•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Prix de la musique autochtone, une tribune pour les artistes des Premières Nations

Marie-Josée Dandeneau jouant de la basse sur scène.
Plusieurs artistes se sont produits sur scène lors de la remise des prix, dont la Manitobaine Marie-Josée Dandeneau (photo) avec la chanteuse Celeigh Cardinal. Photo: Radio-Canada / Julien Sahuquillo
Radio-Canada

Les Prix de la musique autochtone ont été remis dans 21 catégories vendredi soir à Winnipeg, dans le cadre de la cérémonie annuelle qui récompense les artistes des Premières Nations à travers le pays.

Sur scène, plusieurs ont rappelé l’importance de la défense des langues autochtones. Ils ont aussi souligné l’importance du rôle de modèle pour les générations futures et soulevé les problèmes de santé mentale qui touchent leurs communautés.

Si les artistes ont profité de la tribune pour rappeler les problèmes socio-économiques des Premières Nations, la soirée se voulait tout de même positive et pleine d’espoir.

Les lauréats

  • Meilleur album en langue inuit, indigène ou francophone : Angela Amarualik - Angela Amarualik
  • Meilleur album Pow Wow contemporain : Young Spirit - Red Dress Special
  • Meilleur album pop : Mimi O'Bonsawin - Connected
  • Meilleur album hip-hop : Buggin Malone - Humanity Volume 1
  • Meilleur album blues : Cary Morin - When I Rise
  • Meilleur album folk : Beatrice Deer - My All To You
  • Meilleur album country : Don Amero - Evolution
  • Artiste émergent de l'année : Janel Munoa - Howls From Deep in the Woods
  • Meilleur album électro : DJ krayzkree - Future Generations
  • Meilleur album instrumental : Jamie Medicine Crane - Honouring Life
Angela Amarualik lors de la remise du prix.Angela Amarualik a reçu le prix du meilleur album en langue inuit, indigène ou francophone pour son premier album éponyme. Photo : Radio-Canada / Julien Sahuquillo

L’appropriation culturelle débattue

La célébration s'inscrivait sur fond de controverse, alors que des artistes inuits l’ont boycottée en invoquant la question de l'appropriation culturelle.

Plusieurs artistes inuits ont boycotté l’événement pour protester contre la nomination de Cikwes, une artiste crie qui expérimente le chant de gorge inuit dans son album. Ils dénoncent ce qu’ils estiment être un exemple d’appropriation culturelle.

En avril, des artistes comme Tanya Tagaq, Kelly Fraser et le duo PIQSIQ ont annoncé qu’ils refusaient de soumettre des œuvres ou de se produire lors de la remise des prix, tant que les organisateurs n’ajouteraient pas de représentants inuits au conseil d’administration de l’Indigenous Music Awards (IMA).

Le groupe A Tribe Called Red, d'Ottawa, a également rejoint les rangs des artistes qui ont boycotté les Prix de la musique autochtone.

Parmi les artistes sélectionnés, l'auteur-compositeur-interprète innu du Québec, Mike Paul, s'inscrit dans la catégorie du meilleur album en langue inuit, autochtone ou francophone, avec son album Origine.

Un homme porte une chemise noire.L'auteur-compositeur-interprète innu du Québec, Mike Paul, est inscrit dans la catégorie du Meilleur album en langue inuit, autochtone ou francophone, avec son album Origine. Photo : Radio-Canada

« Je pense que c’est un cercle de discussion que l’on doit avoir pour définir ce qu’est l’appropriation culturelle, cet incident nous amène un côté positif et nous permet d’ouvrir le dialogue », croit Mike Paul.

Selon l'auteur-compositeur-interprète innu, l'appropriation culturelle est empreinte des notions de respect et d'apprentissage particulier.

« Dans ma nation spécifiquement, on a un tambour qui est un instrument sacré. C’est un outil de survie et qui sert à communiquer directement avec le monde des rêves, et pour pouvoir l’utiliser on doit pouvoir le rêver trois fois. C’est sûr que si quelqu’un se mettait à en jouer, qui ne serait pas innu et qui n’aurait pas ces enseignements, ça deviendrait une appropriation culturelle et un non-respect de notre instrument. »

Mike Paul concède que la notion est généralement perçue comme provenant d'une culture dominante occidentale sur une culture dominée. Il pense également que la controverse montre que des cercles de discussions sont nécessaires pour mieux définir l'expression.

L'artiste Laura Grizzlypaws habillé d'une peau d'ours.L'artiste Laura Grizzlypaws a ouvert la cérémonie avec une danse traditionnelle. Photo : Radio-Canada / Julien Sahuquillo

Du côté de la direction du festival Manito Ahbee, qui chapeaute la remise des prix, on estime que l'appropriation culturelle n'est pas possible entre Autochtones.

Pour David Dandeneau, un des organisateurs du festival, « C’est un peu une question du gouvernement qui regroupe des cultures différentes dans le même bateau ».

Il ajoute qu’il prend la question de l’appropriation culturelle au sérieux. « On espère faire un regroupement d'aînés d’ici le mois de septembre et ce serait l’occasion de faire un débat autour de ces questions », précise-t-il.

Pour leur quinzième anniversaire, les Prix de la musique autochtone se dérouleront à Edmonton en Alberta.

Avec des informations de Mathilde Monteyne et Julien Sahuquillo

Manitoba

Musique