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Parcours culturel québécois pour de nouveaux arrivants à Montréal

Plusieurs personnes dont des immigrants montréalais sourient lors d'une photo de groupe sur la scène d'un théâtre.
De nouveaux arrivants au Québec ont visité le Théâtre du Nouveau Monde à Montréal. Photo: La Presse canadienne
La Presse canadienne

« Je suis née Ivoirienne, je renais Québécoise », a lancé Delphine N'Guessan Batou, samedi, à l'issue des tout premiers Rendez-vous culturels montréalais, une initiative destinée à familiariser une poignée d'immigrants avec la culture de leur société d'accueil.

« Avant, je ne connaissais que le métro, le dépanneur et la maison », poursuit Mme N'Guessan Batou, qui s'est établie au Québec, il y a un peu plus de deux ans – ou plutôt il y a trois hivers, comme elle préfère le dire.

Au cours des sept dernières semaines, le Mouvement national des Québécoises et Québécois (MNQ) lui a donné l'occasion de plonger dans la culture et l'histoire de la province, à raison d'une sortie par semaine, avec le soutien du ministère de la Culture et des Communications.

Atelier d'écriture avec l'auteur Simon Boulerice, visite de la Grande Bibliothèque, spectacle et atelier de danse traditionnelle avec Les Contes de Normanville, conférence historique sur Marguerite Bourgeoys, concert à la Maison symphonique de Montréal : les participants ont eu droit à des expériences que le président du MNQ lui-même reconnaît n'avoir jamais eu la chance de vivre.

Samedi, il s'agissait d'une visite au Théâtre du Nouveau Monde en compagnie de sa directrice artistique et générale, Lorraine Pintal.

Cette dernière affirme avec conviction que la culture représente la « porte d'entrée » pour une intégration réussie. « Au-delà d'apprendre la langue, ils découvrent comment on vit, comment on pense, expose-t-elle. On peut mieux se parler et se comprendre après. »

Pour le président du MNQ, Étienne-Alexis Boucher, il est question de « cimenter leurs connaissances » du français, tout en les faisant explorer le Québec à travers les institutions culturelles de leur région.

« On dit souvent que "tout est dans tout", mais ça s'applique particulièrement à ce programme », avance l'ex-député péquiste.

L'apprentissage au-delà de la langue

Oksana Iaramenko, qui a quitté l'Ukraine il y a bientôt deux ans avec son mari et ses enfants, se réjouit d'avoir pu poursuivre son apprentissage ainsi, en dehors des cours de grammaire.

« Ce projet m'aide à mieux comprendre votre culture et à l'aimer. C'est très important parce que c'est vraiment difficile pour nous de nous intégrer : on doit apprendre votre langue, on doit chercher un travail. C'est toujours la routine, et maintenant, c'est comme du plaisir », a-t-elle fait valoir dans un français hésitant.

« Grâce à ces activités-là, j'ai visité des places que je n'avais jamais connues, même si je suis ici depuis 13 ans », a pour sa part relevé Fatiha El Khalili.

La Marocaine d'origine a été particulièrement marquée par une visite au musée de la Maison Saint-Gabriel, où elle aimerait retourner en famille.

Un autre participant arrivé au pays depuis à peine neuf mois, Ricardo Angel Soriano Gonzalez, a toujours des étoiles dans les yeux en pensant à sa visite à la Maison symphonique de Montréal.

Ayant lui-même joué au sein d'un orchestre dans son Mexique natal, le jeune pianiste veut maintenant partager sa musique avec les Québécois. Il a pu le faire samedi en interprétant Clieto lindo devant le groupe de nouveaux arrivants qui, visiblement inspirés par leur récent cours de danse traditionnelle québécoise, ont pris d'assaut une piste de danse improvisée.

De tels moments de brassage culturel pourraient se reproduire sous peu, alors que Mouvement national des Québécoises et Québécois accueillera deux nouvelles cohortes, cette fois à Laval et en Montérégie, avec l'ambition d'étendre les Rendez-vous culturels à l'ensemble de la province.

Grand Montréal

Culture