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La nouvelle entrée du parlement de Québec sera ouverte au public le 1er juin

L'entrée du nouveau pavillon d'accueil de l'Assemblée nationale du Québec Photo: Radio-Canada
Mathieu Dion

Une course contre la montre est en cours à l'Assemblée nationale pour finaliser les travaux du nouveau pavillon d'accueil. Du trou béant qui a suivi la première pelletée de terre en 2016 à aujourd'hui, les artisans du chantier ont peine à croire qu'ils y sont presque.

Construit sous les jardins du parlement pour préserver l’intégrité de la façade, le pavillon d'accueil se veut un espace ultramoderne et interactif pour recevoir les visiteurs. Quant aux députés, ils bénéficieront de deux nouvelles salles de commission parlementaire.

« C’est très rare qu’on ait l’occasion d’être sur un chantier qui a une portée aussi grande », s’enthousiasme Hélène Foy, la directrice du projet « Amélioration des infrastructures » de l’Assemblée nationale.

Ce n’est pas un chantier très grand en termes de budget et de superficie, mais il a une grande représentativité pour tous les citoyens de la province.

Hélène Foy, directrice du projet « Amélioration des infrastructures » de l’Assemblée nationale

Le droit à l’erreur n’était pas permis sur ce bâtiment historique de 1886 conçu par l'architecte Eugène-Étienne Taché. Heureusement, l’édifice avait été « bien construit avec des fondations très saines ».

Il y aurait donc eu peu de surprises, même lorsqu’un tunnel a été creusé sous l’hôtel du parlement. « On a trouvé du roc friable et on a été obligés de mettre des ancrages au roc, explique M. Foy. Maintenant, tout est stable. »

L'agora du nouveau pavillon d'accueil de l'Assemblée nationale du QuébecL'agora du nouveau pavillon d'accueil de l'Assemblée nationale du Québec Photo : Assemblée nationale du Québec

De fontaine à puits de lumière

Cette nouvelle construction, représentant 20 % de la superficie de l’enceinte parlementaire, incarne une « union entre la modernité et l’histoire », selon le président de l’Assemblée, François Paradis.

Le parlement, ce n’est pas figé dans le temps et on le prouve maintenant.

François Paradis, président de l’Assemblée nationale du Québec

L’historien Gaston Deschênes, fin connaisseur de l’institution, émet néanmoins un bémol. La fontaine des Abénaquis, datant de 1890 et rendant hommage aux familles autochtones, a été réduite à un petit bassin. Il fait remarquer qu’il « ne reste à peu près rien, les statues sont sorties de leur contexte ».

L’entrée a été touchée. [Eugène-Étienne] Taché l’avait conçue. C’était son œuvre!

Gaston Deschênes, historien
Fontaine avec fleurs devant deux statuts représentant une famille Abénaquis devant l'Assemblée nationale.La fontaine des Abénaquis devant l'Assemblée nationale Photo : Radio-Canada

L'ensemble de la fontaine représente une famille indienne avec dans sa partie supérieure une mère qui entretient un feu, un fils qui tire à l'arc, et un autre fils qui pêche dans la partie inférieure de l'oeuvre où trouvait un grand bassin.

Quant à ce choix de modifier le bassin au pied de la statue, des choix ont dû être faits, selon Martin Dubois, consultant en patrimoine bâti de Québec.

« La fontaine est disparue au profit d'une nouvelle entrée, d'un puits de lumière pour la salle, sous l'entrée. Pour moi, c'est un compromis acceptable », a-t-il déclaré à mon collègue Nicolas Vigneault.

Un pêcheur pointe sa lance vers un bassin rempli d'eau.Des buses d’eau et un petit bassin ont été installés sous la statue du Pêcheur à la nigog pour rappeler la présence antérieure de la fontaine des Abénaquis. Un oculus agissant comme puits de lumière naturelle pour les espaces souterrains a été construit à la place du bassin de la fontaine. Photo : Radio-Canada

Il faut dire que les travaux visaient d’abord et avant tout à accroître la sécurité. Les systèmes n’avaient pas été mis à jour depuis une fusillade survenue en 1984 dans le Salon bleu.

Aux dires du secrétaire général, Michel Bonsaint, « c’était totalement archaïque ». L’idée d’en faire une véritable « maison citoyenne » accessible et à l’architecture spectaculaire a pris forme par la suite.

Pas de dépassement de coûts

Puisqu’il y avait tant à faire, la réalisation du projet s’est parfois heurtée à des obstacles.

Hélène Foy se rappelle ses moments de découragement lorsque plusieurs appels d’offres ont été nécessaires « parce que les coûts ne respectaient les budgets ». « On vient qu’on n’a plus de solutions, qu’on cherche. »

Malgré tout, le coût des travaux demeurerait toujours dans l’enveloppe budgétaire prévue de 60,5 millions de dollars, qui comprend une contingence de 5 millions entièrement utilisée. « Ça n’a pas toujours été facile », admet aussi Michel Bonsaint.

Lorsqu’on administre une assemblée parlementaire, on a un poids énorme. Chaque chose qui se passe ici peut avoir une répercussion immédiate. On a des dizaines de journalistes au quotidien sur place.

Michel Bonsaint, secrétaire général de l’Assemblée nationale du Québec

Le public pourra découvrir cette nouvelle entrée le 1er et le 2 juin.

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