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En quête d'un 4e mandat, Evo Morales fait fi de la constitution bolivienne

Un homme portant une chemise aux manches retroussées et un foulard multicolore danse avec des Boliviens en tenues traditionnelles.
Le président bolivien sortant Evo Morales lors d'un rassemblement pour sa réélection Photo: Getty Images / Noah Friedman-Rudovsky
Radio-Canada

Le président bolivien Evo Morales a lancé la campagne pour sa réélection samedi dans une région productrice de coca en pleine controverse puisque cette possible réélection va à l'encontre de la constitution du pays.

Evo Morales avait proposé en 2016 d’amender la constitution pour lui permettre de servir lors d’un quatrième mandat, mais la proposition avait été rejetée. Il s’est ensuite tourné vers les tribunaux qui l’ont autorisé à présenter sa candidature puisque l’empêcher violerait ses droits de la personne.

Lors d’un discours devant des milliers de personnes dans la province de Chapare, M. Morales a promis de construire des usines en milieu rural et de maximiser le potentiel de la Bolivie comme producteur de lithium.

« Nous sommes mieux maintenant que nous l’étions avant, sœurs et frères », a lancé Morales devant une foule lors d’un discours télévisé.

Sous son règne, la Bolivie a nationalisé différentes ressources naturelles stratégiques en plus de voir son économie prendre son envol, réduire son taux de pauvreté et de restituer certains pouvoirs aux autochtones Aymara.

M. Morales s’est également opposé à certaines politiques mises de l’avant par les États-Unis pour contrôler la plante de coca, notamment utilisée pour la production de cocaïne.

« Nous avons encore beaucoup à faire. Après les nationalisations, nous devons maintenant débuter l’industrialisation », a déclaré Evo Morales, samedi.

Son parti fait valoir que tous les gains pour les Boliviens seront effacés si l’opposition de droite prend le pouvoir.

Soutien international

À la veille du lancement de sa campagne, M. Morales s’est assuré du soutien de la tête de l’Organisation des États américains (OEA), frustrant ses critiques qui le perçoivent comme une menace pour la démocratie bolivienne.

« De prétendre qu’Evo Morales ne peut pas participer [aux élections] est discriminatoire considérant que d’autres présidents ont pu se présenter à d’autres élections en se basant sur des décisions de tribunaux », a fait valoir le secrétaire général de l’OEA, Luis Almagro.

Deux hommes se serrent la main devant une toile colorée.Le secrétaire général de l'Organisation des États américains, Luis Almagro (gauche) serre la main du président bolivien sortant Evo Morales (droite). Photo : Getty Images / Jorge Bernal

Le président sortant mène dans les sondages avec 33 % du vote populaire, alors que son plus proche opposant, Carlos Mesa, obtient 25 % des votes, selon un récent sondage mené par Ipsos. Or, 20 % des Boliviens sont indécis et ces chiffres marquent un glissement dans la popularité autrefois sans faille d’Evo Morales.

Pour gagner l’élection du 20 octobre prochain, un candidat doit obtenir au moins 50 % des votes, ou 40 % avec une avance d’au moins 10 points sur son adversaire. Un second tour pourrait être organisé en décembre.

Evo Morales a gagné sa première élection en 2005 avec 54 % des voix, puis en 2009 et en 2014 avec plus de 60 % des votes. Le président sortant a annoncé vouloir remporter un quatrième mandat avec plus de 70 % des votes cette année.

Avec les informations de Reuters

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