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Vapotage dans les écoles : un « fléau », selon le Collège Saint-Alexandre

Un homme utilise une cigarette électronique.
Un homme utilise une cigarette électronique. Photo: La Presse canadienne / Nam Y. Huh
Radio-Canada

Toilettes, vestiaires, lieux communs... Aucun endroit ne semble être épargné par les élèves du Collège St-Alexandre de Gatineau pour utiliser une cigarette électronique. Certains iraient même jusqu'à vapoter en salle de classe.

Les élèves nous ont aussi avoué qu’il semble y avoir un petit défi qui est donné de le faire en salles de classe, sans se faire prendre, a indiqué Mario Vachon, le directeur général de l’établissement scolaire, en entrevue à Radio-Canada.

Ce dernier a envoyé une lettre aux parents jeudi après-midi pour leur faire part de la problématique grandissante et inquiétante touchant particulièrement nos élèves du 2e cycle, peut-on y lire.

La missive souligne aussi que les vapoteuses ont souvent une allure qui ressemble à un crayon ou une clé USB et qu’elles sont difficiles à détecter pour le personnel enseignant, surtout parce qu’elles n’émettent pas ou peu de fumée et d’odeur.

C’est un phénomène qui s’est amplifié dans les derniers mois, en termes de nombre de consommateurs, d’élèves, qui vont vapoter. Devant cette recrudescence [...], on a décidé de prendre des mesures, parce que, là, on n’est pas en mesure de déterminer ce que les élèves consomment, a mentionné M. Vachon, en ajoutant qu’il est possible de consommer du cannabis de cette façon.

Le directeur général du Collège Saint-Alexandre souhaite sensibiliser les parents, qui sont rarement au courant de l’utilisation de la cigarette électronique par leurs enfants, qui ne peuvent légalement se procurer ces produits avant d'avoir atteint l'âge de la majorité.

Dans la saisie faite chez certains élèves, on a constaté que certains produits étaient très forts en nicotine. Ce n’est pas vrai que c’est juste aux fraises ou à la gomme balloune.

Mario Vachon, directeur général du Collège Saint-Alexandre

Le Collège avertit parents et élèves qu’une politique de tolérance zéro prévaut désormais et que ceux qui seront pris à vapoter à l’école s’exposent à des sanctions qui pourraient aller jusqu’à une expulsion.

« Une épidémie de vapotage »

M. Vachon affirme que le phénomène n’est pas unique à son école. Des élèves des écoles secondaires Carrefour et Nicolas-Gatineau rencontrés vendredi constatent aussi la tendance.

Certains jeunes vapotent dans les périodes d’études, le midi, dans les toilettes, ont affirmé deux jeunes filles de secondaire 1.

C’est cool, tout le monde fume, tout le même a des [vapoteuses], même les gars de 12 ans, a lancé un groupe d’adolescents mineurs interviewé, que Radio-Canada n’identifie pas en raison de son âge.

La Coalition québécoise pour le contrôle du tabac déplore le phénomène. On est en pleine crise, c'est une épidémie de vapotage chez les jeunes au Canada, a expliqué la codirectrice et porte-parole de l'organisme, Flory Doucas.

Flory Doucas, codirectrice de la Coalition québécoise pour le contrôle du tabacFlory Doucas, codirectrice de la Coalition québécoise pour le contrôle du tabac Photo : Radio-Canada

Elle blâme notamment la promotion des cigarettes électroniques faite par les grandes compagnies depuis l'adoption du projet de loi S-5 par le gouvernement du Canada, il y a presque un an. Selon elle, les jeunes sont davantage interpellés, avec comme résultat une hausse dans la consommation des élèves des écoles secondaires.

Les jeunes sont tellement accros qu’ils trouvent difficile d’attendre entre les cours ou d’aller à l’extérieur du terrain de l’école pour vapoter, donc ils se réunissent pour vapoter à même les établissements d’enseignement, a déploré Mme Doucas.

Avec les informations de Laurie Trudel et Josée Guérin

Ottawa-Gatineau

Éducation