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Les tarifs douaniers sont levés, place à la ratification de l’ACEUM

Chrystia Freeland devant le Capitole à Washington.

La ministre Chrystia Freeland souhaite accélérer le processus de ratification de l'ACEUM maintenant que les tarifs sont tombés.

Photo : AFP / Nicholas Kamm

Radio-Canada

Maintenant que l'entente est conclue entre Ottawa et Washington en matière de tarifs douaniers sur l'acier et l'aluminium, le gouvernement canadien promet de tout mettre en oeuvre pour ratifier le nouvel ALENA, a affirmé la ministre des Affaires étrangères, Chrystia Freeland, samedi.

Le Canada et les États-Unis sont parvenus à un accord vendredi pour mettre fin à la guerre tarifaire qui sévissait depuis près d’un an. Terminées, les taxes de 25 % sur les importations d’acier et de 10 % sur l’aluminium imposées par les États-Unis, ainsi que les mesures de rétorsion d'Ottawa sur les mêmes produits.

Ces tarifs douaniers étaient illégaux, maintient Ottawa, qui a tout de même accepté de mettre fin à sa contestation judiciaire contre les États-Unis devant l’Organisation mondiale du commerce.

Lors d'une entrevue accordée à CBC Radio, samedi matin, la ministre des Affaires étrangères a attribué au sénateur républicain Chuck Grassley le mérite de cette percée majeure. M. Grassley a notamment publié une tribune dans laquelle il a écrit que l'Accord Canada–États-Unis–Mexique (ACEUM) ne serait pas ratifié par le Sénat américain tant que les tarifs n’auraient pas disparu.

Mme Freeland était si heureuse de cette prise de position, a-t-elle raconté, qu'elle a imprimé l'article et en a remis une copie à chacun de ses collègues du Cabinet.

« Notre gouvernement a maintenant l'intention d'aller de l'avant avec la ratification », a déclaré la ministre, samedi, bien qu'elle ait refusé de préciser la date à laquelle le projet de loi serait déposé en Chambre.

Le gouvernement libéral avait été prudent sur les projets de mise en oeuvre de l’ACEUM alors que les tarifs étaient toujours en place.

Nous avons été très clairs : tant que les tarifs seraient présents, il serait très difficile pour nous d'aller de l'avant avec la ratification.

Chrystia Freeland, ministre des Affaires étrangères du Canada

Le protectionnisme américain à surveiller

Lorsqu'on lui a demandé si le Canada avait fait des concessions aux Américains, le premier ministre Trudeau a qualifié l'accord de vendredi de « bonne nouvelle ».

« Nous sommes restés forts parce que c'est ce que demandaient les travailleurs, mais aussi ce que les Canadiens voulaient », a-t-il déclaré.

Mais ce n'est pas parce que le Canada est soulagé par la fin des tarifs sur l'acier et l'aluminium que la menace protectionniste est terminée, croit la ministre des Affaires étrangères.

Mme Freeland a déclaré samedi que le protectionnisme américain est toujours une menace, « bien sûr », et qu’il serait « naïf » de penser que quiconque est à l'abri d'un revirement de situation inattendu avec l'administration Trump.

Un chemin sinueux vers l'adoption?

Les tarifs sont certes en voie d’être révoqués, mais cela ne signifie pas que le nouvel accord sera ratifié demain matin, puisque la Chambre fait relâche tout l’été.

Le temps presse donc pour les libéraux, et Mme Freeland demande à tous les députés d'appuyer l'accord. « Je ne vois pas cela passer à la Chambre des communes avant les élections », a toutefois déclaré la porte-parole du NPD en matière de commerce, Tracey Ramsey, évoquant le difficile parcours de la négociation avec États-Unis.

Les démocrates à la Chambre des représentants des États-Unis hésitent à ratifier l’accord jusqu’à ce que des dispositions plus claires soient énoncées sur la manière dont seraient appliquées les réglementations sur le travail et l’environnement.

« Ce serait une grave erreur pour les libéraux d'essayer de pousser tout cela avant que l’on voie les améliorations que les démocrates peuvent apporter », a dit Mme Ramsey.

Les conservateurs continuent également de critiquer le traitement de cet accord commercial par le gouvernement. Leur chef, Andrew Scheer, a affirmé vendredi que les tarifs sur les métaux auraient dû être supprimés il y a longtemps.

« L'annonce faite aujourd'hui est une bonne nouvelle pour les entreprises et les travailleurs canadiens, mais Justin Trudeau a de nouveau signé un accord qui met les entreprises et les travailleurs canadiens en danger », a soutenu le Parti conservateur.

Bien que ce soit le Cabinet qui ratifie les traités commerciaux, il ne le fait qu'après l'adoption d'une loi de mise en oeuvre par le Parlement. Si les partis d’opposition ne coopèrent pas, cela pourrait bloquer le nouvel accord commercial.

Avec les informations de CBC

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