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La braderie des Soeurs de Sainte-Anne grandement courue

Vide-grenier des Soeurs de Sainte-Anne, les objets religieux ont facilement trouvé preneur.

Les objets religieux ont facilement trouvé preneur, dimanche, lors du vide-grenier des Soeurs de Sainte-Anne.

Photo : Radio-Canada

La Presse canadienne

La braderie qui s'est déroulée samedi et dimanche à la maison mère de la congrégation des soeurs de Sainte-Anne ressemblait en bien des façons aux dizaines d'autres qui ont eu lieu dans la région montréalaise, mais peu peuvent autant se vanter d'être au coeur de l'histoire.

Tout au long du week-end, curieux et chasseurs de bonnes affaires ont butiné de table en table pour examiner livres, meubles, plantes, articles électroniques et oeuvres d'art tant religieux que profanes, tout ce qu'un couvent vieux de 110 ans peut renfermer.

La soeur Céline Dupuis a raconté que la maison mère de la congrégation située dans l'arrondissement de Lachine compte des centaines de pièces et est devenue beaucoup trop grande pour les religieuses, dont la moyenne d'âge est de 87 ans.

Le couvent a déjà compté 315 religieuses. Aujourd'hui, elles ne sont plus 180, a-t-elle dit. Sr Dupuis, qui à 76 ans est l'un des plus jeunes, soutient que l'endroit est devenu trop grand pour qu'elles puissent s'en occuper correctement.

Elles se préparent à déménager dans un immeuble plus petit qui sera construit à proximité.

Selon la religieuse, plusieurs des objets accumulés au fil des ans étaient plus anciens que le couvent lui-même.

La congrégation existe depuis 1850; on avait une véritable collection.

Soeur Céline Dupuis

Dimanche, il était difficile de se déplacer parmi la foule qui défilait dans les salles du couvent. La veille, l'endroit avait accueilli environ 5000 personnes; certaines d'entre elles ont même patienté jusqu'à une heure avant d'entrer à l'intérieur, a indiqué une porte-parole de la congrégation Sophie Marsolais.

Selon Sr Dupuis, plusieurs des objets ordinaires mis en vente étaient comme autant de boîtes à souvenirs.

Comme les valises. Jadis, chaque religieuse recevait une grande valise contenant toutes ses possessions terrestres quand elle était envoyée en mission autour de la planète.

« J'ai souvent dit que nous étions comme des soldats. On pouvait nous envoyer partout », a-t-elle dit.

Des crucifix à vendre au temps de la laïcité

Elle s'est réjouie de constater que les objets les plus populaires étaient les statues religieuses et les crucifix qui « sont partis très vite ».

À une époque où le gouvernement québécois cherche à interdire le port de signe religieux pour les personnes en position d'autorité, elle n'était pas certaine si ces objets soulevaient l'intérêt des acheteurs.

Avec la loi sur laïcité, on pense que tout le monde veut retirer tout signe religieux, alors que c'est faux. Il y en a beaucoup qui y tiennent, qui en veulent.

Sr Dupuis

Les religieuses demeureront encore deux autres années dans l'actuelle maison mère avant de devenir des locataires dans l'immeuble qui les accueillera.

Elles ont décidé de vendre leur vaste couvent à une organisation communautaire qui le transformera en logements sociaux et abordables. Quant au terrain tout autour, il sera transformé en parc municipal.

Céline Dupuis n'a pas dévoilé le prix de la vente du couvent, se contentant de dire que la congrégation avait accepté de le céder à un prix inférieur au marché.

D'autres objets plus précieux, comme une collection de meubles en bois, seront vendus à l'occasion d'un encan qui se déroulera en juin. Certains objets seront donnés à des églises ou des musées.

Les religieuses procéderont aussi à d'autres braderies ou d'autres encans après leur déménagement.

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