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Un site web pour venir en aide aux Torontois atteints du trouble d'accumulation compulsive

Sur cette photo d'archives, un homme parcourt des objets stockés dans une maison de Toronto et qui ont dû être nettoyés par les pompiers.
Sur cette photo d'archives, un homme parcourt des objets stockés dans une maison de Toronto et qui ont dû être nettoyés par les pompiers. Photo: Radio-Canada / David Donnelly/CBC
Radio-Canada

Seize organismes communautaires et gouvernementaux se sont réunis pour créer un site web le mois dernier afin de venir en aide aux personnes atteintes du trouble d'accumulation compulsive (TAC) à Toronto.

Il est difficile de se faufiler entre les piles de vêtements, de livres, de vaisselle, de cadres et de meubles qui s'entassent dans les couloirs et sur les murs du petit appartement d'Yvonne Zilber.

La Torontoise n'avait jamais mis de nom sur son besoin de collecter et de conserver divers objets. Jusqu'au jour où sa fille lui a fait comprendre qu'elle avait besoin d'aide.

Les choses ne cessent de s'accumuler. Elle [sa fille] m'avait donné des livres sur la question, mais je refusais de les lire. Il m'a fallu beaucoup de temps pour accepter que j'étais une accumulatrice compulsive, a-t-elle expliqué en entrevue à l'émission radio matinale Metro Morning de CBC.

Yvonne Zilber est loin d'être la seule à avoir ce problème, selon Tracey Turiff, une porte-parole du réseau Toronto Hoarding Support Services Network (THSSN) qui vient en aide à ces personnes qui accumulent compulsivement. Elle dit avoir reçu plus de 1000 références de cas au cours des dernières années.

Selon le THSSN, entre 1,5 % et 6 % de la population canadienne est aux prises avec un problème d'accumulation compulsive. Ce taux augmente avec l'âge.

Nouvelles ressources sur le web

Le site web a été créé le mois dernier par le groupe d'agences de services communautaires dirigé par VHA Home HealthCare et il est financé à hauteur de 45 000 $ par la Ville. Il contient des ressources et du soutien pour les personnes qui accumulent compulsivement, mais aussi pour leurs proches.

Yvonne Zilber, à gauche, s'entretient avec Trudy Huet dans son appartement de Toronto. Yvonne Zilber, à gauche, s'entretient avec Trudy Huet dans son appartement de Toronto. Photo : Photo remise par VHA Home HealthCare

Selon le communiqué de presse du groupe, il s'agit également de combler un fossé difficile en matière d'information et de réduire la stigmatisation associée à cette maladie.

Le responsable de la sécurité et du bien-être des communautés de la Ville, Dan Breault, a déclaré qu'il incombait aux fournisseurs de services ainsi qu'aux gouvernements de trouver des moyens nouveaux et innovants pour venir en aide à ces populations vulnérables.

Quand quelqu'un est isolé socialement, il est difficile de savoir comment il va et comment il vit. Ce [site web] a du sens, explique-t-il.

Le groupe décrit le trouble comme étant un désir compulsif de ramasser des objets . Cela peut provoquer des blessures, des infestations, des incendies, mais aussi un repli sur soi-même.

Le nouveau site web propose aussi des outils d'évaluation permettant aux prestataires de services de savoir qui pourrait être en danger en raison de leur besoin d'accumuler.

Le groupe dit avoir reçu quelque 1044 références en 2016 et 2017.

Répartition des personnes ayant un TAC : 

  • Toronto-Est : 517
  • North York : 145
  • Scarborough : 151
  • Etobicoke : 231

Source : THSSN

Dans 34 des cas susmentionnés, la ville a dû prendre des mesures d'action.

M. Breault estime qu'il est important de disposer d'un outil pour trouver ces personnes afin qu'elles ne soient pas identifiées lorsqu'il est beaucoup trop tard.

Une approche individualisée

D'autant qu'il ne suffit pas de tout jeter pour désencombrer les espaces des personnes vivant avec un TAC, souligne la présidente du THSSN, Trudy Huet.

Ce que nous essayons de faire, c'est de construire une relation et de vraiment comprendre ce qui se passe. Il ne s'agit pas d'objets, mais d'individus.

Trudy Huet, présidente du THSSN

Elle ajoute que cette maladie mentale touche un large éventail de personnes.

De son côté Yvonne Zilber a commencé à chercher de l'aide il y a sept ans. Et même si elle a encore du mal à se défaire de ses biens, elle suit un traitement et dit progresser. Un jour à la fois.

Si vous ou quelqu'un que vous connaissez avez besoin d'aide, vous pouvez visiter le site (Nouvelle fenêtre) ou contacter le THSSN au 416-482-4622.

Toronto

Santé physique et mentale