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Présidentielle en Argentine : Kirchner se met en retrait, à trois jours de son procès

L'ex-présidente de l'Argentine Cristina Fernandez de Kirchner à la sortie du siège de la justice à Buenos Aires le 3 septembre dernier.

L'ex-présidente de l'Argentine Cristina Fernandez de Kirchner à la sortie du siège de la justice à Buenos Aires le 3 septembre dernier.

Photo : Reuters / Stringer .

Agence France-Presse

Pourtant bien placée dans les sondages pour être élue à la présidence de l'Argentine en octobre, l'ex-présidente de gauche Cristina Kirchner a annoncé samedi qu'elle laissait la voie libre à un de ses lieutenants, Alberto Fernandez, plus consensuel.

À trois jours du début du premier procès de Cristina Kirchner pour corruption, l'annonce qu'elle ne briguerait que le poste de vice-présidente a eu l'effet d'un coup de théâtre dans le pays.

Dans une vidéo postée sur les réseaux sociaux, Mme Kirchner demande à Alberto Fernandez, un avocat de 60 ans, ancien chef du gouvernement argentin de 2003 à 2008, d'être candidat à la succession du président de centre droit Mauricio Macri. Ce dernier avait succédé à Mme Kirchner à la fin de 2015.

J'ai demandé à Alberto Fernandez de prendre la tête du ticket que nous formerons, lui comme candidat à la présidence et moi comme candidate à la vice-présidence lors des primaires.

Cristina Kirchner dans un message enregistré

Alberto Fernandez a déclaré qu'il avait accepté la proposition, dès qu'elle lui est parvenue, mercredi. Fernandez étant le nom de jeune fille de Cristina Kirchner, c'est un ticket Fernandez-Fernandez qui se profile.

« Revenir au passé, ce serait autodestructeur. Nous sommes sur le bon chemin », a réagi le président argentin, Mauricio Macri.

Mise en examen dans plusieurs dossiers de malversations durant ses deux mandats à la tête de l'Argentine (2007-2015), Cristina Kirchner conserve une forte base électorale, notamment parmi les plus défavorisés, mais également un niveau de rejet élevé.

La sénatrice de 66 ans faisait partie jusqu'à présent des favoris de l'élection présidentielle du 27 octobre, en compagnie de Mauricio Macri.

Protégée par son immunité parlementaire, elle a pu échapper à des mandats d'arrêt du juge Claudio Bonadio, qui instruit la plupart des affaires de corruption la visant.

Le politologue argentin Sergio Berenzsztein voit là une « décision stratégique », en rappelant que le président russe « Vladimir Poutine avait été le second de Dmitri Medvedev », devenu chef de l'État de 2008 à 2012, tout en conservant son influence.

Dans son message, Cristina Kirchner rappelle qu'elle a été la première femme à devenir présidente de la troisième économie d'Amérique latine, mais que « l'ambition personnelle doit être subordonnée à l'intérêt général ».

La mise en avant d'Alberto Fernandez, avec qui Mme Kirchner s'était brouillée alors qu'elle dirigeait le pays, est une façon d'élargir sa base électorale.

En Argentine, le candidat à la présidentielle Alberto Fernandez lors d'un rassemblement à Buenos Aires. La photo a été prise en 2017.

En Argentine, le candidat à la présidentielle Alberto Fernandez lors d'un rassemblement à Buenos Aires. La photo a été prise en 2017.

Photo : Reuters / Agustin Marcarian

Alberto Fernandez, qui fut chef de gouvernement du président Nestor Kirchner (2003-2007), puis de son épouse Cristina, apparaît comme un politicien plus modéré, susceptible de rassembler au-delà des électeurs traditionnels de Mme Kirchner.

La présence de Cristina Kirchner dans le ticket lui permet de conserver 100 % de ses intentions de vote et d'offrir un candidat qui ne suscite pas autant de rejet que l'ex-présidente, dans la perspective du second tour.

Rafael Gentili, président du Laboratoire de politiques publiques, un centre d'études argentin

« C'est une stratégie électorale. Politiquement, c'est un rameau d'olivier en direction des péronistes non kirchnéristes », poursuit le politologue.

Le mouvement péroniste, fondé par l'ex-président Juan Domingo Peron dans les années 1950, est actuellement divisé en deux factions : une de gauche dirigée par Cristina Kirchner, et une plus centriste, sans leader défini.

« Alberto Fernandez est un péroniste pragmatique », rappelle Rafael Gentili. « Il était plus proche de Nestor Kirchner que de Cristina. Le pari de Kirchner, c'est d'élargir l'alliance électorale. Et il ne fait pas peur aux marchés comme Cristina Kirchner. »

S'il est élu, Alberto Fernandez exercera pleinement le pouvoir, il ne sera pas un secrétaire de Cristina Kirchner. Mais elle aurait une énorme influence.

Rafael Gentili, président, Laboratoire de politiques publiques

La campagne électorale va repartir sur de nouvelles bases.

En attendant, la candidate à la vice-présidence se rendra mardi au tribunal de Comodoro Py à Buenos Aires, pour répondre aux accusations de favoritisme dans l'attribution de marchés publics aux entreprises de l'homme d'affaires Lazaro Baez, qui gagnait pratiquement tous les appels d'offres dans la province de Santa Cruz pendant les gouvernements de Nestor, puis de Cristina Kirchner.

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