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Inde : la coalition du premier ministre Modi en tête des élections

Des électeurs font la file pour aller voter lors de la septième et ultime journée de vote aux élections générales indiennes. Photo: AFP / Narinder Nanu
Radio-Canada

Au terme d'une période de vote qui s'est échelonnée sur six semaines, les Indiens semblent avoir choisi la continuité en reportant au pouvoir leur premier ministre Narendra Modi, selon des sondages menés à la sortie des urnes dimanche, ultime jour de scrutin.

La Coalition que dirige le premier ministre obtiendrait, selon des projections, 285 sièges sur les 545 de la Chambre. D’autres estimations poussent même jusqu’à 306 le nombre de sièges que gagneraient sa formation et celles avec qui elle s’aligne.

Les résultats officiels seront comptabilisés seulement à partir de jeudi. Les projections effectuées à partir des sondages à la sortie des urnes ne donnent qu’un aperçu bien imparfait dans ce pays de 900 millions d’électeurs.

Dimanche, la toute dernière phase de vote s’est déroulée sous haute surveillance, notamment dans l’état du Bengale-Occidental, où des violences ont éclaté dans la dernière semaine. La sécurité a été renforcée à Calcutta, avec 57 000 policiers déployés et plus de 400 équipes d’intervention rapide placées en état d’alerte.

Le scrutin s’est étalé sur sept phases à travers le deuxième plus populeux pays de la planète, considéré toutefois comme la première démocratie mondiale – la Chine ne tenant pas d’exercice démocratique comparable.

Le marathon électoral, qui a débuté le 11 avril, a duré 39 jours et visait à renouveler le gouvernement, dirigé depuis 2014 par Narendra Modi et son parti nationaliste Bharatiya Janata Party (BJP).

Des villages en haute altitude du Ladakh jusqu'à la poussiéreuse plaine du Gange en passant par les mégapoles polluées, la participation s'est établie à 66 % aux six premières phases du scrutin, un niveau habituel pour ces élections qui constituent un temps fort de la vie de la troisième économie d'Asie.

Une société divisée

Un défilé politique dans une ville indienne.Des leaders du parti du Congrès défilent à Varanasi dans le dernier sprint de la campagne. Photo : AFP / Amar Deep

Polarisée comme rarement, la société indienne aurait pu faire le choix du Congrès national indien, formation historique ayant compté parmi ses grands leaders Gandhi et Nehru. Rahul Gandhi mène le parti qui doit composer avec la division du vote entre plusieurs plus petits partis régionaux.

Mais le premier ministre sortant, qui souhaite obtenir un deuxième mandat, a pratiqué une ultrapersonnification du pouvoir et fait de ces élections législatives un quasi-référendum sur sa personne.

Doté d'un sens politique redoutable, ce charismatique fils d'un vendeur de thé du Gujarat a fait campagne sur une rhétorique sécuritaire, au détriment du message de développement économique promu lors de son élection initiale.

Deux semaines avant le début du vote, une crise avec le Pakistan à la suite d’un acte terroriste au Cachemire ayant fait une quarantaine de morts a permis à M. Modi de se présenter comme le garant de la sécurité nationale, lorsqu’il a ordonné des représailles militaires sans précédent depuis le début des années 70.

Au lieu de défendre son bilan, Narendra Modi « a joué sur [les] insécurités [des Indiens] et fait vibrer [leurs] peurs intérieures profondes », a affirmé dimanche le commentateur politique Karan Thapar dans les colonnes du quotidien Hindustan Times.

D'après l'éditorialiste, cette stratégie politique a permis au premier ministre d'occulter ses performances décevantes quant à des sujets pressants comme la crise rurale ou le chômage.

« Le niveau de la politique indienne a gravement baissé », a pour sa part déclaré Asit Banerjee, professeur d'histoire de Calcutta, en se rendant au bureau de vote.

Les analystes doutent que Narendra Modi, 68 ans, parvienne à réitérer son exploit de 2014 en obtenant la majorité absolue avec son seul parti. Il pourrait devoir former une coalition pour se maintenir à son poste, ce qui constituerait un retour à la norme pour la politique indienne.

« Au cours des cinq prochaines années, je voudrais que le gouvernement se concentre sur le système éducatif. Le niveau de l'éducation doit être rehaussé. Pour le reste, je pense que le gouvernement actuel a fait un bon travail », a témoigné Shailaesh Gupta, un électeur de Varanasi.

Narendra Modi et Rahul Gandhi ont tous deux sillonné l'Inde à un rythme effréné, échangeant des insultes à distance presque quotidiennement. M. Modi a tenu au total 142 rassemblements durant la campagne, parfois même jusqu'à 5 par jour.

Avec les informations de Agence France-Presse, et Reuters

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