•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

L’itinérance au Nouveau-Brunswick, un enjeu de plus en plus préoccupant

Un itinérant est assis au milieu d'un campement qui a été démoli près d'une voie ferrée à Moncton.

L'itinérance est un véritable problème au Nouveau-Brunswick selon les citoyens.

Photo : Radio-Canada

Camille Bourdeau

Les citoyens des trois plus grandes villes du Nouveau-Brunswick considèrent l'itinérance comme étant un enjeu considérable et grandissant, selon une étude de la firme Narrative Research, anciennement connue sous le nom de Corporate Research Associates.

Le sondage mené auprès des résidents de Moncton, Fredericton et Saint-Jean conclut qu'une grande partie de la population voit l'itinérance comme étant un problème majeur.

À Moncton, 62 % des répondants dit avoir constaté une augmentation du nombre de sans-abris au cours des 12 derniers mois.

Les citoyens de Moncton ont raison, confirme Jean Dubé, directeur général de la Maison Nazareth.

Jean Dubé debant des casiers et des lits temporaires.

Jean Dubé a aménagé deux pièces de son refuge, qui servaient de salle de conférence et de rangement, pour y ajouter des lits en raison du besoin criant d'hébergement.

Photo : Radio-Canada / Camille Bourdeau

Il y a un problème chronique d'itinérance dans la grande région de Moncton et le problème s'accentue toutes les semaines.

Jean Dubé, directeur général de la Maison Nazareth
lits temporaires installés au sol.

Le besoin de lits est la priorité selon Jean Dubé. Mais à long terme, il faudra trouver de vraies solutions afin d'éviter que la situation ne s'aggrave.

Photo : Radio-Canada / Camille Bourdeau

Depuis la fermeture de refuges temporaires dans la région, il a dû mettre les bouchées doubles afin de créer de nouveaux espaces pour répondre aux besoins des sans-abri.

Moncton, une destination de choix

Afin de lutter contre l’itinérance, les municipalités mettent en place des services pour les sans-abri.

À Moncton, il est possible de manger six repas par jour, explique un itinérant qui croit que ces avantages attirent des sans-abri de l’extérieur.

C’est facile, tu ne peux pas mourir de faim à Moncton et il y a plus d’un refuge.

Serge-André LeBlanc, sans-abri
Une dame prépare un repas dans une cuisine

Bonnie McGann prépare le repas du soir au refuge Harvest House

Photo : Radio-Canada / Nicolas Pelletier

Serge-André LeBlanc, lui-même sans-abri, explique qu'un itinérant ne peut rester dans une ville où il n’y a qu’un refuge. Il doit carrément changer de municipalité.

Mais à Moncton, il peut simplement changer de refuge et rester dans la ville plus longtemps.

Serge André leBlanc

«On est pris dans un loop» explique cet itinérant qui sent que les services en place ne sont là que pour maintenir la situation plutôt que de la régler.

Photo : Radio-Canada / Serge Clavet

Ce n’est pas les lits qui vont [résoudre] le problème, c’est aider les personnes.

Serge-André LeBlanc, sans-abri

S’il aime les services offerts, il croit que le système ne fait que maintenir les sans-abri dans un cercle vicieux, sans réellement s’attaquer au problème.

À la recherche de solutions

David Tetton, un sans-abri de Moncton, est d’avis qu'il faut tenir compte des troubles de santé mentale pour régler la situation de façon durable.

David Totten avec une casquette sur la tête.

David Totten croit qu'il faudra prendre en main la santé mentale des itinérants afin de réellement faire une différence.

Photo : Radio-Canada / Serge Clavet

Plusieurs itinérants ne sont pas diagnostiqués. Si on leur donnait la bonne médicamentation, ils seraient peut-être fonctionnels.

David Tetton, itinérant

Les organismes qui oeuvrent auprès des sans-abri croient aussi que le système actuel ne fait que maintenir le statu quo.

La Maison Nazareth, un des quelques refuges pour sans-abri de Moncton.

La Maison Nazareth, un des quelques refuges pour sans-abri de Moncton.

Photo : Radio-Canada

On ne fait que gérer le problème. Je pense qu’on est rendu au point où il faut trouver des solutions à long terme.

Jean Dubé, directeur général de la Maison Nazareth

Jean Dubé explique que les trois paliers gouvernementaux collaborent avec les organismes communautaires, mais qu'il faudra aussi la collaboration d'experts, de gens d'affaires et de la communauté.

Maxime Dubé en entrevue

L'ajout de maisons d'hébergement est une option temporaire selon Maxime Dubé, mais pas une solution.

Photo : Radio-Canada / Serge Clavet

Maxime Dubé, du Front commun pour la justice sociale du Nouveau-Brunswick, reconnaît l’importance des maisons d’hébergement, mais il juge que l’accès à plus de logements abordables demeure une piste de solution importante pour sortir les gens de la rue.

Le sondage

Le sondage de la firme Narrative Research a été réalisé par téléphone auprès de 1100 résidents adultes dans les trois villes du 17 avril au 7 mai 2019. Sa marge d’erreur à Fredericton et à Moncton est de plus ou moins 4,9 % et à Saint-Jean elle est de plus ou moins 5,7 %, 19 fois sur 20.

Nouveau-Brunswick

Pauvreté