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analyse

Enquête origine-destination : la CAQ maintient le cap sur un 3e lien à l’est

Des voitures circulent au ralenti sur l’autoroute Henri-IV, en direction sud, à l’approche du pont Pierre-Laporte, qu’on aperçoit au loin. Le pont de Québec est également visible. La photo a été prise de jour, en été.

La plus récente étude sur les habitudes de déplacements effectuée par le ministère des Transports démontre que la majorité des automobilistes circulent dans l'ouest du territoire.

Photo : Radio-Canada / Bruno Savard

Louise Boisvert

ANALYSE | Le dévoilement des conclusions de l'Enquête origine-destination n'aura été qu'une étape dans la réalisation du troisième lien. Que l'étude justifie ou non la construction du lien, la CAQ ne laissera rien entraver sa promesse électorale.

Autant les résultats de l'Enquête origine-destination n'étaient pas une surprise - ils venaient confirmer une tendance des dernières années -, autant la réaction de la Coalition avenir Québec ne l'était pas non plus.

Il était clair dès le départ que le nouveau portrait des déplacements n'allait pas freiner ses ambitions.

Le ministre des Transports, François Bonnardel, a invité les journalistes jeudi « à voir plus loin que ça », en parlant des conclusions de l'Enquête.

À défaut d'avoir fait la démonstration sans équivoque que l'achalandage justifie un investissement de plusieurs milliards de dollars, on a maintenant une bonne idée des arguments qui seront mis de l'avant par le gouvernement pour vendre le troisième lien.

Pour une question de sécurité d'abord, en cas de fermeture des ponts à l'ouest, comme cela s'est produit à quelques reprises l'hiver dernier.

Parce que le projet desservira l'ensemble de l'est du Québec et pourrait créer des bénéfices économiques.

À ce chapitre, rien ne laisse présager que le troisième lien permettra de faire des affaires d'or. Comme l'expliquait le professeur de l'Université Laval Jean Dubé devant l'Association des économistes du Québec en décembre dernier, la Ville de Québec n'attend pas après ce troisième lien pour susciter de nouveaux investissements. Le contexte économique actuel fait le travail.

Sur la Rive-Sud, Lévis devrait bien s'en tirer, mais au détriment d'autres villes voisines. Dans ce cas, il s'agirait d'un déplacement de l'activité économique.

D'est en est

Ce dont l'étude ne parle pas, ce sont les temps de déplacements. Le détour que les automobilistes s'apprêtent à devoir faire pour emprunter le troisième lien va-t-il leur permettre de gagner du temps? C'est là que tout va se jouer.

De prime abord, on pourrait penser qu'à partir de Lévis, il sera plus rapide d'accéder au troisième lien. Une fois sur la Rive-Nord, on ne sait pas combien de temps ces automobilistes vont perdre en raison des bouchons sur l'autoroute 40 et l'autoroute Dufferin aux heures de pointe.

La démonstration reste à faire.

Quand le ministre Bonnardel affirme, sans preuve, qu'entre 10 % à 15 % des automobilistes de la Rive-Sud qui habitent à l'ouest des ponts vont prendre le troisième lien, c'est pousser un peu la note.

Rien ne bouge

Après le dépôt de l'Étude, ceux qui sont en faveur du projet le sont toujours. Et ceux qui s'y opposent continuent de s'y opposer.

Même si le ministre des Transports inclut, avec enthousiasme, le réseau structurant dans sa stratégie pour assurer la fluidité des déplacements entre les deux rives, la Ville de Québec a évité de commenter la question.

Elle se tient tranquille en ce moment dans tous les dossiers de transport, que ce soit le troisième lien ou le financement du réseau structurant.

Parfois, le silence est d'or.

Louise Boisvert analyse la politique municipale à Québec

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