborer les uns avec les autres. Les apiculteurs ont tendance à travailler en solitaires, mais, à Gatineau, ce qui est vraiment unique, c’est qu’on peut tous travailler ensemble.

Cette collaboration mènera éventuellement au développement d’une abeille gatinoise plus résistante aux parasites et aux pathogènes, notamment en favorisant la reproduction des abeilles mieux adaptées au climat nordique et au varroa, parasite principal touchant les abeilles.

Ces abeilles plus résistantes seront ensuite reproduites afin d’améliorer le bagage génétique du cheptel d’abeilles du territoire de Gatineau. Cela s’inscrit dans un effort de trouver des solutions aux problèmes auxquels font face les populations d’abeilles partout dans le monde.

Des pertes « énormes »

Le taux annuel de pertes d’abeilles est de 25 % au Québec, sensiblement les mêmes chiffres qu’au reste du Canada et en Amérique du Nord. Ces chiffres-là ont tendance à augmenter d’année en année, selon M. Berlanga.

Pis encore, il a signalé qu’il connaît de nombreux apiculteurs commerciaux qui connaissent des taux de pertes d’abeilles au-delà de 50 %, commentant que c’est énorme.

Certaines mesures ont été mises en place dans des juridictions comme en Europe, où tous les néonicotinoïdes, produits utilisés pour protéger les pousses avec des pesticides, sont bannis. Même au Québec, des démarches en ce sens sont entreprises.

Ces produits-là sont très mauvais pour les abeilles, ça a été amplement démontré par plusieurs études, a souligné M. Berlanga, qui a ajouté que beaucoup de travail reste à faire au Canada pour limiter l’utilisation des néonicotinoïdes.

Par ailleurs, l’organisme à but non lucratif Apicentris a collaboré avec la Ville de Gatineau dans le cadre d’un projet de loi au cours des deux dernières années afin de favoriser la mise en place de ruches en milieu urbain.

La réponse à ce projet est extrêmement favorable. On est plus que satisfaits, en fait on est même un peu submergés par la demande, a expliqué M. Berlanga. Ça a été un succès complet. Tout s’est très bien passé, a-t-il dit.

Tout citoyen gatinois qui dispose d’un terrain assez grand peut avoir des abeilles, a tenu à rappeler M. Berlanga.

Ottawa-Gatineau

Faune et flore