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Que reste-t-il de la grève générale de 1919 à Winnipeg?

Roger Bray, vétéran en faveur de la grève, s’adresse à la foule dans le parc Victoria, le 13 juin 1919.

Photo : Archives du Manitoba

Radio-Canada

Des commémorations de la grève générale de 1919 foisonnent à Winnipeg depuis le début mai. Le 100e anniversaire de cet épisode germinal du mouvement ouvrier au Canada a suscité une nouvelle vague d'intérêt. Voici une série d'endroits incontournables en lien avec la grève.

Le temple du travail

C’est le seul quartier général des grévistes qui n’a pas été démoli, lieu de nombreux rassemblements et de presses clandestines. En plein quartier North End de Winnipeg, c’est aussi une perle architecturale sans pareil.

En 2008, il a été désigné lieu historique national (Nouvelle fenêtre). Le dossier alors soumis au comité de sélection résume ainsi son importance : « son style néoclassique et son auditorium de 1000 places en font le temple du travail le plus imposant et le plus grand qu'une collectivité ethnoculturelle ait jamais bâti au Canada ».

Un groupe d'une vingtaine de personnes est assis en cercle dans une salle de concert.

Le Temple du travail ukrainien (Ukrainian Labour Temple), établi en 1918, est l'un des seuls lieux de rassemblement adapté à des concerts et des pièces de théâtre dans le North End de Winnipeg.

Photo : Radio-Canada / Gavin Boutroy

« Physiquement, l'édifice incarne les idéaux de la collectivité ukrainienne progressiste de Winnipeg; ayant été un lieu de rencontre vital pour les grévistes d'ascendance ukrainienne pendant la grève générale de Winnipeg en 1919, le temple est étroitement associé à un événement qui fut d'une importance cruciale dans l'histoire du Canada. »

Hell’s Alley

La ruelle de l’enfer, en anglais, la « Hell’s Alley » désigne un tronçon de la rue Elgin maintenant enfoui sous le centre du centenaire, où ont eu lieu les affrontements les plus violents du conflit de travail.

« Beaucoup de grévistes se sont enfuis dans les ruelles, dont celle-ci, pour échapper à l'émeute. Les agents spéciaux les ont suivis, ont bloqué les issues et puis ils ont chargé. Plus de 25 hommes ont été blessés », explique Sabrina Janke, guide d’une tournée pédestre du centre-ville axée sur la grève.

Elle estime qu’il y avait beaucoup plus de blessés, mais qu’ils n’ont pas été recevoir de soins médicaux, de peur d’être identifiés comme grévistes aux yeux des autorités.

Rappel des faits

Winnipeg est secouée par des conflits de travail depuis la Première Guerre mondiale. Salaires misérables, conditions de travail inhumaines, chômage; un différend entre les métallurgistes et leurs patrons est la goutte qui fait déborder le vase.

Pendant six semaines, 30 000 femmes, hommes et enfants débrayent et paralysent Winnipeg. Le tout se termine en bain de sang au centre-ville de Winnipeg, son actuel quartier de la bourse.

Une marquise financée par la ville a été érigée non loin de la Hell’s Alley par l’entreprise Monteyne Architecture, pour commémorer la grève générale de Winnipeg de 1919.

Une structure en acier rouillé.

Le monument commémoratif de la grève de 1919.

Photo : Radio-Canada / John Einarson

Le parc Victoria

Où se situent maintenant de nouveaux condos, à côté d'un hôtel-boutique et d'un restaurant huppé sur la promenade Waterfront, se trouvait jadis le parc Victoria. C'était l'un des seuls endroits publics au centre-ville où la classe ouvrière pouvait profiter de la nature.

Lors de la grève, ce parc était l'un des lieux de rassemblement les plus importants, explique Mme Janke. « Il n’y avait pas la place pour tout le monde au temple du travail. Alors ils venaient ici. Chaque jour, des milliers de Winnipégois venaient ici pour entendre les nouvelles de la grève », dit-elle.

Peu après la grève, la ville a clôturé le parc. Il a été remplacé par des usines et des entrepôts. Mme Janke pense qu'il s'agit d'une mesure pour enrayer de futurs rassemblements de travailleurs. « En quelque sorte, la grève a causé la mort du parc Victoria », poursuit-elle.

La pierre policière

La dernière trace de l'ancien quartier général de la police de Winnipeg (1916 à 1966) se trouve dans un square à côté de l'ancien édifice de la sécurité publique de Winnipeg. Sabrina Janke tient à rappeler que les policiers ont joué un rôle particulièrement important lors de la grève, car leurs patrons refusaient de reconnaître leur syndicat.

« La police était ainsi du côté des ouvriers. Cela veut dire qu’au commencement de la grève en 1919, les policiers ne sont pas dans le camp de l’hôtel de ville. Leur syndicat s’aligne avec le Conseil des métiers et du travail de Winnipeg, ils sont tout à fait en faveur de la grève », indique la guide.

La ville cherche actuellement à reconstruire cette portion du centre-ville, et le destin de la pierre reste inconnu.

Avec des informations de Cameron MacIntosh, CBC

Manitoba

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