•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

La coalition du climatosceptique Scott Morrison conserve le pouvoir en Australie

Scott Morrison, premier ministre australien nouvellement élu, accompagné de son épouse Jenny et de leurs filles Lilly et Abbey, prend la parole à la réception du Parti libéral, à l'hôtel Sofitel Wentworth, le 18 mai 2019 à Sydney. Photo: Getty Images / Brook Mitchell
Radio-Canada

Le premier ministre libéral-conservateur australien Scott Morrison, qui a remporté les législatives samedi, contre toute attente, a salué les « Australiens silencieux » qui ont donné à son parti une victoire « miraculeuse ».

Le chef de l'opposition travailliste, Bill Shorten, a reconnu samedi sa défaite et a annoncé qu'il quitterait son poste de chef du parti.

Je ne veux pas entretenir de faux espoirs : il est évident que les travaillistes ne seront pas en mesure de former le prochain gouvernement.

Bill Shorten, chef du Parti travailliste

« Dans l'intérêt national, j'ai appelé il y a peu de temps Scott Morrison pour le féliciter », a-t-il dit à ses partisans incrédules à Melbourne.

Quelque 17 millions d'électeurs de l'île-continent ont voté pour choisir leurs représentants. Alors que les sondages annonçaient une victoire de l'opposition travailliste, la coalition de centre droit est arrivée en tête après dépouillement d'un peu plus de la moitié des bulletins.

Scott Morrison et ses alliés ont mieux résisté que prévu dans les zones périurbaines comparables à celles de la Rust Belt américaine, frappée par la désindustrialisation.

La déception était perceptible, samedi soir, à Melbourne, fief de M. Shorten, alors que la victoire annoncée s'éloignait.

Bill Shorten, chef de l'opposition travailliste en Australie, concède la victoire à son opposant Scott Morrison.Bill Shorten, chef de l'opposition travailliste en Australie, concède la victoire à Scott Morrison, à la suite d'une intense campagne de cinq semaines. Photo : Getty Images / Scott Barbour

Le gouvernement dirigé par le libéral conservateur arrivait nettement en tête dans le Queensland et en Tasmanie, selon les premiers chiffres de la Commission électorale australienne (AEC).

Cette campagne a permis l'émergence des populistes et des candidats d'extrême droite, au-delà du clivage habituel centre droit–centre gauche.

Selon les chiffres de la Commission électorale, libéraux et travaillistes ont tous deux perdu des voix au profit de United Australia, le mouvement populiste de Clive Palmer, un millionnaire qui n'est pas sans rappeler Donald Trump avec son slogan « Make Australia Great ».

Une campagne violente

La violence aura été au coeur de la campagne, avec des candidats agressés et d'autres qui ont renoncé au pouvoir après des envolées racistes ou sexistes sur les réseaux sociaux.

Le premier ministre Morrison, qui avait pris le pouvoir en août après un putsch interne, revient de loin. Il s'est retrouvé presque seul à défendre son bilan, plusieurs de ses ministres refusant de s'impliquer.

Il a néanmoins bénéficié du soutien des médias conservateurs du magnat Rupert Murdoch.

Il s'est aussi surtout adressé aux électeurs les plus âgés et aisés, inquiets du projet travailliste de supprimer diverses niches fiscales pour le financement de l'éducation, de la santé et du climat.

Des électeurs attendent devant des boîtes de scrutin. Quelque 17 millions d'électeurs australiens sont appelés à se rendre aux urnes pour les élections législatives. Photo : Associated Press / Rick Rycroft

Le réchauffement climatique a également pesé dans la campagne, après un été austral marqué par des inondations historiques et des canicules records qui ont alimenté des feux de forêt dévastateurs.

Le Parti travailliste affichait des ambitions dans l'utilisation de l'énergie renouvelable, tandis que les libéraux refusaient de mettre en péril l'économie du charbon.

Le décès, jeudi, du dirigeant travailliste Bob Hawke, qui dirigea le gouvernement australien de 1983 à 1991, a marqué la fin de la campagne. L'ex-leader syndicaliste de 89 ans, immensément populaire, privilégiait la culture du consensus plutôt que de l'affrontement.

Avec les informations de Agence France Presse, et Reuters

Politique internationale

International