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Le Mexique et sa relation tumultueuse avec la religion

La jeune femme est en train de parler au journaliste.

Pauline Capdevielle, spécialiste des religions à l’Université nationale autonome de Mexico, interviewée par le journaliste Michel Désautels.

Photo : Radio-Canada / Yves de Vathaire

Michel Désautels

Officiellement laïque depuis plus de 150 ans, le Mexique a eu, au fil des ans, des rapports plutôt chaotiques avec les religions. La chercheuse Pauline Capdevielle, spécialiste des religions à l'Université nationale autonome de Mexico, trace le portrait des postures paradoxales mexicaines.

Mexique et religion. Mieux encore, Mexique et religiosité. Il aurait été impensable de présenter une série radiophonique sur ce pays sans parler de l’histoire chaotique qu’il a toujours entretenue avec les religions.

On dit souvent, et ce n’est pas faux, que les Mexicains sont des gens très religieux. Pourtant, la séparation officielle de l’Église et de l’État a été réalisée en 1860! Entre la foi catholique transportée par le conquérant espagnol et les religions indigènes millénaires, les tensions ont été nombreuses et persistent en ce début de 21e siècle.

L'entrevue avec Pauline Capdevielle est diffusée le 19 mai à Désautels le dimanche dans le cadre de la série Le Mexique, entre l'ombre et la lumière, sur ICI PREMIÈRE.

Il y a 20 ans, 98 % des citoyens se disaient catholiques. Aujourd’hui, on estime que 40 % des familles ont vu un de leurs membres changer de religion, le plus souvent attiré par les Églises évangéliques venues des États-Unis. Un mouvement accentué par l’affaiblissement du noyau familial.

Les valeurs conservatrices véhiculées par les religions, quelles qu’elles soient, sont mises à mal, surtout dans les grandes villes.

L’avortement, la contraception, le mariage entre conjoints de même sexe sont autant de sujets qui opposent les préceptes religieux et la pratique des croyants. Et une partie de la jeunesse urbaine s’éloigne, ici comme ailleurs en Occident, des comportements traditionnels.

Les rapports entre le politique et le religieux ne sont pas plus simples. Le nouveau président Andres Manuel Lopez Obrador a lui-même envoyé des signaux parfois contradictoires sur le sujet. Son épouse est une catholique très pratiquante, mais lui s’est affiché en campagne électorale et depuis son écrasante victoire avec des leaders religieux indigènes à de très nombreuses occasions.

Un président populiste de gauche qui n’hésite pas à flirter avec un électorat religieux conservateur n’est pas si fréquent. Mais nous sommes au Mexique après tout, où on n’est jamais loin de postures paradoxales, nous dira notre invitée, la chercheuse Pauline Capdevielle, spécialiste des religions à l’Université nationale autonome de Mexico.

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