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L’effet Kenney sur le point de se faire sentir au pays

Le premier ministre de l'Alberta Jason Kenney et le premier ministre du Canada, Justin Trudeau.

L'effet Kenney aura des répercussions bien au-delà des frontières albertaines.

Photo : The Canadian Press / Sean Kilpatrick

Marie-Pier Mercier

Le discours du Trône sera prononcé, mercredi après-midi, à l'Assemblée législative de l'Alberta : le premier sous le gouvernement conservateur uni de Jason Kenney. Celui qui a remporté un mandat clair compte agir rapidement et ramener « l'avantage albertain » en éliminant la taxe carbone, en réduisant les impôts des entreprises et en créant de l'emploi. L'effet Kenney risque d'ailleurs d'avoir des répercussions bien au-delà des frontières albertaines.

Le premier ministre le répète depuis des mois : « Notre premier projet de loi sera celui d’abolir la taxe carbone des néo-démocrates. »

D’ici le 30 mai, il n’y aura plus de tarification sur la pollution en Alberta, a promis Jason Kenney.

Les conservateurs abandonnent donc le plan climatique des néo-démocrates. Les projets d'énergie verte financés par la taxe sur le carbone et approuvés par l'ancien gouvernement NPD iront de l'avant, mais il n'y aura plus, sous les conservateurs, de financement provincial pour ce genre de projet.

Le salaire minimum pour les jeunes de moins de 18 ans devrait passer de 15 à 13 $.

Les conservateurs entendent aussi réduire le taux d’imposition des entreprises pour qu’il atteigne le niveau le plus bas au pays. D’ici 2022, le taux actuel de 12 % passera à 8 %. Tout cela dans le but d’attirer des investissements dans la province et de raviver une économie au ralenti en raison de la baisse des prix du pétrole.

Le gouvernement entend déposer une douzaine de projets de loi durant la session, qui devrait se terminer en juillet ou en août.

Une session à l'image de la campagne

Selon le politologue de l’Université de l’Alberta Frédéric Boily, les Albertains auront droit à une session législative à l'image de la campagne électorale menée par Jason Kenney : mouvementée et axée sur l’économie.

« Pas de doute que Jason Kenney va se lancer à la défense de l’industrie énergétique et qu’il le fera rapidement. Les électeurs s’attendent à cela », affirme-t-il.

La croisade a d’ailleurs déjà commencé. Jason Kenney a demandé la semaine dernière aux sénateurs à Ottawa de suivre les recommandations du comité sénatorial sur le transport et de ne pas adopter le projet de loi C-48, qui limiterait le transport de pétrole en Colombie-Britannique.

Un dîner entre M. Kenney, les sénateurs albertains et l’ancienne première ministre de l’Alberta, Rachel Notley, est d’ailleurs prévu cette semaine pour en discuter.

« La stratégie de Kenney met Rachel Notley dans une position délicate. Jusqu’à quel point peut-elle critiquer les conservateurs tout en maintenant qu’elle aussi défend les intérêts économiques de la province sur la scène nationale », demande le politologue.

Rachel Notley s’était beaucoup fait reprocher par les Albertains d’avoir été trop « gentille » avec Ottawa et tous ceux qui s’opposent à l’industrie pétrolière.

Jason Kenney veut aussi continuer de se faire entendre contre un autre projet de loi fédéral, le projet de loi C-69, qui vise à réviser la façon dont le gouvernement fédéral approuve les projets énergétiques importants.

« Je ne resterai pas les bras croisés en observant notre province, notre industrie énergétique et notre avenir se faire attaquer. Nous continuerons à nous battre pour les Albertains et à nous opposer à ces projets de loi », a affirmé le premier ministre.

Ailleurs au pays

« Le facteur de perturbation Kenney » se fera donc sentir bien au-delà de la province qu’il gouverne, croit Frédéric Boily.

On pourra voir l’effet Kenney lors de la prochaine réunion des premiers ministres provinciaux, à Saskatoon, en juillet.

Frédéric Boily, politologue à l'Université de l'Alberta

Le politologue s’attend à ce que le premier ministre utilise son influence sur la campagne électorale fédérale en ralliant ses homologues provinciaux derrière lui. Jason Kenney a promis de faire en sorte que les libéraux de Justin Trudeau ne soient pas réélus en octobre.

Si le ton de Jason Kenney a baissé depuis son élection et qu'il dit vouloir travailler en collaboration avec les autres provinces, il faudra seulement que les choses s’enlisent au niveau économique pour qu’il retrouve son ton combatif, conclut le politologue.

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