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Une manifestation à Cannes pour défendre le droit à l'avortement

Des militantes tiennent une banderole et brandissent des foulards sur le tapis rouge à Cannes.
L'équipe du film Que sea ley et des militantes des droits des femmes ont défilé sur le tapis rouge à Cannes brandissant des foulards verts. Photo: AFP/Getty Images / Antonin Thuillier
Agence France-Presse

Une manifestation teintée de vert s'est déroulée samedi au Festival de Cannes pour défendre l'avortement, avant la présentation du documentaire Que sea ley sur l'élan brisé des Argentines, qui en 2018 réclamaient le droit à l'interruption volontaire de grossesse.

L'équipe du film de Juan Solanas et des militantes des droits des femmes ont gravi les marches du Palais des festivals, avec à la main un foulard vert, emblème de la lutte pour la légalisation de l'avortement qui a embrasé l'Argentine en 2018.

Les manifestants ont également brandi une banderole en espagnol réclamant le droit à l'avortement « sûr et gratuit ». Une des manifestantes était entièrement parée de vert, avec une robe sur laquelle était brodé les mots « légalisation » et « avortement ».

Le cinéaste Pedro Almodovar et l'actrice Penelope Cruz ont également apporté leur soutien au mouvement, arborant le fameux foulard vert, quelques heures avant cette mobilisation, selon des photos publiées sur les réseaux sociaux.

Pour son film Que sea ley (Que ce soit la loi), l'Argentin Juan Solanas a parcouru l'Argentine pendant huit mois pour recueillir des témoignages dans les provinces les plus éloignées de la capitale, Buenos Aires.

Le réalisateur Juan Solanas porte un bandana vert qui lui couvre le bas du visage. Il est accompagné de deux femmes qui portent un bandana semblable au cou.Le réalisateur Juan Solanas (au centre) arborant un foulard vert à Cannes. Photo : Getty Images / Pascal Le Segretain

Les mobilisations féministes dans les rues de Buenos Aires ont pris, en 2017 et en 2018, une ampleur inédite, avec comme apogée les rassemblements devant le parlement, pendant l'examen du projet de loi par les deux chambres. Au final, il a été adopté par la Chambre des députés, mais rejeté par le Sénat.

Dans la salle de projection de Que sea ley, des foulards verts avaient été disposés sur le dossier de chaque fauteuil, selon une journaliste de l'AFP.

D'autres personnalités devaient se joindre à ce mouvement : les actrices Charlotte Gainsbourg, Julie Gayet, Rossy de Palma, Zabou Breitman, ainsi que les réalisateurs Claire Denis et Eric Caravaca, entre autres, ont annoncé qu'ils porteraient eux aussi le foulard vert en montant les marches du Palais des festivals.

Une initiative qui survient en pleine offensive aux États-Unis de certains États conservateurs contre l'avortement. L'Alabama veut interdire aux femmes d'avorter même en cas de viol, instaurant la loi anti-avortement la plus stricte du pays.

Le Missouri veut poursuivre les médecins s'ils pratiquent des interventions après la huitième semaine de grossesse, la Georgie, elle, dès que les battements de cœur du fœtus sont détectables.

Interrogée vendredi à ce propos, lors des discussions Women in Motion, l'actrice Eva Longoria (Beautés désespérées) a mis en garde contre un possible « effet domino ».

« C'est une menace qui risque de toucher tout le monde si nous ne faisons pas attention », a affirmé l'actrice qui a produit l'an dernier pour Netflix le documentaire Reversing Roe, du nom de l'arrêt Roe contre Wade qui garantit le droit des Américaines à l'avortement tant que le fœtus n'est pas viable.

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