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Autochtones : le Musée pour les droits de la personne parle maintenant de génocide

Le Musée de l'extérieur

Le Musée canadien pour les droits de la personne à Winnipeg

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Le Musée canadien pour les droits de la personne de Winnipeg a changé de position concernant le traitement des peuples autochtones du Canada, le qualifiant maintenant de « génocide » plutôt que de « génocide culturel ».

« Nous reconnaissons, en tant que musée, que notre manque de reconnaissance claire du génocide qu’ont subi les peuples autochtones a causé du tort, et nous avons écouté et nous travaillons pour faire mieux », a affirmé à CBC Louise Waldman, directrice du marketing et des communications du Musée.

« Pendant de nombreuses années, nous n'avons pas cru que c'était le rôle d'un musée de déclarer qu'il s'agissait d'un génocide. Maintenant, nous comprenons que ce n'est pas seulement notre rôle, mais aussi notre responsabilité et notre engagement, en tant qu'institution nationale qui se consacre à l'éducation aux droits de l'homme », a-t-elle poursuivi.

La décision de présenter les choses ainsi a été prise par le PDG de l’institution, John Young, en poste depuis 2015.

Le Musée considère désormais toute l'expérience coloniale au Canada, du premier contact avec les Européens jusqu'à aujourd'hui, comme un génocide.

Pour Mme Waldman, les problèmes actuels que vivent les Autochtones – le nombre important d'enfants retirés de leur famille, les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées, la surreprésentation des Autochtones dans le système correctionnel ou encore les taux élevés de suicide dans les collectivités autochtones – sont des « conséquences directes des 100 dernières années de l'histoire ».

Il ne s'agit pas de faire de grandes déclarations publiques. Il s'agit plutôt d'amorcer le dialogue et de veiller à ce que nous soyons à l'écoute, à ce que nous apprenions, que nous grandissions et que nous donnions cette occasion à tous nos visiteurs.

Louise Waldman, du Musée canadien pour les droits de la personne

La convention des Nations unies sur le génocide, qui date de 1948, définit celui-ci comme un ensemble d'actes commis dans l'intention de détruire, en tout ou en partie, un groupe national, ethnique, racial ou religieux, tels que :

  • tuer des membres de ce groupe,
  • causer des lésions corporelles ou mentales graves à des membres du groupe,
  • infliger délibérément au groupe des conditions d'existence destinées à entraîner sa destruction physique totale ou partielle,
  • imposer des mesures visant à prévenir les naissances au sein du groupe,
  • transférer de force les enfants du groupe à un autre groupe.

Trop ou pas assez?

Pour Frank Chalk, professeur d'histoire et directeur de recherche à l'Institut d'études sur le génocide et les droits de la personne de l'Université Concordia, à Montréal, c’est une bonne chose que le Musée reconnaisse ce qu'ont vécu les Autochtones comme des actes génocidaires. Il pense notamment aux pensionnats.

Selon lui, toutefois, le Musée ne peut justifier qu’absolument tout ce qu’ils ont vécu depuis l’arrivée des Européens relève d'un génocide. « Si tout devient un génocide, alors rien n'est un génocide », remarque-t-il.

De son côté, l'avocate micmaque Pam Palmater, titulaire de la Chaire en gouvernance autochtone à l'Université Ryerson, à Toronto, considère que la nouvelle position du Musée est une avancée positive. Elle pense que l’institution doit maintenant la mettre de l’avant de façon très claire dans ses prochaines expositions.

« Pour moi, vous ne devriez pas pouvoir entrer dans ce musée sans voir une exposition sur le génocide. […] Ils doivent inclure [leur nouvelle position] dans tout leur matériel éducatif, et ils ont besoin d'une exposition permanente et importante sur le génocide au Canada », note-t-elle.

D'après un texte de Lenard Monkman, de CBC News

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