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Drame de Granby : des intervenants du milieu social marchent en silence à Sherbrooke

Radio-Canada

Si la tragédie de Granby a fait grand bruit depuis trois semaines, des dizaines d'intervenants du domaine social ont plutôt opté pour le silence lors d'une marche organisée à Sherbrooke. Un geste de sympathie à l'endroit des proches de la fillette de sept ans morte à la fin avril, mais aussi un élan de solidarité envers les travailleurs du milieu.

Les marcheurs ont quitté le CLSC de la rue Camirand à Sherbrooke un peu avant 11 h samedi à l’appel de l’organisme RÉCIFS, un regroupement dont la mission est de promouvoir et défendre le travail social, notamment auprès des jeunes.

On va marcher en deuil de la jeune fille de Granby, mais aussi en solidarité avec nos collègues de la protection de la jeunesse de l’Estrie, a expliqué la cofondatrice du regroupement, Marjolaine Goudreau.

»Nous avons l'intervention à coeur», peut-on lire sur une bannière du regroupement RÉCIFS. Des dizaines de personnes marchent dans les rues de Sherbrooke.

»Nous avons l'intervention à coeur», peut-on lire sur une bannière du regroupement RÉCIFS.

Photo : Radio-Canada

On marche en solidarité avec les travailleurs du réseau de la santé qui ont été un peu ''varlopés'' ces derniers temps […] les services sociaux sont malmenés, on le voit dans notre milieu : la détresse cogne à notre porte, a ajouté la directrice du regroupement des organismes communautaires de l’Estrie, Claudelle Cyr.

On est incapables de faire notre travail actuellement et on arrive avec des drames comme celui de la fillette de Granby. On craint qu’il y en [ait] d’autres.

- Marjolaine Goudreau, cofondatrice de RÉCIFS

Un cri du coeur au gouvernement

Cette marche silencieuse avait aussi des objectifs politiques. Le regroupement en a profité pour dénoncer les compressions dans les services sociaux par les précédents gouvernements.

Il faut arrêter de demander aux intervenants d’être des commis aux statistiques, ils doivent avoir le temps de travailler avec les gens comme il faut, a martelé Claudelle Cyr.

Le sous-financement des organismes communautaires, dont le rôle est de soutenir les familles, est aussi un enjeu prioritaire, croit l'organisme, tout comme le manque de reconnaissance du rôle d'intervenant social au Québec.

On nous fait travailler en termes de quantité plutôt qu’en termes de qualité depuis quelques années déjà, précise Marjolaine Goudreau. Plusieurs travailleurs sociaux partent beaucoup en arrêt de travail. Bien souvent, ces postes ne sont pas comblés autant à la Protection de la jeunesse qu’ailleurs dans le réseau.

Le RÉCIFS exige des gestes rapides pour améliorer les conditions de travail des intervenants sur le terrain. Tous s’entendent devant le besoin de réinvestir dans les services de première ligne.

La première ligne n’arrive pas à absorber la demande, ça fait en sorte qu'il y a une hausse de signalements dans la deuxième ligne aux centres jeunesse, a révélé la vice-présidente de l'Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux (APTS), Laure Letarte-Lavoie.

Je ne cherche pas des coupables, on doit plutôt mettre notre attention sur des solutions. Est-ce que comme société on a envie d’avancer tout le monde ensemble pour que les services sociaux deviennent une priorité?

Laure Letarte-Lavoie, vice-présidente de l'APTS

La marche s'est terminée devant les locaux de la DPJ à Sherbrooke.

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